Croissance du PIB = Effondrement

Jean-Christophe Giuliani

Depuis le milieu des années 70, la croissance du PIB est présentée par les décideurs économiques et politiques comme la seule solution envisageable pour inverser la courbe du chômage. En proposant toujours de relancer la croissance pour créer des emplois, ces décideurs menacent notre qualité de vie, notre processus démocratique et la survie des générations présentes et à venir. En 1972, les sages du Club de Rome ont publié un ouvrage intitulé « les limites de la croissance ». En prenant en compte les variables de l’évolution technologique, de la population, de l’alimentation, des ressources naturelles et de l’environnement, ils sont arrivés à la conclusion qu’une croissance illimitée du PIB n’était pas compatible avec les ressources limitées de la planète. D’après cette étude, si les tendances actuelles se poursuivaient, le système mondial s’emballerait et s’effondrerait au début du 21e siècle.

Continuer la lecture

Préserver son pouvoir d’achat en travaillant 3 jours

Jean-Christophe Giuliani

Pour que la semaine de 3 jours soit viable et désirable, le pouvoir d’achat des ménages doit sécuriser l’accès aux subsistances et à un minimum de confort matériel. Puisque le pouvoir d’achat est lié au taux horaire du travail, au temps de travail et à la part du Smic allouée aux subsistances, il existe de nombreux moyens de l’augmenter. En postulant qu’il faut réduire le temps de travail à salaire égal, les syndicats et les partis de gauche en empêchent la réduction. Tandis qu’un taux horaire du travail trop bas serait insuffisant, un trop élevé risquerait de provoquer une hausse des coûts de production unitaire et donc, des prix. Afin d’éviter une hausse des prix, qui provoquerait une diminution du pouvoir d’achat, il est donc nécessaire d’envisager sa hausse autrement.

Continuer la lecture

Est-il pathologique de vouloir réussir sur le plan financier ?

Jean-Christophe Giuliani

L’article a été publié dans le journal Kairos : n°39 d’Avril / Mai 2019 sous le titre “Vouloir réussir sur le plan financier et matériel serait-il pathologique ?”

Le développement économique nous a permis d’accéder à un niveau de confort matériel sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Malgré ce bien-être matériel, nous continuons à produire et à consommer toujours plus de biens et de services marchands. En réchauffant le climat et en épuisant l’écosystème, ce mode de vie menace notre qualité de vie, notre processus démocratique et la survie de l’humanité. L’imminence d’une catastrophe annoncée, qui est révélée par la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes, des sécheresses, des pics de pollution, etc…, impose un changement de mode de vie et une transformation sociale en moins de 10 ans.

Afin d’accompagner ces changements, il m’apparaît nécessaire de répondre à une question qui ne semble pas préoccuper les économistes : pourquoi sommes-nous motivés à accumuler toujours plus d’argent et de biens matériels ? Indépendamment du fait qu’il est nécessaire de gagner de l’argent pour assurer sa subsistance et un minimum de confort matériel, à quoi peu bien servir l’agitation à en avoir toujours plus qui épuise les organismes et la planète.

Continuer la lecture

Travailler 5 jours est-il compatible avec la démocratie ?

Jean-Christophe Giuliani

La première partie de l’article a été publié dans le journal Kairos : n°38 de Février / Mars, sous le titre : Travailler 5 jours par semaine est-il compatible avec la démocratie ?

La participation des citoyens à la vie politique est l’une des conditions de la transformation sociale. Du Grec dèmos, « ensemble des citoyens » et kratos, « pouvoir », la démocratie désigne le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu et exercé par l’ensemble des citoyens. Comme ils détiennent la légitimité du pouvoir politique, les citoyens participent aux délibérations et aux prises des décisions qui concernent le vote des lois, du budget, des impôts et de l’organisation du « vivre ensemble ». Tandis que dans une démocratie directe, les citoyens exercent directement leur souveraineté, dans une démocratie représentative, ils l’exercent par l’intermédiaire de représentants élus (président, députés, maires, etc…). Dans un régime démocratique, la constitution et les lois permettent de garantir l’égalité des droits, la liberté d’expression, d’association et de culte et de disposer d’une presse libre. Avant de proposer des solutions pour favoriser la démocratie, il m’est apparu nécessaire de questionner la compatibilité de la démocratie avec la semaine de 5 jours.

Continuer la lecture

Pourquoi notre pouvoir d’achat a-t-il baissé ?

Jean-Christophe Giuliani

L’une des principales causes de la mobilisation des Gilets Jaunes est la perte de pouvoir d’achat des ménages. Avant de proposer des solutions pour l’augmenter, il apparaît nécessaire de comprendre les causes de sa baisse.

Continuer la lecture

Pourquoi les prix du logement ont-ils augmentés ?

 Malgré son caractère pédagogique, cette animation n’explique pas toutes les causes de la hausse des prix du logement.

Jean-Christophe Giuliani

Qu’il soit cadre, employé ou ouvrier, un salarié a besoin de satisfaire ses besoins de subsistances. En exerçant une activité professionnelle, il perçoit un salaire qui lui permet de payer son alimentation, son loyer, ses factures d’eau, de gaz et d’électricité, les traites de sa maison, etc… Afin de préserver la légitimité de son autorité, l’élite économique a retenu et mis en pratique les conseils avisés du révérend protestant J.Townsend, qui datent de la fin du 18e siècle. « L’obligation légale du travail donne trop de peine, exige trop de violence et fait trop de bruit ; la faim au contraire est non seulement une pression paisible, silencieuse et incessante, mais comme le mobile le plus naturel du travail et de l’industrie elle provoque aussi les efforts les plus puissants. Perpétuer la faim du travailleur, c’est donc le seul article important de son code de travail. »[1]

Continuer la lecture

Disposer de 4 jours de temps libre : un choix de société !

Jean-Christophe Giuliani

L’avenir du travail par Albert Jacquard

La réduction de la semaine de travail à 3 jours n’est pas un choix économique, mais un choix de société. En devenant le temps social dominant, le temps libre individuel provoquera un changement de valeurs, de modes de production et de catégories sociales dominantes. En disposant de 4 jours de temps libre, les membres des couches populaires et de la classe moyenne, ainsi que les cadres, les chefs d’entreprises, les entrepreneurs, les membres des professions libérales, les agriculteurs, les artisans et les commerçants auront les moyens de se socialiser, de nourrir l’estime de soi et de s’émanciper autrement que par l’activité professionnelle et la consommation. En provoquant l’effondrement du mode « avoir » au profit du mode « être », cette inversion du rapport au temps modifiera le rapport à soi et aux autres. La somme de ces transformations favorisera la mise en œuvre de l’économie au service du développement et de l’émancipation de chaque individu.

Continuer la lecture

Le temps libre : un choix de société !

Jean-Christophe Giuliani

Bande annonce : Time out de Andrew Niccol, sorti en 2011.

La régulation des tensions et des conflits inhérents à la vie sociale et aux activités humaines sont à l’origine de lois, de règles, de valeurs et de croyances qui ont contribué à la construction de systèmes de significations de l’existence idéologiques qui peuvent être religieux, économiques ou politiques. Ces systèmes régulent, organisent, médiatisent et donnent un sens à la vie, à la pratique d’activités particulières et aux relations que les individus tissent les uns avec les autres. Qu’elles soient guerrières, politiques, religieuses, économiques, etc…, les pratiques sociales valorisées et reconnues par ces systèmes contribuent à structurer et à légitimer l’identité, le rôle et le statut social d’un individu. L’espace immatériel qui unit les systèmes idéologiques et les pratiques sociales aux individus est le temps. Le temps étant omniprésent, que ce soit sur le plan individuel ou collectif, en modifiant le rapport au temps, il est possible de provoquer des changements de mode de vie individuel et une transformation sociale.

Continuer la lecture

Comment favoriser la démocratie participative ?

Jean-Christophe Giuliani

La participation des citoyens à la vie politique est l’une des conditions de la transformation sociale. Du Grec dèmos, « ensemble des citoyens » et kratos, « pouvoir », la démocratie désigne le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu et exercé par l’ensemble des citoyens. Comme ils détiennent la légitimité du pouvoir politique, les citoyens participent aux délibérations et aux prises des décisions qui concernent le vote des lois, du budget, des impôts et de l’organisation du « vivre ensemble ». Tandis que dans une démocratie directe, les citoyens exercent directement leur souveraineté, dans une démocratie représentative, ils l’exercent par l’intermédiaire de représentants élus (président, députés, maires, etc…). Dans un régime démocratique, la constitution et les lois permettent de garantir l’égalité des droits, la liberté d’expression, d’association et de culte et de disposer d’une presse libre. Avant de proposer des solutions pour favoriser la démocratie, il m’est apparu nécessaire de questionner la compatibilité de la démocratie avec la semaine de 5 jours.

Continuer la lecture

Brown-out : quand le travail ne donne plus de sens à la vie

Jean-Christophe Giuliani

– Source : Réinventer son travail, Brownout-travail-vide-de-sens[1].

Après le « burn-out », qui correspond à un épuisement professionnel lié à une surcharge de travail, le « bore-out », qui correspond à un épuisement lié à l’ennui sur le lieu de travail, le « brown-out » apparaît comme le nouveau mal du siècle qui ronge les cadres[2]. Le brown-out, qui concerne principalement les cadres, est une sorte de baisse de tension liée à l’absurdité, à l’inutilité et l’absence de sens du monde du travail. Selon les chiffres de l’Ipsos, quels que soient les niveaux hiérarchiques, 54 % des salariés français seraient démotivés ou désengagés dans leur travail. Une étude de 2013, menée auprès de 1 000 cadres dirigeants américains (PDG, cadres de l’industrie et avocats d’affaires), montre que 40 % souffrent de brown-out[3]. Les symptômes du brown-out sont l’absence de motivation, la lassitude, le désengagement et une forme de fatigue spirituelle qui peuvent conduire à un dégoût de soi, à un repli sur soi, à des troubles physiologiques et psychologiques, à une dépression, voire même au suicide.

Continuer la lecture