A propos Mouvement Pour un Développement Humain

Jean-Christophe Giuliani est un créatif culturel et un entrepreneur politique qui pratique la simplicité volontaire. Il est également un essayiste, un blogueur et un chroniqueur.

Croissance du PIB = Effondrement

Jean-Christophe Giuliani

Depuis le milieu des années 70, la croissance du PIB est présentée par les décideurs économiques et politiques comme la seule solution envisageable pour inverser la courbe du chômage. En proposant toujours de relancer la croissance pour créer des emplois, ces décideurs menacent notre qualité de vie, notre processus démocratique et la survie des générations présentes et à venir. En 1972, les sages du Club de Rome ont publié un ouvrage intitulé « les limites de la croissance ». En prenant en compte les variables de l’évolution technologique, de la population, de l’alimentation, des ressources naturelles et de l’environnement, ils sont arrivés à la conclusion qu’une croissance illimitée du PIB n’était pas compatible avec les ressources limitées de la planète. D’après cette étude, si les tendances actuelles se poursuivaient, le système mondial s’emballerait et s’effondrerait au début du 21e siècle.

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Préserver son pouvoir d’achat en travaillant 3 jours

Jean-Christophe Giuliani

Pour que la semaine de 3 jours soit viable et désirable, le pouvoir d’achat des ménages doit sécuriser l’accès aux subsistances et à un minimum de confort matériel. Puisque le pouvoir d’achat est lié au taux horaire du travail, au temps de travail et à la part du Smic allouée aux subsistances, il existe de nombreux moyens de l’augmenter. En postulant qu’il faut réduire le temps de travail à salaire égal, les syndicats et les partis de gauche en empêchent la réduction. Tandis qu’un taux horaire du travail trop bas serait insuffisant, un trop élevé risquerait de provoquer une hausse des coûts de production unitaire et donc, des prix. Afin d’éviter une hausse des prix, qui provoquerait une diminution du pouvoir d’achat, il est donc nécessaire d’envisager sa hausse autrement.

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Est-il pathologique de vouloir réussir sur le plan financier ?

Jean-Christophe Giuliani

L’article a été publié dans le journal Kairos : n°39 d’Avril / Mai 2019 sous le titre « Vouloir réussir sur le plan financier et matériel serait-il pathologique ? »

Le développement économique nous a permis d’accéder à un niveau de confort matériel sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Malgré ce bien-être matériel, nous continuons à produire et à consommer toujours plus de biens et de services marchands. En réchauffant le climat et en épuisant l’écosystème, ce mode de vie menace notre qualité de vie, notre processus démocratique et la survie de l’humanité. L’imminence d’une catastrophe annoncée, qui est révélée par la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes, des sécheresses, des pics de pollution, etc…, impose un changement de mode de vie et une transformation sociale en moins de 10 ans.

Afin d’accompagner ces changements, il m’apparaît nécessaire de répondre à une question qui ne semble pas préoccuper les économistes : pourquoi sommes-nous motivés à accumuler toujours plus d’argent et de biens matériels ? Indépendamment du fait qu’il est nécessaire de gagner de l’argent pour assurer sa subsistance et un minimum de confort matériel, à quoi peu bien servir l’agitation à en avoir toujours plus qui épuise les organismes et la planète.

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Travailler 5 jours est-il compatible avec la démocratie ?

Jean-Christophe Giuliani

La première partie de l’article a été publié dans le journal Kairos : n°38 de Février / Mars, sous le titre : Travailler 5 jours par semaine est-il compatible avec la démocratie ?

La participation des citoyens à la vie politique est l’une des conditions de la transformation sociale. Du Grec dèmos, « ensemble des citoyens » et kratos, « pouvoir », la démocratie désigne le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu et exercé par l’ensemble des citoyens. Comme ils détiennent la légitimité du pouvoir politique, les citoyens participent aux délibérations et aux prises des décisions qui concernent le vote des lois, du budget, des impôts et de l’organisation du « vivre ensemble ». Tandis que dans une démocratie directe, les citoyens exercent directement leur souveraineté, dans une démocratie représentative, ils l’exercent par l’intermédiaire de représentants élus (président, députés, maires, etc…). Dans un régime démocratique, la constitution et les lois permettent de garantir l’égalité des droits, la liberté d’expression, d’association et de culte et de disposer d’une presse libre. Avant de proposer des solutions pour favoriser la démocratie, il m’est apparu nécessaire de questionner la compatibilité de la démocratie avec la semaine de 5 jours.

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Pourquoi notre pouvoir d’achat a-t-il baissé ?

Jean-Christophe Giuliani

L’une des principales causes de la mobilisation des Gilets Jaunes est la perte de pouvoir d’achat des ménages. Avant de proposer des solutions pour l’augmenter, il apparaît nécessaire de comprendre les causes de sa baisse.

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Pourquoi les prix du logement ont-ils augmentés ?

 Malgré son caractère pédagogique, cette animation n’explique pas toutes les causes de la hausse des prix du logement.

Jean-Christophe Giuliani

Qu’il soit cadre, employé ou ouvrier, un salarié a besoin de satisfaire ses besoins de subsistances. En exerçant une activité professionnelle, il perçoit un salaire qui lui permet de payer son alimentation, son loyer, ses factures d’eau, de gaz et d’électricité, les traites de sa maison, etc… Afin de préserver la légitimité de son autorité, l’élite économique a retenu et mis en pratique les conseils avisés du révérend protestant J.Townsend, qui datent de la fin du 18e siècle. « L’obligation légale du travail donne trop de peine, exige trop de violence et fait trop de bruit ; la faim au contraire est non seulement une pression paisible, silencieuse et incessante, mais comme le mobile le plus naturel du travail et de l’industrie elle provoque aussi les efforts les plus puissants. Perpétuer la faim du travailleur, c’est donc le seul article important de son code de travail. »[1]

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Disposer de 4 jours de temps libre : un choix de société !

Jean-Christophe Giuliani

L’avenir du travail par Albert Jacquard

La réduction de la durée légale de la semaine de travail à 3 jours ne correspond pas à un choix économique, mais à un choix de société. En devenant le temps social dominant, le temps libre individuel provoquera un changement de valeurs, de modes de production et de catégories sociales dominantes. En disposant de 4 jours de temps libre, les salariés, les cadres, les chefs d’entreprises, les entrepreneurs, les professions libérales, les agriculteurs, les artisans et les commerçants auront les moyens de se socialiser, de nourrir l’estime de soi et de s’accomplir autrement que par l’activité professionnelle et la consommation. En intervenant dans la vie quotidienne, l’inversion du rapport à la temporalité favorisera un changement de mode de vie individuel et une transformation radicale de la société. En provoquant l’effondrement du mode « avoir » au profit du mode « être », ce changement modifiera le rapport à soi et aux autres. La somme de ces transformations sociales favorisera la mise en œuvre d’un modèle de société qui permettra de mettre l’économie au service du développement et de l’émancipation de chaque individu.

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Le temps libre : un choix de société !

Jean-Christophe Giuliani

Bande annonce : Time out de Andrew Niccol, sorti en 2011.

La régulation des tensions et des conflits inhérents à la vie sociale et aux activités humaines sont à l’origine de lois, de règles, de valeurs et de croyances qui ont contribué à la construction de systèmes de significations de l’existence idéologiques qui peuvent être religieux, économiques ou politiques. Ces systèmes régulent, organisent, médiatisent et donnent un sens à la vie, à la pratique d’activités particulières et aux relations que les individus tissent les uns avec les autres. Qu’elles soient guerrières, politiques, religieuses, économiques, etc…, les pratiques sociales valorisées et reconnues par ces systèmes contribuent à structurer et à légitimer l’identité, le rôle et le statut social d’un individu. L’espace immatériel qui unit les systèmes idéologiques et les pratiques sociales aux individus est le temps. Le temps étant omniprésent, que ce soit sur le plan individuel ou collectif, en modifiant le rapport au temps, il est possible de provoquer des changements de mode de vie individuel et une transformation sociale.

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Comment favoriser la démocratie participative ?

Jean-Christophe Giuliani

La participation des citoyens à la vie politique est l’une des conditions de la transformation sociale. Du Grec dèmos, « ensemble des citoyens » et kratos, « pouvoir », la démocratie désigne le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu et exercé par l’ensemble des citoyens. Comme ils détiennent la légitimité du pouvoir politique, les citoyens participent aux délibérations et aux prises des décisions qui concernent le vote des lois, du budget, des impôts et de l’organisation du « vivre ensemble ». Tandis que dans une démocratie directe, les citoyens exercent directement leur souveraineté, dans une démocratie représentative, ils l’exercent par l’intermédiaire de représentants élus (président, députés, maires, etc…). Dans un régime démocratique, la constitution et les lois permettent de garantir l’égalité des droits, la liberté d’expression, d’association et de culte et de disposer d’une presse libre. Avant de proposer des solutions pour favoriser la démocratie, il m’est apparu nécessaire de questionner la compatibilité de la démocratie avec la semaine de 5 jours.

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Brown-out : quand le travail ne donne plus de sens à la vie

Jean-Christophe Giuliani

– Source : Réinventer son travail, Brownout-travail-vide-de-sens[1].

Après le « burn-out », qui correspond à un épuisement professionnel lié à une surcharge de travail, le « bore-out », qui correspond à un épuisement lié à l’ennui sur le lieu de travail, le « brown-out » apparaît comme le nouveau mal du siècle qui ronge les cadres[2]. Le brown-out, qui concerne principalement les cadres, est une sorte de baisse de tension liée à l’absurdité, à l’inutilité et l’absence de sens du monde du travail. Selon les chiffres de l’Ipsos, quels que soient les niveaux hiérarchiques, 54 % des salariés français seraient démotivés ou désengagés dans leur travail. Une étude de 2013, menée auprès de 1 000 cadres dirigeants américains (PDG, cadres de l’industrie et avocats d’affaires), montre que 40 % souffrent de brown-out[3]. Les symptômes du brown-out sont l’absence de motivation, la lassitude, le désengagement et une forme de fatigue spirituelle qui peuvent conduire à un dégoût de soi, à un repli sur soi, à des troubles physiologiques et psychologiques, à une dépression, voire même au suicide.

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Le phénomène des emplois bidons ou des bullshit Jobs

Article de David Graeber initialement publié en anglais sur Strike Magazine.

Dans une société où les poètes se métamorphosent en avocats d’affaires pour assurer les besoins matériels de leur famille et où l’inutilité de la plupart des emplois est criante au point d’être admise par ceux qui les occupent. L’anthropologue David Graeber revient sur les contradictions de la vision actuelle du travail.

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Liberté du commerce des grains et ultralibéralisme

Jean-Christophe Giuliani

Le contrôle et la régulation des prix des subsistances sont plus anciens que la liberté du commerce. Ayant une origine biblique, la régulation des prix des grains est inscrite dans la loi depuis l’apparition de notre civilisation. Dans son ouvrage « La vie chère et le mouvement social sous la terreur », l’historien Albert Mathiez faisait remarquer que « Nos ancêtres ont vécu pendant des siècles dans la crainte obsédante de la disette. Assurer la subsistance du peuple était alors le premier devoir des gouvernants. »[1] Le premier devoir d’un Roi ou d’un gouvernant était donc de garantir la subsistance du peuple. Le Roi était lié au peuple par un contrat implicite : le peuple obéit tant que le Roi assure les subsistances. S’il ne remplit plus son devoir, le peuple n’est plus tenu de lui obéir. Étant indispensables aux subsistances, les grains n’étaient pas une marchandise comme les autres.

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De mai 68 à mai 2018, une révolution silencieuse du rapport au temps

Jean-Christophe Giuliani

En mai 2018, la France va commémorer les événements de mai 68. En abordant les processus économiques et sociaux qui ont conduit à mai 68 et à la crise que la France subit depuis 1973 à partir de la « dynamique des temps sociaux », il est possible de comprendre le présent et de tenter d’appréhender l’avenir. À partir de cette dynamique, je vais tenter de donner une explication inédite à cette « crise » et d’entrevoir les facteurs d’une transformation sociale qui est déjà en cours. En effet, la journée de 8 heures conquise en 1919, le second jour de repos hebdomadaire et les 2 semaines de congés payés conquis en 1936, ainsi que le partage plus équitable de la valeur ajourée conquis après la Seconde Guerre mondiale, ont permis l’accès à la quatrième phase de la dynamique des temps sociaux. En permettant la constitution de bloc de temps sociaux homogènes, ces conquêtes économiques et sociales ont favorisé l’émergence de nouvelles valeurs, de nouveaux modes de production et de nouvelles catégories sociales dominantes. Ces blocs de temps sociaux ont favorisé une révolution silencieuse du rapport au temps qui a conduit aux révoltes de mai 68. Pour faire face à cette « crise » du rapport au temps, les élites économiques et politiques avaient le choix entre deux solutions : réduire le temps de travail ou provoquer une « crise ».

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Historique de la réduction du temps de travail

Jean-Christophe Giuliani

Source : Podcast 2000 ans d’histoire de France Inter du 21 mars 2014.

La réduction du temps de travail, qui c’est arrêté en 1936, a longtemps été le moteur de l’histoire et de la transformation sociale. Afin de comprendre le présent et de tenter d’appréhender l’avenir, je vais aborder les transformations sociales provoquées par la réduction du temps de travail. En m’appuyant sur la dynamique des temps sociaux, je commencerai par montrer comment les lois sur la réduction du temps de travail ont favorisé les conditions d’une révolution silencieuse du rapport au temps. En permettant l’émergence de nouveaux temps sociaux, de nouvelles valeurs, de nouveaux modes de production et de nouvelles catégories sociales, la conquête du temps libre a provoqué une transformation profonde de la société. En m’inspirant de la quatrième phase de cette dynamique, je tenterai ensuite de montrer comment la réduction du temps de travail aurait pu provoquer un changement de société, de donner une explication inédite à la crise que la France subit depuis 1973 et d’entrevoir les facteurs d’une transformation sociale en cours.

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L’homo œconomicus banaliserait-il le mal ?

Jean-Christophe Giuliani

Article publié dans le 31e numéro du journal Kairos de novembre et décembre 2017.  Kairos : http://www.kairospresse.be/abonnement

Le développement économique a permis aux populations des pays industrialisés d’accéder à un niveau de confort matériel sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Malgré ce bien-être matériel, « l’homo œconomicus »[1] continue à produire et à consommer toujours plus de biens et de services marchands. Les ressources de la planète étant limitées, la surproduction et la surconsommation provoquent le réchauffement du climat, l’épuisement des matières premières, la pollution de l’air, de l’eau et des sols et la disparition de la biodiversité. Ce mode de vie menace donc notre qualité de vie, notre processus démocratique et la survie des générations présentes et à venir.

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Partage des bénéfices et hausse du chômage.

Jean-Christophe Giuliani

Les gains de productivité sont souvent présenté comme l’une des principales causes de la hausse du chômage. La question qu’il apparait pertinent de se poser est celle-ci : est-ce que se sont les gains de productivité ou le mode de redistribution des bénéfices générés par ces gains qui seraient responsable de la hausse du chômage ?

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Courir après le temps…

Jean-Christophe Giuliani

Bande annonce : Time out de Andrew Niccol, sorti en 2011.

Le temps est au cœur de nos préoccupations quotidiennes. Nous passons notre temps à dire que nous manquons de temps, qu’il nous faut plus de temps, etc. Selon une étude menée par Viavoice, 71% des salariés disent manquer de temps, notamment pour profiter de leurs proches ou avoir plus de loisirs. L’individu et le temps étant étroitement liés dans l’action qui se vit au présent, dans l’optique d’une réflexion sur les conditions d’un changement de mode de vie individuel, il apparaît nécessaire de le prendre en considération. Pour cela, je commencerai par quantifier le temps libre dont dispose un individu sur sa durée de vie active, une semaine et une journée. Ensuite, je tenterai de trouver les moyens qu’il a sa disposition pour retrouver du temps libre. Pour finir, en m’appuyant sur des exemples d’emplois du temps professionnel, je tâcherai de démontrer que l’aménagement du temps a un impact direct sur le mode de vie et la qualité de vie d’un individu.

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Les besoins de Maslow

Jean-Christophe Giuliani

Le comportement d’un individu est motivé par la satisfaction de besoins plus ou moins conscients qui sont la condition de sa survie, de son développement et de son émancipation. Abraham Maslow distingue cinq niveaux de besoin[i] que j’ai regroupé en trois catégories : les besoins essentiels (physiologiques et sécurité), les besoins psychosociaux (appartenance et estime de soi) et le besoin de réalisation de soi. Tandis que l’insatisfaction des besoins provoque des souffrances physiques et psychiques, des manques et des frustrations qui peuvent provoquer des maladies et la mort, la satisfaction régulière et continue supprime les symptômes. Selon Maslow, un besoin inférieur doit être satisfait pour stimuler l’émergence d’un plus élevé. Les besoins essentiels doivent donc être suffisamment satisfaits et sécurisés pour permettre à ceux des niveaux supérieurs de motiver un nouveau comportement.

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Y aurait-il un lien entre l’argent et la psychopathologie ?

Gérard V. Sunnen


Guy Corneau, La loi de l’attraction

De tous les domaines explorés dans la relation psychothérapique, il en est un resté relativement ignoré, sinon boudé: celui relatif aux transactions économiques, aussi bien dans le contexte thérapeutique que dans l’expression psychopathologique du patient.

Ce phénomène n’est pas gratuit. La tendance en psychothérapie à situer tout aspect monétaire dans une optique purement administrative, et non pas à l’examiner franchement à la lumière de sa signification, représente un processus actif et non un simple désintérêt. Souvent ressenti comme incompatible avec la dimension empathique inhérente à la psychothérapie, la richesse symbolique et métaphorique de l’argent est facilement contournée.

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Croissance du PIB et réchauffement du climat

Jean-Christophe Giuliani

La vie sur terre sera viable tant que la température globale de la planète n’augmentera pas de plus de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle de la fin du 19e siècle. Le graphique ci-dessous présente la courbe de la variation de la température de l’hémisphère Nord depuis l’an mille[1].

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La croissance du PIB est-elle compatible avec les stocks de pétrole et de gaz naturel ?

Jean-Christophe Giuliani

Pour qu’un taux de croissance de 5,5 % par an pendant 5 ans soit envisageable, il ne doit pas menacer le développement économique à moyen et long terme. La croissance du PIB étant dépendante d’un usage croissant de matières premières, avant de proposer cette solution pour créer 7 millions d’emplois, je propose d’évaluer les stocks d’énergies fossiles et de minerais

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Causes et conséquences des gains de productivité ?

Jean-Christophe Giuliani

Les gains de productivité et le partage de ces gains sont des enjeux économiques, politiques et sociaux majeurs. En 1930, John Maynard Keynes  affirmait que le progrès technique était responsable de la hausse du chômage. « Nous sommes atteints d’un nouveau mal, dont certains lecteurs ne connaissent peut-être pas encore le nom – le chômage technologique. Il désigne le chômage causé par la découverte de procédés nouveaux qui économisent la main-d’œuvre alors que la découverte de nouveaux débouchés pour celle-ci s’avère un peu plus lente. »[48] Afin d’appréhender ce lien, je propose d’étudier les causes, les modes de calcul et les conséquences des gains de productivité.

Usine de production de la BMW X2 : Il n’y à pratiquement plus de salariés

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Quelles sont les causes et conséquences du chômage ?

Jean-Christophe Giuliani

Depuis le milieu des années 70, la France et l’ensemble des pays industrialisés sont confrontés à une crise, dont l’une des principales conséquences est la hausse du chômage. Étant donné que les économistes, les industriels et les politiques ultralibéraux affirment que les principales causes du chômage sont la faiblesse de la croissance du PIB et le manque de compétitivité des entreprises françaises, pour créer des emplois, il suffirait donc de la relancer et de supprimer tous les freins à la compétitivité. Afin d’infirmer ou de confirmer ces affirmations, il m’apparaît nécessaire de commencer par identifier et par analyser les causes et conséquences du chômage.

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Allégorie de la caverne de Platon

Extrait Essai : Platon, La république, Livre VII, Paris, Garnier premier, page 273

  – Documentaire : L’allégorie de la caverne de Platon

   –  Lien Vidéo You tube : https://www.youtube.com/watch?v=jpJcwDf8j0s

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Les gains de productivité seraient-ils responsable du chômage ?

Jean-Christophe Giuliani

Pour les hommes politiques et les économistes ultra-libéraux, les 5,9 millions d’actifs sans emploi sont dus au choc pétrolier de 1973, aux charges salariales qui pèsent sur la compétitivité des entreprises et à la faiblesse du taux de croissance du PIB. Ces explications un peu simplistes évoquent rarement le rôle des gains de productivité. Comme l’expliquait John Maynard Keynes en 1933, « Nous sommes atteints d’un nouveau mal, dont certains lecteurs ne connaissent peut-être pas encore le nom – le chômage technologique. Il désigne le chômage causé par la découverte de procédés nouveaux qui économisent la main-d’œuvre alors que la découverte de nouveaux débouchés pour celle-ci s’avère un peu plus lente. »[48] Afin de mieux appréhender les liens qui unissent la réduction de la durée moyenne du temps de travail, la croissance du PIB et le chômage, j’aborderai les causes, les modes de calcul et les conséquences de la productivité horaire, ainsi que les enjeux de la redistribution des bénéfices générés par ces gains.

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Gains de productivité

Jean-Christophe Giuliani

Les gains de productivité sont générés par le progrès technique et l’organisation du travail. Ces innovations provoquent une transformation des moyens et des méthodes de production, des produits, des marchés et des structures de l’économie.

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L’origine des créatifs culturels

Jean-Christophe Giuliani

Après la seconde guerre mondiale, le partage équitable de la valeur ajoutée et des gains de productivité provoqués par le Front populaire et la mise en œuvre du programme du CNR ont provoqué une mutation sociale profonde. En se combinant entre eux, la journée de 8 heures, les 2 jours de repos hebdomadaire, les congés payés, le développement économique, le progrès technique, l’amélioration du niveau de confort matériel, la protection sociale et l’élévation du niveau d’éducation ont favorisé l’émergence d’un nouveau groupe culturel : les créatifs culturels.

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Historique de la régulation et de la dérégulation des prix

Jean-Christophe Giuliani

Le contrôle et la régulation des prix des subsistances sont plus anciens que la liberté du commerce. Ayant une origine biblique, la régulation des prix des grains est inscrite dans la loi depuis l’apparition de notre civilisation. Dans son ouvrage « La vie chère et le mouvement social sous la terreur », l’historien Albert Mathiez faisait remarquer que « Nos ancêtres ont vécu pendant des siècles dans la crainte obsédante de la disette. Assurer la subsistance du peuple était alors le premier devoir des gouvernants. »[1] Le premier devoir d’un Roi ou d’un gouvernant était donc de garantir la subsistance du peuple. Le Roi était lié au peuple par un contrat implicite : le peuple obéit tant que le Roi assure les subsistances. S’il ne remplit plus son devoir, le peuple n’est plus tenu de lui obéir. Étant indispensables aux subsistances, les grains n’étaient pas une marchandise comme les autres.

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La réduction du temps de travail : un choix de société !

Jean-christophe Giuliani

Depuis la loi Aubry sur les 35 heures, la réduction du temps de travail ne fait plus l’objet de débats. Que ce soit au PS ou à l’UMP, s’ils parlent de la durée du travail, c’est pour abroger les 35 heures ou l’augmenter. En ce qui concerne le MEDEF, il considère la réduction du temps de travail comme un frein à la compétitivité des entreprises françaises et donc, la cause du chômage. Le fait que les élites économiques et politiques évitent d’ouvrir ce débat est probablement dû au fait que la réduction de la durée légale du temps de travail n’est pas un choix économique, mais un choix de société. Afin de l’ouvrir à nouveau, je commencerai par expliquer pourquoi la réduction du temps de travail est un choix de société.

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Réduction du temps de travail

Jean-Christophe Giuliani

La réduction du temps de travail, qui c’est arrêté en 1936, a longtemps été le moteur de l’histoire et de la transformation sociale. Afin de comprendre le présent et de tenter d’appréhender l’avenir, je vais aborder les transformations sociales provoquées par la réduction du temps de travail. En m’appuyant sur la dynamique des temps sociaux, je commencerai par montrer comment les lois sur la réduction du temps de travail ont favorisé les conditions d’une révolution silencieuse du rapport au temps. En permettant l’émergence de nouveaux temps sociaux, de nouvelles valeurs, de nouveaux modes de production et de nouvelles catégories sociales, la conquête du temps libre a provoqué une transformation profonde de la société. En m’inspirant de la quatrième phase de cette dynamique, je tenterai ensuite de montrer comment la réduction du temps de travail aurait pu provoquer un changement de société, de donner une explication inédite à la crise que la France subit depuis 1973 et d’entrevoir les facteurs d’une transformation sociale en cours.

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Anatomie des processus révolutionnaires

Crane Brinton à réaliser une anatomie de la révolution, à partir de l’analyse de la révolution anglaise, française, américaine et soviétique, qui met en évidence « quelques généralisations provisoires » des processus révolutionnaires[1].

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La croissance contribuerait-elle à la hausse des déchets ?

Jean-Christophe Giuliani

Chaque jour, les entreprises et les ménages rejettent des milliers de tonnes de déchets industriels et domestiques. En 2012, tandis qu’un français rejetait en moyenne 521 kg/hab de déchets municipaux, un américain en rejetait 725 kg/hab, soit 39 % de plus[39]. Avant de proposer des solutions pour réduire les déchets domestiques, il est nécessaire d’identifier les causes de leur augmentation. Le graphique ci-dessous présente la croissance des déchets domestiques parisiens par types et kg/hab de 1940 à 2004.

–  Source : Preisser Pierre et Haddag Lyes, Expliquer la production de déchets ménagers parisiens sur la période de 1949-2004[40].

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La servitude douce et paisible du peuple

Alexis de Tocqueville

Extrait de : De la Démocratie en Amérique, vol II (Quatrième Partie : Chapitre VI) (1840) de Alexis de Tocqueville

Lorsque je songe aux petites passions des hommes de nos jours, à la mollesse de leurs mœurs, à l’étendue de leurs lumières, à la pureté de leur religion, à la douceur de leur morale, à leurs habitudes laborieuses et rangées, à la retenue qu’ils conservent presque tous dans le vice comme dans la vertu, je ne crains pas qu’ils rencontrent dans leurs chefs des tyrans, mais plutôt des tuteurs. Je pense donc que l’espèce d’oppression dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera à rien de ce qui l’a précédée dans le monde; nos contemporains ne sauraient en trouver l’image dans leurs souvenirs. Je cherche en vain moi-même une expression qui reproduise exactement l’idée que je m’en forme et la renferme; les anciens mots de despotisme et de tyrannie ne conviennent point. La chose est nouvelle, il faut donc tacher de la définir, puisque je ne peux la nommer.

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Pourquoi travailler toujours plus rendrait-il plus bête ?

Jean-Christophe Giuliani

Une étude britannique parue dans le monde.fr de 2009 a fait apparaître que le travail rend bête . Afin de donner une explication à ce phénomène, nous l’aborderons à partir de l’étude de Michaël Ballé sur « le moindre effort mental » .

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Mode positionnel ou mode personnel : un choix de société

Jean-Christophe Giuliani

Le maintien des peuples dans un état de « servitude volontaire » ne s’obtient pas exclusivement par l’emploi de la force. En effet, comme l’affirmait Talleyrand « On peut tout faire avec des baïonnettes sauf s’asseoir dessus »[1]. Celui qui emploie la force pour asseoir son autorité ne peut se maintenir qu’en faisant régner un climat de peur et d’insécurité. Dès que la bride se relâche, les frustrations, les amertumes et la haine accumulées conduisent les dominés à se révolter et à remettre en question l’ordre établi. De ce fait, afin de légitimer leur autorité hiérarchique, les dominants utilisent une stratégie beaucoup plus subtile qui consiste à instrumentaliser le mode d’incitation des familles.

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J’ai besoin d’amour ou j’aime…

Jean-Christophe Giuliani

Étant la source de gratification la plus agréable et la plus profonde, l’amour, qu’il est aussi possible de traduire sous la forme de l’amitié ou d’une relation authentique à l’autre, est indispensable à l’émancipation des facultés de l’individu. Selon Erich Fromm, l’amour peut se vivre, souvent de manière inconsciente, sous la forme d’un manque « l’amour manque », de « l’amour avoir » ou de « l’amour Être ». Comme ils s’éprouvent à travers des pratiques quotidiennes, ces modes relationnels ne sont pas de simples concepts abstraits.

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Le travail aliéné

Karl Marx (1844)
Okonomisch philosophische manuskripte 1844, MEGA ½, p 364-366
Manuscrits économico-philosophiques de 1844, Vrin, p 117-119.
Nous partons d’un fait actuel de l’économie nationale

Le travailleur devient d’autant plus pauvre qu’il produit plus de richesse, que sa production croît en puissance et en volume. Le travailleur devient une marchandise d’autant plus vile qu’il crée davantage de marchandises. La dévalorisation du monde des hommes augmente en raison directe de la valorisation du monde des choses. Le travail ne produit pas seulement des marchandises ; il se produit lui-même, et le travailleur avec lui, en tant que marchandise, et cela dans la mesure même où il produit de façon générale des marchandises.

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Pourquoi le revenu universel menacerait-il la satisfaction des besoins essentiels ?

Jean-Christophe Giuliani

Au premier abord, le revenu universel apparaît comme une solution pertinente aux problèmes du chômage, de la pauvreté et des inégalités. Au lieu de me focaliser sur le montant de ce revenu et les moyens de le financer, je me suis intéressé aux conditions de production des biens et services destinés à satisfaire les besoins essentiels. Cette analyse fait apparaître, qu’au lieu de garantir et de sécuriser la satisfaction des besoins essentiels, ce revenu risque de rendre la satisfaction de ces besoins plus aléatoire.

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Eloge de l’oisiveté

Bertrand Russell

Avant de lire la suite, je vous invite à regarder la pièce de Dominique Rongvaux intitulée « Éloge de l’oisiveté »

 Bertrand Russell : traduit par M. Parmentier

Ainsi que la plupart des gens de ma génération, j’ai été élevé selon le principe que l’oisiveté est mère de tous vices. Comme j’étais un enfant pétris de vertu, je croyais tout ce qu’on me disait, et je me suis ainsi doté d’une conscience qui m’a contraint à peiner au travail toute ma vie. Cependant, si mes actions ont toujours été soumises à ma conscience, mes idées, en revanche, ont subi une révolution. En effet, j’en suis venu à penser que l’on travaille beaucoup trop de par le monde, que de voir dans le travail une vertu cause un tort immense, et qu’il importe à présent de faire valoir dans les pays industrialisés un point de vue qui diffère radicalement des préceptes traditionnels. Tout le monde connaît l’histoire du voyageur qui, à Naples, vit 12 mendiants étendus au soleil (c’était avant Mussolini), et proposa une lire à celui qui se montrerait le plus paresseux. 11 d’entre eux bondirent pour venir la lui réclamer : il la donna donc au 12e. Ce voyageur était sur la bonne piste.

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Perspective économique pour nos petits enfants

John Maynard Keynes : Extrait de l’essai, « Traité de persuasion », de 1931

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Nous souffrons actuellement d’une mauvaise épidémie de pessimisme économique. Il est courant d’entendre dire que la période de grands progrès économiques qui caractérisa le XIXe siècle est close; que l’amélioration rapide de la vie va maintenant marquer un ralentissement – du moins en ce qui concerne la Grande-Bretagne; et que la prospérité va plutôt diminuer qu’aug­menter dans la décade qui commence.

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