La croissance du PIB peut-elle supprimer le chômage ?

Pour que la croissance du PIB soit envisageable, elle doit être en mesure d’enrayer la hausse du chômage et d’accompagner le progrès social. Après avoir étudié le mode de calcul du produit intérieur brut, je calculerai le taux de croissance qui permettra d’en finir avec le chômage. La croissance du PIB étant étroitement corrélée à la hausse de la consommation des ménages et de l’État, je proposerai ensuite des solutions concrètes pour la relancer. Je terminerai cette étude en tentant de déterminer si la croissance est réellement la condition du progrès social et du bien-être.

Quel est le taux de croissance du PIB qui supprimera le chômage ?

Les décideurs économiques et politiques ne cessent d’affirmer que la relance de la croissance du PIB est la seule solution envisageable pour enrayer la hausse du chômage. Étant donné qu’ils souhaitent uniquement inverser la courbe du chômage, ils ne proposent pas un taux de croissance qui permettrait d’en finir définitivement avec ce fléau. Avant de proposer une équation capable de remédier à ce manque, il apparaît nécessaire d’étudier le mode de calcul du produit intérieur brut.

  • Quel est le mode de calcul du produit intérieur brut ?

Le produit intérieur brut est l’indicateur quantitatif le plus utilisé pour mesurer la performance économique d’un pays. La formule qui permet de le calculer est la suivante :

PIB = Sommes des valeurs ajoutées + TVA + droits de douane

Le PIB mesure la somme des valeurs ajoutées créées par les unités économiques résidantes, à laquelle sont ajoutés la somme des taxes sur la valeur ajoutée et les droits de douane. Il est calculé à partir de l’enregistrement comptable de toutes les transactions économiques soumises à la TVA, matérialisées par une facture et un ticket de caisse. Le mode de calcul du PIB défini, il est possible de calculer le taux de croissance qui permettra d’en finir avec le chômage.

  • Le calcul du taux de croissance du PIB qui supprimera le chômage.

Lorsque les décideurs économiques et politiques affirment que la croissance du PIB est la seule solution pour enrayer la hausse du chômage, ils se gardent bien de préciser le taux de croissance qui permettrait d’en finir avec ce fléau. Afin de remédier à ce manque, je propose une équation qui permet de le calculer.

taux-croissance-sup-chomage-1

Pour calculer le taux de croissance du PIB qui supprimera le chômage, il est nécessaire de commencer par calculer la population active sans emploi, le nombre moyen d’heures de travail annuel effectué par un salarié à temps plein, la productivité horaire et le taux de conversion entre le PIB en valeur et la valeur ajoutée en volume.

L’équation qui permet de calculer la population active sans emploi est la suivante :

-Soit, Pop est la population totale : 65 899 406 hab en 2013[1].
-« , W est le taux de la population comprise entre 15 et 59 ans : 57,57 %[2].
-« , E est le nombre d’élèves en second cycle et d’étudiants : 5 317 800[3].
-« , PAe est la population active qui occupe un emploi équivalent temps plein : 25 589 586 hab[4].
-« , PAc est la population active sans emploi.

Calcul taux actifs sans emploi

En 2013, étant donné que 57,6 % des 65,8 millions de Français avaient entre 16 à 59 ans, la population en âge de travailler comprenait 37,9 millions de personnes. Étant composé de 5,3 millions d’élèves et d’étudiants et de 25,5 millions de salariés à temps plein, sa PAc s’élevait à 7 millions de personnes, soit 21,6 % de la population active. Pour en finir avec le chômage, la croissance du PIB doit donc créer 7 millions d’emplois.

La PAc étant définie, il est nécessaire de calculer le nombre moyen d’heures de travail annuel effectué par un salarié à temps plein, dont la formule est la suivante :

– Soit, VHtb est le volume total d’heures travaillées par branche : 40 271 480 379 heures[5].
-« , PAe est la population active qui occupe un emploi équivalent temps plein : 25 589 586 hab[6].
-« , HTa est le nombre moyen d’heures de travail annuel effectué par un salarié à temps plein.

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En 2013, les 25,5 millions d’actifs à temps plein ayant effectué 40,2 milliards d’heures de travail, la HTa était de 1 574 heures.

La HTa étant défini, il est nécessaire de calculer la productivité horaire du travail, dont la formule est la suivante :

-Soit, VAvol est le montant de la valeur ajoutée en volume : 1 855 854 249 000 €[7].
-« , PH est la productivité horaire du travail.

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En 2013, étant donné qu’une VAvol de 1 855 milliards € a été générée par 40,2 milliards d’heures de travail, la PH était de 46 €. En moyenne, une heure de travail génère 46 € de valeur ajoutée.

La PH ayant été calculé, il est nécessaire de calculer le taux de conversion entre le PIB en valeur et la valeur ajoutée en volume.

-Soit, PIBval est le montant du produit intérieur brut en valeur : 2 113 687 000 000 € en 2013[8].
-« , Λ est le taux de conversion entre le montant du PIB en valeur et de la VA en volume.

Taux ce conversion PIB VA

Le PIBval étant de 2113 milliards € et la VAvol étant de 1 855 milliards €, le Λ était de 13,9 %.

La PAc, le HTa, la PH et le Λ étant définis, il est possible de calculer le taux de croissance du PIB qui permettra d’en finir avec le chômage.

-Soit, PIBval est le montant du produit intérieur brut en valeur : 2 113 687 000 000 € en 2013[9].
-« , HTa est la moyenne d’heures de travail par branche équivalent temps plein : 1 574 heures.
-« , PAc est la population active sans emploi : 7 031 013 actifs sans emploi.
-« , PH est la productivité horaire du travail : 46,08 €.
-« , Λ est le taux de conversion entre le montant du PIB en valeur et de la VA en volume : 13,9%.
-« , F est le taux de croissance du PIB qui supprimera le chômage.

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En 2013, si les 7 millions d’actifs sans emploi avaient travaillé 1 574 heures avec une PH de 46 €, ils auraient généré une VAvol de 509 milliards €. Le Λ étant de 13,9 %, le PIBval supplémentaire aurait été de 580 milliards €. Le PIBval de 2013 étant de 2 113 milliards €, le PIB qui aurait permis d’en finir avec le chômage aurait été de 2 694 milliards €, soit un F de 27,5 %. En 2013, pour en finir avec le chômage, la France aurait du générer un taux de croissance de 27,5 %.

Ce taux n’étant pas atteignable en une seule année, à PH constant, je vais à présent proposer des solutions concrètes pour générer un taux de croissance de 5,5 % par an pendant 5 ans.

Comment relancer la croissance du PIB ?

Le taux de croissance du PIB qui permettra d’en finir avec le chômage est de 27,5 %. Étant donné que la France a beaucoup de difficulté à soutenir un taux de 2 % par an, il est nécessaire de proposer des solutions concrètes pour qu’elle soit en mesure d’en générer un de 5,5 % par an pendant 5 ans. En 2013, les ménages et l’État contribuaient au PIB à hauteur de 53,3 % et de 24,1 %[10]. Pour que ces deux acteurs économiques soutiennent un taux aussi élevé, il est nécessaire qu’ils augmentent leurs consommations et leurs dépenses.

  • Comment relancer la consommation des ménages ?

En 2013, les dépenses de consommation des ménages représentaient 53,3 % du PIB. Pour relancer la croissance, il est nécessaire d’inciter les ménages à consommer toujours plus de biens et de services marchands. Le marketing, la R&D, les designers et les stylistes utilisent de multiples stratégies pour inciter le consommateur à augmenter la fréquence de ses actes d’achat : élargir l’offre marchande, accélérer le phénomène de mode et le processus de destructions/créations des innovations et l’obsolescence programmée.

Élargir l’offre de biens et de services marchands. Pour stimuler la consommation, il est nécessaire d’élargir l’offre marchande. Le rôle du marketing est de proposer toujours plus de nouveaux biens et services (réfrigérateur, lave-linge, télévision, téléphone, iPhone, iPad, Internet, tourisme, concert, etc.) capables de répondre aux « besoins » du consommateur. Tandis qu’en 1966, les supermarchés américains proposaient 7 000 nouveaux produits, aujourd’hui ils en proposent plus de 16 000, dont 95 % sont des échecs commerciaux[11]. La difficulté des entreprises n’est donc pas d’élargir l’offre, mais de trouver des consommateurs solvables avides de consommer. La hausse des salaires et la généralisation du crédit à la consommation apparaissent donc comme des solutions envisageables pour relancer la consommation des ménages.

Élargir la largeur et la profondeur de l’offre marchande. Pour conquérir des niches de consommateurs toujours plus étroites, la largeur et la profondeur de l’offre (voiture, vélo, moto, ordinateur, etc.) doivent augmenter. Le marketing, la R&D et les designers multiplient la réponse à un même besoin par modèle, niveau technique, option, qualité, finition et prestige. En proposant un modèle par type de carrosserie (urbaine 108, routière 508, tout terrain 4008, Coupé RCZ, etc.), segment de marché (B1 petite C1, B2 polyvalente C3, M1 compacte C4, etc.) et niveau de finition 208 (GTI, XY, LIKE, etc.), PSA cherche à conquérir des niches toujours plus étroites de consommateurs solvables avides de se distinguer des autres et d’affirmer leur réussite. Le prix étant le principal critère de différenciation entre les modèles, il permet au consommateur de se positionner et de se distinguer socialement.

Multiplier l’offre destinée à satisfaire un même besoin. Pour augmenter la consommation d’un même service, il est nécessaire de multiplier l’offre. Un individu qui a besoin de communiquer peut utiliser de multiples outils techniques (ordinateur de bureau ou portable, téléphone fixe ou mobile, FAX, etc.) et abonnements (téléphone fixe ou mobile, Internet, SMS, etc.). Tous ces moyens techniques permettent aux individus d’échanger entre eux par l’intermédiaire d’un téléphone fixe ou mobile, d’un fax, d’un SMS, d’un E-mail ou par l’intermédiaire de réseaux sociaux tels que Facebook et Twiter. Malgré tous les moyens techniques qu’il a à sa disposition pour communiquer l’individu est toujours plus frustré et insatiable.

Accélérer le processus de destruction/création des innovations techniques. En s’accélérant, la destruction/création des innovations incite le consommateur à accélérer le rythme de ses achats. Ce processus concerne tous les produits techniques : ordinateurs, portables, logiciels, télévisions, appareil photo, imprimantes, voitures, mobiles, etc. Les innovations apportées au téléphone mobile (SMS, photo, Bluetooth, 3G, MP3, jeux, traitement de texte, E-mail, Internet, TV, iPhone, GPS, androïde, etc.) illustrent parfaitement ce processus. Pour rester à la pointe de la technologie, affirmer sa réussite sociale et se distinguer des autres, le consommateur est motivé à remplacer le vieil iPhone 5 qu’il a acheté six mois auparavant par le nouvel iPhone 6. La concurrence à laquelle se livrent les entreprises pour conquérir de nouvelles parts de marché accélère le processus effréné de destruction/création des innovations.

Accélérer l’obsolescence programmée des produits. L’obsolescence programmée consiste à programmer une panne ou la date de désuétude d’un produit dès sa conception (défaut fonctionnel, obsolescence indirecte, incompatibilité, absence de pièces détachées, etc.). En concevant des produits dont la durée de vie est limitée, la R&D contraint le consommateur à renouveler la fréquence de ses actes d’achat plus souvent. Malgré des brevets qui permettraient à une ampoule d’atteindre une durée de vie de 100 000 heures, elle est maintenue à 1 000 heures par les ingénieurs. Ce processus s’est généralisé à de nombreux produits techniques (réfrigérateur, lave-linge, imprimante, portable, mobile, etc.).

Accélérer le phénomène de mode vestimentaire. Un vêtement est un marqueur social qui permet d’affirmer son statut, de se distinguer des autres et d’affirmer sa réussite. Pour inciter le client à accélérer la rotation de sa garde-robe et donc, la fréquence de ses achats, le renouvellement des gammes a été accéléré. En produisant 12 000 designs par ans, la marque Zara propose de nouveaux modèles toutes les 2 semaines[12]. Ayant abandonné les collections bisannuelles, les plus performantes les renouvellent 10 à 12 fois par an.

Tandis que le marketing étudie le comportement du consommateur pour lui proposer une offre qui répond à ses besoins, la R&D et les designers produisent des innovations qui permettent d’y répondre. La publicité et les médias sont chargés de présenter les nouveaux produits et de motiver les consommateurs à en acheter toujours plus. Les ressources naturelles et les matières premières étant limitées, ce processus aura, à terme, des conséquences écologiques et climatiques majeures.

  • Comment élargir l’offre de services marchands destinée aux ménages ?

Pour relancer la croissance du PIB, il est nécessaire d’élargir l’offre de services marchands destinée aux ménages. Avant de proposer des solutions, il apparaît pertinent de faire l’inventaire des activités qui ne contribuent pas à la croissance. Pour qu’une transaction y contribue, elle doit être matérialisée par une facture ou un ticket de caisse qui fera l’objet d’un enregistrement comptable. N’étant pas matérialisés par une facture, le bénévolat, le travail au noir, le travail domestique de la femme au foyer, ainsi que la prostitution et les trafics (drogues, armes, organes, etc.) n’y contribuent pas. Certaines activités, telles que l’école publique qui est gratuite, ne font pas non plus l’objet de facturation. Afin de relancer la croissance, il apparaît donc nécessaire d’envisager autrement la prise en charge de ces activités pour qu’elles y contribuent également.

Transformer les tâches domestiques en services marchands. Les tâches domestiques (soins et transport des enfants, aide au devoir, ménage, repassage, courses, etc.) qui sont effectuées par la femme au foyer ou « au noir » par une femme de ménage ou une étudiante, ne contribuent pas à la croissance du PIB. Les chèques emplois services universels[13] et les entreprises de services aux particuliers ont permis que les tâches domestiques y contribuent également. De 1990 à 2010, les effectifs de ce secteur d’activité ont augmenté de 89,3 %[14]. Employant des salariés peu qualifiés, au SMIC et à temps partiel subi, il est en partie responsable de l’augmentation des travailleurs pauvres. La principale activité de ces entreprises n’est pas de vendre un service, mais du temps libre. En effet, elle achète une heure de travail au SMIC, qu’elle revend entre 20 et 30 € à un particulier pour qu’il puisse disposer de temps libre. Pour que cette activité soit rentable, elle doit être exonérée de cotisations sociales patronales. Étant donné que l’accès à ces services nécessite de disposer d’un revenu minimum de 5 500 € par mois, ils sont uniquement accessibles aux cadres, aux classes moyennes supérieures et à l’élite. Pour que les classes moyennes aient les moyens d’y accéder, l’État doit intervenir pour les aider à les financer. En accordant un abattement fiscal de 15 000 € par an, il subventionne à auteur de 10 milliards € ce secteur d’activité. Pour qu’il se développe sans l’aide de l’État, non seulement, le pouvoir d’achat des classes moyennes doit augmenter, mais en plus, ils ne doivent plus disposer de temps libre.

Transformer un service public en service marchand. Un service public contribue à la croissance du PIB, s’il émet des factures. L’école publique étant financée par l’impôt, elle ne facture pas ses services aux parents des élèves. Pour que le système éducatif contribue à la croissance, les heures de cours doivent être transformées en marchandise et les élèves en clients. En produisant des factures, les écoles privées contribuent à la croissance. Étant donné que l’enfant doit être inscrit dans l’école ou le collège de son quartier, s’il a une mauvaise réputation, pour éviter de pénaliser ses études, les parents peuvent l’inscrire dans l’école privée de leur choix. La hausse croissante des inscriptions dans les écoles privées contribue à relancer la croissance.

Légaliser la prostitution et les trafics. N’étant pas matérialisés par une facture, la prostitution et les trafics (drogues, armes, organes, etc.) ne font pas l’objet d’un enregistrement comptable. Ces activités ne contribuent donc pas à la croissance du PIB. Afin de la relancer, il apparaît donc pertinent de les légaliser pour développer de nouveaux marchés autour de ces activités. Au nom de la liberté et du libre marché, les ultralibéraux réussiront à transformer le corps de la femme en marchandise. Si la France adoptait la législation de l’Allemagne et de la Belgique, l’exploitation sexuelle permettrait de créer des emplois et de relancer la croissance. En légalisant le commerce des drogues douces (cannabis, herbes, etc.), les Pays-Bas créent des emplois et stimulent la croissance. En légalisant la prostitution et les trafics de drogues, la France aura les moyens de relancer la croissance, de créer des emplois, d’augmenter ses recettes fiscales (TVA, cotisations sécurités sociales, impôts sur les sociétés et le revenu) et de lutter contre les mafias et le crime organisé.

  • Comment encourager les classes moyennes à consommer davantage ?

Pour que la consommation des ménages soit en mesure de soutenir un taux de croissance du PIB de 5,5 % pendant 5 ans, il est nécessaire d’augmenter le pouvoir d’achat des classes moyennes. Au nom de la compétitivité et du libre marché, les ultralibéraux ont provoqué la stagnation des salaires et la hausse des prix du logement. En provoquant la stagnation du pouvoir d’achat, cette doctrine apparaît comme un frein à la consommation et donc, à la relance de la croissance. Pour encourager les classes moyennes à consommer davantage, il est donc nécessaire d’augmenter le SMIC et le temps de travail, de réguler les prix et d’en finir avec la peur du chômage.

Augmenter les salaires. Pour augmenter le pouvoir d’achat, le revenu des classes moyennes doit augmenter. De 1983 à 2013, tandis que la part de la valeur ajoutée versée aux salariés a diminué de 6,7 %, celle versée aux actionnaires a augmenté de 13,2 %. Cette baisse a provoqué une réduction de la consommation et donc, de la croissance. Si les ménages ne disposent pas d’un revenu plus élevé, la hausse de l’offre et des budgets publicitaires ne provoqueront pas celle de la demande. Durant les années 30, Henri Ford avait compris que pour vendre des voitures à ses salariés, il devait les augmenter. La société de consommation n’aurait pas émergé, si les salaires n’avaient pas suivi le rythme de la hausse de l’offre marchande. Pour que les entreprises soient incitées à investir, à innover et à recruter, elles ont besoin de consommateurs solvables et de perspectives de développement. Actuellement, le secteur des services aux particuliers survit grâce aux abattements fiscaux accordés par l’État. Pour qu’il se développe sans l’aide de l’État, le revenu des classes moyennes doit augmenter. En fixant le SMIC à 12,5 €, l’État provoquera une hausse du pouvoir d’achat des ménages, qui se traduira par une relance de la consommation, de l’activité économique et donc, de la croissance. Afin de faire face à la hausse de la demande, les entreprises seront motivées à investir et donc, à recruter du personnel.

Augmenter le temps de travail. Pour augmenter le pouvoir d’achat des classes moyennes, il est nécessaire d’augmenter le temps de travail. En supprimant 1 journée de repos et en fixant la durée légale de la journée de travail à 8 heures, la semaine de travail sera de 48 heures. En couplant le SMIC à 12,5 € avec la semaine de 48 heures, il sera possible d’augmenter considérablement le pouvoir d’achat des ménages. Ne disposant plus de temps libre, pour en retrouver, les classes moyennes seront contraintes d’externaliser leurs tâches domestiques à des entreprises de services aux particuliers. N’ayant plus le temps de s’occuper de leurs enfants et de pratiquer d’autres activités personnelles, elles exprimeront leurs manques et leurs frustrations par toujours plus de consommation. La hausse de la consommation stimulera l’activité économique, qui provoquera la relance de la croissance et donc, la création d’emplois.

Réguler les prix du logement. Pour augmenter le pouvoir d’achat, l’État doit également intervenir sur le marché de l’immobilier. De 2000 à 2010, tandis que le revenu des ménages augmentait de 25 %[15], l’indice des prix du logement augmentait de 107 %[16]. Selon une enquête de l’observatoire du logement datant d’avril 2012, qu’ils soient locataires ou propriétaires, 55 % des Français déclaraient consacrer un tiers de leur budget à se loger[17]. Si les loyers et les prix du logement augmentaient au même rythme que le pouvoir d’achat, l’augmentation des salaires et du temps de travail ne contribueront pas à relancer la consommation et donc, la croissance. La hausse des prix étant due à la dérégulation et à la spéculation, pour provoquer une baisse des prix, il est nécessaire de réguler le marché de l’immobilier. En le régulant, il sera possible d’augmenter le pouvoir d’achat des classes moyennes sans pénaliser la compétitivité des entreprises.

Supprimer la peur du chômage. Pour inciter les classes moyennes à consommer, il est nécessaire d’en finir avec le chômage. La peur de perdre son emploi incite davantage à épargner qu’à consommer et à souscrire des crédits à la consommation. Afin de les motiver à consommer davantage, il est nécessaire d’interdire l’intérim, d’encadrer l’usage du CDD et de limiter les licenciements abusifs en renforçant le Code du travail.

En augmentant le SMIC et le temps de travail, et en régulant les prix du logement, il sera possible d’augmenter considérablement le pouvoir d’achat des classes moyennes. N’ayant plus peur du chômage, elles seront davantage motivées à consommer qu’à épargner. Même si elles ne disposent plus de temps libre, elles auront les moyens d’en retrouver en externalisant leurs tâches domestiques. Pour faire face à la hausse de la demande, les entreprises de services aux particuliers devront augmenter leurs effectifs et donc, créer des emplois. Ce processus vertueux permettra donc de relancer la croissance du PIB et de créer des emplois.

Même si la consommation des ménages est le principal contributeur à la croissance du PIB, elle ne sera pas capable à elle seule de soutenir un taux de 5,5 % pendant 5 ans.

  • Comment augmenter les dépenses de l’État ?

En 2013 les dépenses des administrations publiques ont contribué à 24,1 % du PIB[18]. Pour relancer la croissance, l’État doit donc augmenter les budgets de la sécurité et de la défense.

Augmenter les dépenses allouées à la sécurité intérieure. L’État peut relancer la croissance du PIB en augmentant les dépenses allouées au budget de la sécurité intérieure. Pour les augmenter, il doit en justifier la hausse auprès de l’opinion publique. Le climat de peur et d’insécurité provoqué par des images de violences, de crimes, de réfugiés et d’attentats terroristes, donne à l’État les moyens de les justifier.

Sous prétexte de défendre les institutions de la nation, l’ordre public, la cohésion sociale et la liberté et de protéger la population et les biens, il peut renforcer son arsenal juridique et matériel. En votant la loi ALLOPI 2 et l’état d’urgence, le gouvernement s’est donné les moyens d’anticiper, de prévenir, d’intervenir et de lutter contre les menaces terroristes, les mouvements radicaux, le crime organisé, les trafics, l’émigration clandestine, la petite délinquance et la délinquance routière. En installant des caméras de vidéosurveillance, des portiques de sécurité dans les aéroports et des radars fixes et mobiles, en se dotant de matériel de prise d’empreintes génétiques et en commandant des gilets pare-balles, etc., l’État augmente ses dépenses en faveur des entreprises du secteur de la sécurité. Pour permettre aux entreprises et aux particuliers de se protéger, il a également légalisé l’usage d’entreprises privées de sécurité, de surveillance et de gardiennage. Sous prétexte d’améliorer le fonctionnement du système carcéral, l’État a délégué à des entreprises privées la construction de prisons, la restauration, l’entretien, la blanchisserie, la maintenance, etc.

En augmentant les dépenses allouées à la sécurité, l’État relance la croissance au détriment de la culture et du système social.

Augmenter les dépenses du secteur de la défense. L’État peut également augmenter le budget de la défense pour relancer la croissance du PIB. Pour en justifier la hausse, il peut exploiter les attentats terroristes, les guerres et la guerre froide. De 1945 à 1990, la guerre froide a permis aux États-Unis d’augmenter le budget de la défense au profit du complexe militaro-industriel[19]. Après l’effondrement de l’Union Soviétique, le complexe militaro-industriel n’avait plus d’ennemis pour justifier la hausse de ce budget. « Le choc des civilisations » de Samuel Huntington lui en donna un nouveau. L’attentat du 11 septembre 2001, attribué au groupe terroriste Al-Quaida, a permis d’augmenter à nouveau le budget de la défense. De 2001 à 2010, au nom de la défense de la nation, de la liberté, de « notre mode de vie » et de la guerre contre le terrorisme, ce budget est passé de 296 à 636 milliards $, soit une hausse de 114 %. Sa hausse a profité aux marchands d’armes (Carlyle, Boeing, Lockheed Martin, General Dynamics, etc.), aux sociétés privées de mercenaires (Black Water, etc.) et aux ’entreprises de logistiques (Halliburton, etc.), au détriment de la population. En effet, pour financer la hausse de ce budget, le gouvernement de George W Bush a réduit les dépenses publiques et sociales.

Pour augmenter les budgets de la sécurité et de la défense, sans réduire ceux alloués à la santé, au social, à la culture et au bien-être, l’État doit trouver d’autres moyens de les financer.

  • Comment augmenter les recettes fiscales de l’État ?

Pour augmenter les dépenses allouées à la sécurité et à la défense, sans réduire les autres, l’État doit augmenter ses recettes fiscales.

Augmenter le taux d’imposition des revenus les plus élevés. La hausse du pouvoir d’achat des classes moyennes étant destinée à la consommation, l’État devra trouver d’autres sources de financement. Pour financer la hausse de ses dépenses, le gouvernement peut augmenter le taux d’imposition des contribuables qui ont des revenus élevés. Les hauts revenus ayant des moyens légaux d’échapper à l’impôt, il sera également nécessaire de supprimer le bouclier fiscal, les niches fiscales, les abattements fiscaux et les autres moyens légaux de s’y soustraire.

Lutter contre l’évasion et l’optimisation fiscale. Pour financer le budget de l’État, il est également nécessaire de lutter contre les pratiques d’évasion et d’optimisation fiscale qui permettent aux entreprises d’échapper légalement à l’impôt. L’estimation du manque à gagner pour la France est comprise entre 60 et 80 milliards € par an. Étant donné que le taux d’impôt sur les sociétés diffère d’un pays européen à l’autre, des entreprises installent leur siège social dans ceux qui ont le plus bas (Irlande, Luxembourg, certains pays de l’Est). Afin d’en finir avec le dumping fiscal, il est nécessaire d’harmoniser ce taux au sein de l’Union européenne. L’optimisation fiscale repose également sur la pratique des « frais de transfert » qui peuvent prendre de multiples formes. Une entreprise installée en France peut réaliser l’essentiel de ses bénéfices dans une de ses filières installées dans un paradis fiscal. Une filière installée dans un paradis fiscal peut également facturer des frais de gestion, des prestations de services fictifs (marketing, communication, etc.) et des royalties sur les brevets, un algorithme ou la marque à son siège social. En diminuant les bénéfices, ces frais de transfert permettent au siège social de réduire sa contribution à l’impôt. L’essentiel des bénéfices étant réalisé par sa filière, l’entreprise échappe légalement à l’impôt.

Tandis que le taux d’impôt sur les bénéfices des PME se situe à 22 %, celui des multinationales se situe à 8 %. Pour dissuader l’usage des frais de transferts, le ministère des Finances devra recruter des contrôleurs formés aux techniques d’optimisation fiscale. Leur mission sera de contrôler l’activité réelle des filières des entreprises nationales installées dans les paradis fiscaux. Après avoir été soumise à des sanctions et à une amende élevée, pour éviter un redressement fiscal exemplaire qui reposera sur son chiffre d’affaires, l’entreprise devra présenter les bénéfices réels de son activité. Étant donné qu’un contrôleur rapporte plus qu’il ne coûte, plus il y en aura, plus il y aura de redressements, plus la fraude et l’optimisation fiscale augmenteront les recettes de l’État.

En légalisant les trafics et la prostitution, en augmentant le taux d’imposition des contribuables les plus aisés, en recrutant des contrôleurs des impôts et en sanctionnant lourdement les pratiques d’évasions et d’optimisations fiscales, l’État augmentera ses recettes fiscales. Il aura donc les moyens d’augmenter les budgets de la sécurité et de la défense sans réduire ceux de la culture, de l’éducation, des sports, de la santé, des services sociaux et du bien-être.

La hausse de la consommation des classes moyennes et des dépenses de l’État permettront de stimuler un taux de croissance de 5,5 % pendant 5 ans. En stimulant l’activité des entreprises et en encourageant l’investissement, ce processus vertueux permettra la création de millions d’emplois et, donc d’en finir définitivement avec le chômage. Après avoir proposé des solutions pour relancer la croissance du PIB, il apparaît pertinent de se demander si elle procure réellement du bien-être et une amélioration de la qualité de vie.

Jean-Christophe Giuliani

 

Pour aborder les solutions qui permettront d’en finir avec le chômage, je vous invite à lire « En finir avec le chômage : un choix de société ! », sous un format Kindle ou papier,  en cliquant sur le lien « En finir avec le chômage« .

Pour accéder aux pages suivantes :

La croissance du PIB contribue-t-elle au bien-être ?

[1] Insee, 1.115 Produit intérieur brut et revenu national brut par habitant, comptes nationaux, Base 2010

[2] Insee, estimations de population : Population par sexe et groupes d’âges quinquennaux au 1er janvier 2015, France.

[3] Depp, Effectifs d’élèves et d’étudiants dans l’enseignement public et privé à la rentrée 2013, France (hors Mayotte avant 2011).

[4] Insee, 6.209 Emploi intérieur total par branche en nombre d’équivalents temps plein, comptes nationaux, base 2010.

[5] Insee, 6.213 Volume total d’heures travaillées par branche, comptes nationaux, base 2010.

[6] Insee, 6.209 Emploi intérieur total par branche en nombre d’équivalents temps plein, comptes nationaux, base 2010.

[7] Insee, 6.202 Valeur ajoutée brute par branche en volume aux prix de l’année précédente chaînés, comptes nationaux, base 2010.

[8] Insee, 1.115 Produit intérieur brut et revenu national brut par habitant, comptes nationaux, base 2010.

[9] Insee, 1.115 Produit intérieur brut et revenu national brut par habitant, comptes nationaux, base 2010.

[10] Insee, 1.101 Le produit intérieur brut et ses composantes à prix courants, comptes nationaux, base 2010,

[11] Lipovetsky Gilles, le bonheur paradoxal, Paris, Gallimard, 2006, page 95.

[12] Lipovetsky Gilles, Op Cit, page 96

[13] Le chèque emploi service universel, couramment connu sous l’acronyme CESU, est un moyen de paiement et de déclaration utilisé dans les emplois de services à la personne en France.

[14] Insee, 6.209 Emploi intérieur total par branche en nombre d’équivalents temps plein, comptes nationaux, base 2010.

[15] CGEDD, (consulté le 28 septembre 2015), Dossier sur les prix immobiliers, séries annuelles 1800-2010, [En ligne]. Adresse URL : http://www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/prix-immobilier-evolution-1200-a1048.html

[16] Insee, Indices Notaires-INSEE du prix des logements anciens (archive]

[17] Le Parisien.fr (consulté le 10 octobre 2012), Le budget logement explose, [En ligne]. Adresse URL : http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/le-budget-logement-explose-04-04-2012-1938246.php

[18] Insee, 1.101 Le produit intérieur brut et ses composantes à prix courants, comptes nationaux, base 2010.

[19]. Cliotexte, (consulté le 5 décembre 2011), Discours d’adieu prononcé par le Président Dwight David Eisenhower, le 17 janvier 1961, [En ligne]. Adresse URL : http://icp.ge.ch/po/cliotexte/deuxieme-moitie-du-xxe-siecle-guerre-froide/discours.eisenhower.html

2 réflexions au sujet de « La croissance du PIB peut-elle supprimer le chômage ? »

  1. Nous avons actuellement environ six millions de chômeurs et nous ne manquons de rien. Si nos six millions de chômeurs se mettaient à produire que ferions-nous de leur production? L’amélioration dans tous les domaines de la productivité a créé un déséquilibre. Pour que notre économie fonctionne nous avons à présent besoin de plus de consommateurs que de producteurs. Il faut choisir entre se cotiser pour payer les chômeurs à ne rien faire ou se cotiser pour les payer à travailler dans des services nouveaux et d’autres *disparus et un peu dans la production puisqu’ils vont consommer. Notre gouvernement a choisi d’en payer mal 50% et de laisser les autres sur le carreau. *métiers disparus: concierge, pompiste, receveur dans les bus, paysan…

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