La croissance du PIB menacerait-elle la survie de l’humanité ?

Pour que la solution de soutenir un taux de croissance du PIB de 5,5 % par an pendant 5 ans soit envisageable, elle ne doit pas menacer le développement économique, la qualité de vie des populations et la survie des générations présentes et à venir. En 1972, les sages du Club de Rome ont publié un ouvrage intitulé : les limites de la croissance. En prenant en compte les variables de l’évolution technologique, de la population, de l’alimentation, des ressources naturelles et de l’environnement, ils sont arrivés à la conclusion que la croissance du PIB était limitée par les ressources limitées de la planète. D’après cette étude, si les tendances actuelles se poursuivaient, le système mondial s’emballerait et s’effondrerait au début du 21e siècle.

En m’appuyant sur les rapports du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat), les données de l’OCDE et le rapport Stern, je commencerai par étudier les causes et conséquences du réchauffement climatiques. Ensuite, je tenterai d’évaluer les stocks de matières premières qui sont indispensables au développement économique. Je poursuivrai cette étude en tentant d’évaluer les conséquences de la dégradation des ressources naturelles. Je la terminerai en abordant les enjeux de la préservation des ressources biologiques et de l’empreinte écologique.

Je tiens à préciser que mon objectif n’est pas de faire une étude approfondie, mais de montrer les liens qui unissent le développement économique avec le climat, les stocks de matières premières, les ressources naturelles et la biodiversité.

La croissance du PIB serait-elle responsable du réchauffement climatique ?

Pour que la croissance du PIB soit envisageable, elle ne doit pas menacer la survie de l’humanité. La vie sur terre sera viable tant que la température globale de la planète n’augmentera pas de plus de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle de la fin du 19e siècle. Le graphique ci-dessous présente la courbe de la variation de la température de l’hémisphère Nord depuis l’an mille[1].

Courbe de la température moyenne de l’hémisphère Nord de l’an 1000 à 2000

Courbe réchauffement climatique

Entre l’an 1000 et 1900, la courbe de la température moyenne de l’hémisphère Nord a oscillé entre 13,6°C et 13,8 C. À partir du 20e siècle, la courbe en forme de crosse de hockey de Michael Mann montre qu’elle n’a pas cessé d’augmenter, pour atteindre +14,4°C à la fin du 20e siècle, soit une hausse de plus de 0,6 C par rapport à 1900. Étant donné qu’à la fin du 19e siècle, l’écart était de 13,7°C, pour être viable, la température moyenne de la planète ne doit donc pas dépasser 15,7°C. Ayant définis la température qu’il ne faut pas dépasser, pour que la croissance du PIB soit envisageable, il apparaît nécessaire d’identifier les principales causes réchauffement climatique.

  • Quelles sont les causes du réchauffement climatique ?

Selon les rapports du GIEC, le réchauffement climatique est dû aux gaz à effet de serre qui seraient provoqués par des phénomènes naturels et l’activité humaine.

    Les gaz responsables de l’effet de serre          La composition des autres gaz.

Gaz a effet de serre version 2017

Ces graphiques montrent que la vapeur d’eau et les nuages, qui sont des phénomènes naturels, contribuent à 73 % de l’effet de serre. Les 27 % restant sont dus aux autres gaz (dioxyde de carbone, méthane, halocarbures, ozone et oxyde nitreux), qui sont pour la plupart d’origine humaine.

Le dioxyde de carbone (CO2) contribue à plus de 55 % de l’effet de serre. Même si ces gaz peuvent provenir d’émissions naturelles (respiration des animaux, putréfaction, incendies, etc.), ils sont dus, pour l’essentiel, à la combustion des énergies fossiles (charbon, gaz et pétrole), à la production du ciment et à la déforestation.

Le méthane (CH4) y contribue à 15 %. Le méthane d’origine naturel se forme à l’abri de l’oxygène de l’air, grâce à la fermentation des composés organiques animal et végétal. Celui d’origine humaine provient de la combustion des brûlis en zone tropicale, de l’élevage intensif de ruminant, de la culture du riz, des décharges d’ordures ménagères, ainsi que de l’exploitation des mines de charbon et des sites de forages pétroliers et gaziers.

Les halocarbures (CFC) y contribuent à 10 %. Ils proviennent, pour l’essentiel, des systèmes de climatisation, des aérosols et des composants industriels.

L’ozone (O3) troposphérique (au ras du sol) y contribue à environ 10 %. Il est un oxydant qui provient de la combustion des hydrocarbures.

Les oxydes nitreux (N2O) y contribuent à environ 5 %. La part humaine de ce gaz provient, pour l’essentiel, de l’utilisation d’engrais azotée et de procédés chimiques.

Le graphique ci-dessus montre l’évolution des concentrations de gaz à effet de serre de l’année 0 à 2005[3].

Concentration de gaz à effet de serre de l’année 0 à 2005

Concentration gaz effet serre

Ce graphique montre que, de l’an 0 à 1900, les concentrations de méthanes fluctuaient entre 600 et 800 ppb et celles de dioxyde de carbone et d’oxyde nitreux entre 250 et 280 ppm et ppb. À partir de la fin du 19e siècle, les concentrations de CH4 sont passées de 800 à 2 000 ppb, celles du CO2 de 280 à 375 ppm et celle du N2O de 280 à 390 ppb. Étant donné que le réchauffement climatique a commencé à partir de la révolution industrielle de la fin du 19e siècle, il existe un lien étroit entre l’évolution exponentielle de ces trois courbes et le développement économique. En augmentant les rejets de gaz à effet de serre, la croissance du PIB contribue à la hausse de la température du climat. La hausse de la température provoque l’augmentation de la production de vapeurs d’eaux et de nuages qui contribuent également à l’effet de serre et donc, au réchauffement du climat. La hausse de la température ayant progressé au rythme du développement économique, il est donc possible d’affirmer que ce ne sont pas des phénomènes naturels, mais la croissance du PIB qui est responsable du réchauffement climatique.

Ayant montré que la croissance du PIB était le principal responsable des rejets de gaz à effet de serre, il est nécessaire d’identifier les pays qui rejettent le plus de CO2.

  • Quels sont les pays qui rejettent le plus de CO?

Étant donné que le CO2 contribue au réchauffement climatique, il est nécessaire d’identifier les pays qui en rejettent le plus. Entre 1997 et 2013, malgré le protocole de Kyoto, qui a été signé en 1997, les rejets de CO2 mondiaux ont augmenté de 48,4 %. Le graphique ci-dessous compare la part des rejets de CO2 en % et en tonne par habitant.

Part des rejets de CO2 en % et tonne par habitant en 1997 et 2013[4]

                     Rejet de CO2 en 1997                               Rejet de CO2 en 2013

Rejet de CO2 par pays 1997 et 2013

-Sources : Banque mondiale : indicateur du développement dans le monde

En 2013, 11 pays (États-Unis, Chine, Inde, Japon, Russie, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Canada et Australie) se partageaient 65 % des rejets de CO2 de la planète. À eux deux, la Chine et les États-Unis en rejettent 43,1 %. De 1997 à 2013, tandis que les rejets des États-Unis et des pays du G7, hors États-Unis, diminuaient de 3,5 % et de 6,6 %, ceux de la Chine, de l’Inde, de la Russie et de l’Australie augmentaient de 195 %, de 121,7 %, de 17,2 % et de 23,6 %. La réduction des rejets de CO2 des États-Unis et des pays du G7 est en partie due à la délocalisation d’une partie de leur production industrielle vers des pays émergents, tels que la Chine et l’Inde. En devenant l’usine du monde, la Chine permet à ces pays de présenter des résultats satisfaisants concernant leurs efforts pour lutter contre les rejets de CO2 et donc, le réchauffement climatique.

Même si la Chine est le pays qui rejette le plus de CO2, la comparaison en tonnes par habitant met en évidence que les apparences peuvent parfois être trompeuses. En effet, les pays qui en rejettent le plus par habitant sont les pays du Golf, et notamment le Qatar, ainsi que le Luxembourg et l’Australie. Même si ces trois pays rejettent 1,53 % des tonnes de CO2 mondiaux, avec 40,5, 18,7 et 16,5 t/hab, ils sont ceux qui en rejettent le plus par habitant. De 1997 à 2013, tandis que les rejets par habitant du Qatar diminuaient de 43 %, ses rejets de CO2 augmentaient de 126 %. Cette baisse n’est donc pas due à une réduction des rejets, mais à l’augmentation de sa population de 298 %. Si sa population n’avait pas augmenté, elle aurait rejeté 161 t/hab. Pour éviter de dépasser 15,7°C, il est donc nécessaire que les pays du G7 et du Golf, le Qatar, les États-Unis, l’Australie, le Luxembourg et l’ensemble des pays industrialisés réduisent leurs rejets de CO2. Afin d’identifier les moyens de les réduire, il apparaît pertinent d’étudier les secteurs d’activités qui en rejettent le plus.

  • Quels sont les secteurs d’activités qui rejettent le plus de CO2 par pays?

Après avoir désigné les pays qui rejettent le plus de CO2, il est intéressant d’aborder les secteurs d’activités qui en rejettent le plus. Le graphique ci-dessous présente les parts d’émissions de CO2 des principaux secteurs d’activités par pays.

Parts d’émissions de CO2 par pays et secteurs d’activités en 2005[5]

Emission CO2 par secteur d'activité

États unis : Avec 44,5 %, la production d’électricité rejette le plus de CO2. Elle est suivie de très loin par les transports, l’industrie et les autres activités qui en rejettent et 29,4 %, 10,3 % et 10,1 %. Pour sa part, le résidentiel n’y contribue qu’à hauteur de 5,6 %.

Allemagne : Avec 38,9 %, la production d’électricité en rejette le plus. Il arrive loin devant les autres activités, les transports, l’industrie et le résidentiel qui en rejettent 18,5 %, 17 %, 12,7 % et 12,9 %.

France : Avec 29,6 %, se sont les transports qui en rejettent le plus. Ce secteur est suivi par les autres activités, l’industrie et le résidentiel qui en rejette 22,9 %, 17,2 % et 14,4 %. Sa production d’électricité étant assurée à plus de 70 % par des centrales nucléaires, elle rejette seulement 15,9 %.

Japon : Avec 40,3 %, la production d’électricité en rejette le plus. Il arrive loin devant l’industrie, le transport et les autres activités qui en rejettent 20,4 %, 19,6 % et 14,4 %. Pour sa part, le résidentiel n’y contribue qu’à hauteur de 5,3 %.

Ce graphique met en évidence que le mode de production d’électricité d’un pays détermine l’activité qui rejette le plus de CO2. Étant donné que la France produit plus de 70 % de son électricité grâce au nucléaire, ce sont les transports qui en rejettent le plus. L’essentiel des rejets de la France étant dû aux transports routiers, pour les réduire, il est nécessaire, d’une part, qu’elle encourage le ferroutage, la relocalisation de la production et l’économie locale, et, d’autre part, qu’elle décourage les transports routiers en les taxant davantage. Comme les États unis, le Japon et l’Allemagne produisent l’essentielle de leur électricité avec des centrales thermiques à charbon, à gaz ou au fioul, c’est la production d’électricité qui en rejette le plus. Pour réduire leurs rejets, ces pays doivent, non seulement augmenter leur parc de centrales nucléaires et la production des énergies renouvelables, mais aussi, réduire leur consommation d’électricité. La consommation d’électricité étant, pour l’essentielle, due au chauffage, à la production d’eau chaude et à la climatisation des secteurs résidentiels et tertiaires, sa réduction nécessite d’encourager la rénovation des logements anciens et la construction de logements à hautes performances énergétiques.

Après avoir désigné les pays et les secteurs d’activité qui rejettent le plus de CO2, il apparaît pertinent d’appréhender les conséquences du réchauffement climatique.

  • Quelles sont les conséquences du réchauffement climatique ?

Si la température moyenne de la planète atteignait 15,7°C, la perturbation des cycles atmosphériques provoquerait de multiples conséquences irréversibles sur le climat et l’écosystème (atmosphère, océans, biosphère, etc.). Ces perturbations provoqueront la hausse du niveau des mers, l’inondation des zones côtières, des sécheresses, des incendies de forêt, l’arrêt de centrales nucléaires, la diminution des récoltes, des piques de température, l’augmentation de pluies diluviennes, ainsi que des phénomènes météorologiques extrêmes (ouragans, cyclone, tornades, tempêtes, etc.) qui provoqueront de nombreuses victimes et des milliards $ de dégât. La fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes qui s’accentuent depuis la fin de 20e siècle montrent que les effets du réchauffement climatique sont déjà présents.

Des pluies diluviennes ont touché l’Europe centrale et l’Allemagne en 1995, 1997, 2002 et 2013, la Grande-Bretagne en 2012 et la France en automne 2015. Des incendies de forêt exceptionnels ont touché l’Indonésie en 1997, le Portugal en 2003, l’Espagne en 2005, la Grèce en 2007 et la Russie et le Canada en 2010. À cause du réchauffement du climat, entre 2000 et 2012, l’Australie a dû faire face à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des incendies de forêt, tel que les mégas incendies de 2003, de 2005, de 2007 et de 2009. Des piques de températures extrêmes de plus de 40°C se généralisent. Tandis que l’Arabie Saoudite connaissait un pique de 81°C en 2003, l’Iran affichait 74°C en 2015. Face à la hausse des températures, l’Australie a ajouté deux couleurs mauves supplémentaires pour mesurer les températures supérieures à 50°C.

La fréquence et la puissance des cyclones et des ouragans de catégorie 5, qui sont particulièrement destructeurs, ont considérablement augmenté. Tandis qu’entre 1955 et 1999, il y en avait eu 13, entre 2000 et 2015, il y en a eu 26. Les rafales des ouragans Ivan (2004) et Patricia (2015) et du cyclone Monica (2006) étaient supérieures à 300 km/h. Aux États-Unis, la fréquence et l’intensité des tornades n’ont pas cessé d’augmenter. Tandis que de 1950 à 1980, le nombre de tornades est passé en moyenne de 200 à 800 par an, de 1980 à 2013, il est passé de 800 à 1400. Le 27 avril 2011, plus de 164 tornades ont été enregistrées. Le 7 mai 2015, 29 tornades ont ravagé le Kansas, le Nebraska, le Texas et l’Oklahoma. Celles de catégorie F4 (330 à 420 km/h) et F5 (420 à 510 km/h), qui sont particulièrement destructrices, ont également augmenté. Le 31 mai 2013, l’Oklahoma a connu l’une des plus grandes tornades de catégorie F5 (4,2 km de diamètre et vitesse du vent au centre 475 km/h).

Si rien n’est fait pour inverser le processus du réchauffement climatique, les conséquences humaines et matérielles de ces phénomènes météorologiques extrêmes vont s’amplifier. Des études menées par le gouvernement britannique et une société de réassurance, qui ne sont pas écologistes, confirment les dangers et les coûts du réchauffement climatique à moyen et long terme. Le gouvernement britannique a présenté le 30 octobre 2006 le rapport Stern, qui évaluait le coût financier des catastrophes climatiques à venir à plus de 5 500 milliards $.

Une société munichoise de réassurance a chiffré les conséquences financières des catastrophes écologiques et climatiques à venir. Les pertes engendrées par l’augmentation du nombre de cyclones tropicaux et d’ouragan, l’élévation du niveau des mers et les dégâts causés à l’agriculture pourraient atteindre plus de 300 milliards $ par an. Chaque année, pour faire face à la sécheresse, le secteur de l’eau serait confronté à un surcoût chiffré entre 47 et 250 milliards $. À cause des sécheresses, des inondations et des incendies, les secteurs de l’agriculture et de la gestion des forêts pourraient perdre 41 milliards $ par an. Les ouvrages de protection contre les inondations des quartiers résidentiels, des usines et des centrales thermiques et nucléaires pourraient représenter chaque année 1 milliard de $. La perte de l’écosystème (zone de mangroves, récifs coralliens et lagunes littorales) se monterait à plus de 70 milliards $ en 2050.

Au début du 21e siècle, si aucune mesure sérieuse n’est prise, le développement économique des pays industrialisés et émergents (Chine, Inde, Brésil, etc.) ainsi que le mode de vie matérialiste des populations de ces pays provoqueront une hausse de la température du climat, dont les conséquences seront irréversibles. Le réchauffement du climat de l’hémisphère Nord, qui apparaît pour certains comme un bienfait : un climat plus doux en Hivers et l’ouverture de la route maritime entre l’Asie et l’Europe par le pole Nord, risque d’être de courte durée. En effet, la fonte des glaces de l’hémisphère Nord et l’augmentation des précipitations risquent de provoquer le ralentissement, voire l’arrêt du Golf Stream qui permet à l’Amérique et à l’Europe du Nord de bénéficier d’un climat tempéré en Hiver. Se phénomène météorologique, qui s’est déjà produit au 14e siècle, a provoqué une baisse progressive de la température moyenne et donc, un mini âge glacier. Si à court terme, cette catastrophe peut apparaître comme une opportunité de croissance pour les entreprises[6], à moyen et long terme, le réchauffement du climat risque de menacer la survie de l’humanité. Étant donné que c’est l’activité humaine et donc, le développement économique qui est responsable de la hausse des températures, la relance de croissance du PIB n’apparaît pas comme une solution envisageable pour en finir avec le chômage.

Après avoir montré que le climat n’était pas compatible avec la croissance, il est nécessaire de se demander si les stocks de matières premières peuvent soutenir un taux de 27,5 %.

La croissance du PIB épuiserait-elle les stocks de matières premières ?

Pour qu’un taux de croissance de 5,5 % par an pendant 5 ans soit envisageable, il ne doit pas menacer le développement économique à moyen et long terme. Étant donné qu’il est dépendant des stocks d’énergies fossiles (pétrole, gaz naturel et charbon) et de minerais (fer, plomb, cobalt, etc.), avant de proposer cette solution, il apparaît pertinent d’évaluer les stocks de matières premières.

  • Quel est l’état des stocks d’énergie fossile ?

La croissance du PIB est dépendante, à plus de 80 %, des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon). Afin d’évaluer si une croissance de 5,5 % par ans pendant 5 ans est envisageable, il est nécessaire d’évaluer l’état des stocks.

Le graphique ci-dessous présente l’évaluation des stocks d’énergies fossiles en année en fonction d’une croissance mondiale nulle ou de 3 % par an[7].

Évaluation des stocks en fonction d’une croissance nul ou de 3 % par an

Stock d'énergie fossile

Étant donné que les énergies fossiles ne sont pas renouvelables, les stocks évoluent au rythme de la consommation et donc, de la croissance du PIB. En fonction d’une croissance annuelle du PIB mondial nul ou de 3 %, les stocks de charbon sont estimés entre 113 et 49 ans, ceux du gaz naturel entre 59 et 34 ans et ceux du pétrole entre 50 et 31 ans. Les ressources énergétiques étant limitées, en fonction du taux de croissance, ceux du pétrole et du gaz seront donc épuisés entre 2040 et 2060 et ceux du charbon entre 2060 et 2110.

Le pétrole étant la matière première de base du carburant, du plastique, des fibres textiles, des engrais et des pesticides, il est une ressource stratégique indispensable au développement économique. Le gaz naturel étant utilisé pour se chauffer et produire de l’électricité et des engrais, il est également une ressource stratégique. Les graphiques ci-dessous présentent les réserves de pétrole et de gaz naturel mondial de 2015 en % et en année d’exploitation[8].

Réserves de pétrole et de gaz naturel exprimées en % et en année en 2015

                Réserves de pétrole                                      Réserves de gaz naturel

Réserve de pétrole et de gaz naturel

-Sources : BP statistical Review of World Energy june 2016

En 2015, à eux dix, le Venezuela, l’Arabie Saoudite, le Canada, l’Iran, l’Irak, la Russie, le Koweït, les Émirats Arabes Unis (EAU), les États-Unis et la Libye détiennent plus de 85 % des réserves de pétrole mondiales. Depuis qu’elle exploite ses sables bitumineux, avec ses 10,1 % de réserves et ses 108 années de stocks, le Canada apparaît comme le 3e pays qui détient le plus de pétrole. Ce n’est pas les réserves, mais le rythme de leur exploitation qui détermine le nombre d’années de stock. Détenant 2,8 % des réserves mondiales, au rythme de son exploitation actuelle, qui est de 432 mille barils par jour, la Libye détient 307 années de stocks. Même si elle détient 15,7 % des réserves, étant donné que son exploitation est de 2,35 millions de barils par jour, l’Arabie Saoudite ne détient que 61 années de stock. Au rythme actuel de la production, c’est-à-dire de 91,7 millions de barils par jour, les rares pays qui disposeront encore de réserves de pétrole après 2080 seront l’Iran, l’Irak, le Venezuela, le Koweït, la Libye et le Canada.

À eux sept, l’Arabie Saoudite, l’Iran, la Russie, les EAU, le Qatar, les États-Unis et le Turkménistan détiennent plus de 71 % des réserves de gaz naturel mondiales. Détenant 9,4 % des réserves, au rythme de son exploitation actuelle, qui est de 72,4 milles m3 par jour, le Turkménistan détient 241 années de stocks. Même si elle détient 17,3 % des réserves mondiales, étant donné que son exploitation est de 573,3 milles m3 par jour, la Russie n’en détient que 56,3. Au rythme actuel de la production, c’est à dire 3,53 millions de m3 par jour, les rares pays qui disposeront encore de réserves après 2100 sont l’Iran, l’Irak, les EAU, le Turkménistan et le Qatar.

À court terme, si la consommation de pétrole et de gaz naturel ne se réduit pas, les stocks, dont dépendent le développement économique, la production d’électricité et la capacité de certains pays à se chauffer, seront épuisés. Avant de proposer de réduire la consommation, il est nécessaire d’identifier ceux qui en consomment le plus.

Le graphique ci-dessous présente la consommation d’énergie par pays et par habitant.

Part consommation d’énergie totale en % et par habitant en TEP/hab

              Consommation en 1997                                 Consommation en 2013

Consommation énergie par habitant 2016

-Source : Banque mondiale (consulté le 21 octobre 2016), Indicateurs du développement dans le monde, [En ligne]. Adresse URL : http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/EN.ATM.CO2E.PC

-Source : La banque mondiale, (le 31 octobre 2016), consommation d’énergie par habitant, [En ligne]. Adresse URL : https://www.google.fr/publicdata/explore?ds=d5bncppjof8f9_&met_y=eg_use_pcap_kg_oe&idim=country:LUX:NLD:CHE&hl=fr&dl=fr#!ctype=l&strail=false&bcs=d&nselm=h&met_y=eg_use_pcap_kg_oe&scale_y=lin&ind_y=false&rdim=country&idim=country:CAN&ifdim=country&hl=fr&dl=fr&ind=false

Ce graphique montre qu’en 2013, les États-Unis, les pays du G7, la Chine, la Russie, l’Inde et le Brésil consomment 76,3 % des ressources énergétiques mondiales. À eux deux les États-Unis et la Chine en consomment 38,3 %. De 1997 à 2013, tandis que la consommation des pays du G7, hors États-Unis, diminuait de 10,2 %, celle de la Chine, de l’Inde, du Brésil, de la Russie et des autres pays augmentait de 181%, de 94,7 %, de 64,7 %, de 21,4 % et de 46,2 %. La consommation mondiale ayant augmenté de 42,6 %, la faible baisse de la consommation des pays industrialisés a très largement été compensée par celle des pays émergents.

Même si en 2013 le Luxembourg et le Qatar ne représentent que 0,33 % de la consommation mondiale, par habitant, ils en consommaient respectivement 7,3 et 19,1 TEP/hab. De 1997 à 2013, tandis que la consommation par habitant du Qatar diminuait de 0,7 %, sa consommation augmentait de 308 %. Cette baisse n’est donc pas due à une réduction de sa consommation, mais à l’augmentation de sa population de 298 %. Si sa population n’avait pas augmenté, elle aurait consommé 78,6 TEP/hab.

Les stocks de pétrole et de gaz naturel étant limités, pour qu’ils ne s’épuisent pas à court terme, il est donc nécessaire que les États-Unis, les pays du G7, la Chine, l’Inde, le Brésil, le Qatar, les pays du Golf et le Luxembourg réduisent de manière significative leur consommation. S’ils ne la réduisent pas, le modèle économique actuel, qui repose sur une énergie à bas prix, s’effondrera. Pour produire de l’électricité et des carburants et se chauffer, il sera donc nécessaire de remplacer le pétrole et le gaz naturel par des énergies renouvelables (solaire, éolien, hydroélectrique, géothermie, biocarburant, algue, etc.) et de favoriser les nouvelles technologies (pile à combustible, cogénération, stockage de l’électricité, énergie libre, fusion nucléaire, etc.). En ce que concerne la production de plastiques, de fibres textiles, d’engrais et de pesticides, il sera nécessaire d’innover pour remplacer le pétrole à moindre coût.

Les stocks de pétrole et de gaz naturel étant limités et concentrés dans certains pays, ceux qui en détiennent disposent d’une manne financière qui leur procure une autonomie économique et politique. Cette manne financière peut servir les intérêts d’une classe dirigeante (Arabie Saoudite, Qatar, Koweït, EAU, etc.), qui souvent collabore avec des compagnies pétrolières (Shell, Exxon Mobile, BP, Total, etc.), ou être mise au service du développement du pays et du bien-être de sa population. Allant à l’encontre des intérêts des compagnies pétrolières et des banques, la seconde solution conduit souvent à un coup d’État (Mossadegh en Iran 1953) ou à une guerre civile (Kadhafi en Libye 2011). Après son élection, Mossadegh souhaitait nationaliser l’industrie pétrolière pour financer des réformes au profit du peuple (sécurité sociale, contrôle des loyers, réformes agraires, etc.). Le 19 août 1953, la CIA a organisé un coup d’État (opération Ajax)[9] pour le remplacer par le régime autoritaire du Shah d’Iran qui était favorable aux intérêts de l’industrie pétrolière. Mossadegh n’a donc pas été renversé pour préserver les droits de l’homme et la démocratie, mais pour servir des intérêts économiques.

La compétition pour le contrôle des stocks et l’approvisionnement du pétrole et du gaz naturel risque de provoquer des tensions politiques majeures entre les grandes puissances (États-Unis, Europe, Russie et Chine). Que ce soit, d’une part, la guerre en Afghanistan, en Irak et en Syrie, et d’autre part, les tensions politiques qui opposent les États-Unis à l’Iran, ainsi que celles qui opposent les États-Unis et l’Europe à la Russie au sujet de l’Ukraine et de la Syrie, elles ont toutes en commun un enjeu pétrolier ou gazier. Toutes ces guerres et tensions politiques, qui sont menées au nom de Dieu, de la liberté ou de la lutte contre le terrorisme, ont en commun le contrôle de réserves de pétroles, d’un pipeline ou d’un gazoduc, la construction d’un pipeline ou le contrat de construction d’un gazoduc. Ce n’est donc pas la volonté du peuple syrien de se libérer du régime « tyrannique » de Bachar El-Assad qui est la cause de la guerre en Syrie, mais la signature d’un contrat pour la construction d’un gazoduc qui approvisionnera l’Europe en partenariat avec le Qatar ou l’Iran[10]. Étant donné que Bachar El-Assad a choisi l’Iran, le Qatar, dont les alliés sont les États-Unis et l’Europe, tente de le renverser pour le remplacer par un gouvernement favorable à ses intérêts. Ces conflits et ces tensions politiques majeurs, qui sont menés pour préserver notre mode de vie, nos emplois et la croissance, n’offrent pas de perspectives réjouissantes à court, moyen et long terme. Ils mettent en évidence que la croissance du PIB n’est pas la meilleure solution pour préserver la paix et donc, notre qualité de vie.

  • Quel est l’état des stocks de minerais ?

La croissance du PIB n’est pas dépendante que des énergies fossiles. Elle dépend aussi de l’exploitation et de la transformation de minerais, dont les stocks sont également limités. Le graphique ci-dessous présente les stocks de minerais en année en fonction d’un taux de croissance mondial nul ou de 3 % par an[11].

Stocks de minerais en années en fonction d’une croissance nulle ou de 3 % par an

Stocks matières premières

En fonction d’une croissance annuelle du PIB mondial nul ou de 3 %, les stocks de Platine et d’aluminium seront épuisés entre 2075 et 2180, ceux du cobalt et du fer entre 2055 et 2092, ceux du zinc entre 2048 ou 2073, ceux du nickel et du cuivre entre 2043 et 2059 et ceux de l’argent, du plomb, de l’étain et de l’or entre 2030 et 2035. Ces stocks étant limités, si l’exploitation de ces minerais, qui sont indispensables aux secteurs industriels (électronique, informatique, construction, sidérurgie, automobile, aéronautique, mécanique, nucléaire, transport, etc.), n’est pas contrôlée, raisonnée et limitée à un usage réellement utile et stratégique à long terme, à court et moyen terme, ils seront épuisés. L’industrie étant fortement dépendante de ces minerais, sous l’effet de la loi du marché, dits « de l’offre et de la demande » la rareté provoquera, à terme, une hausse des prix. La hausse des prix des minerais provoquera une crise économique, politique et sociale majeure, qui sera irréversible. Ces crises provoqueront des conflits politiques majeurs qui menaceront la qualité de vie et la survie des générations présente et à venir.

Aux stocks de minerais traditionnels, il faut ajouter certains minerais stratégiques encore plus rares (coltan, indium, gallium, titan, niobium, tantale, germanium, terres rares, etc.), qui interviennent dans la production de matériels de haute technologie (téléphone portable, informatique, robotique, satellite, armement, nucléaire, etc.). Le contrôle des territoires dont sont extraits ces minerais est déjà la cause de tensions politiques, de conflits et de guerres. Le contrôle des zones d’extraction du Coltan, qui est utilisé dans les téléphones portables, est à l’origine de conflits armés qui touchent la République démocratique du Congo. Plus de 90 % des terres rares, qui sont utilisés dans l’industrie de haute technologie, sont produits en Chine. Étant donné que la Chine souhaite développer une industrie de haute technologie, elle limite ses exportations avec l’Europe, le Japon et les États-Unis. Ces restrictions commerciales sont déjà à l’origine de tensions commerciales et politiques majeures.

Étant donné que les stocks de matières premières ne se reconstitueront pas en une ou plusieurs générations, en moins de 200 ans, le développement économique aura épuisé les stocks que la planète a mis des millions d’années à produire. Pour le dire autrement, à moyen terme, les ressources dont dépend l’industrie et le développement économique et donc, la croissance du PIB auront disparu. S’il n’y a plus de pétrole et de minerais, il n’y aura plus de développement économique, plus de croissance et donc, plus d’espoir de sortir de la crise économique, politique et sociale. Non seulement il n’y aura plus de croissance, mais il n’y aura plus non plus d’alternative à l’épuisement des réserves de pétrole et de gaz. En effet, ceux qui affirment que les innovations techniques permettront de trouver des solutions alternatives oublient que la production d’éoliennes ou de panneaux photovoltaïques nécessite l’usage de matière première et de terres rares. Si les stocks sont épuisés, ils auront beau disposer de technologies innovantes, ils n’auront plus les moyens de les produire en grande quantité.

Les stocks d’énergie fossile et de minerais étant limités, le choix de soutenir un taux de croissance du PIB de 5,5 % par an pendant 5 ans pour en finir avec le chômage n’est donc pas viable à moyen et long terme d’un point de vue économique. En effet, afin de préserver ces stocks à long terme, il apparaît indispensable de ne pas les gaspiller, d’en limiter l’usage et de planifier la production des biens et de services réellement utiles et stratégiques. Étant donné que la relance de la croissance du PIB nécessite d’encourager la consommation ostentatoire des ménages et de l’État (sécurité, armement, etc.), elle n’est donc pas envisageable.

Il n’y a pas que le contrôle des matières premières qui peut être à l’origine de tensions et de conflits. En effet, le contrôle de ressources naturelles et biologiques, tel que l’eau, les forêts, les terres arables, etc., peut également en être la cause. Il est donc est nécessaire d’aborder l’impact de la croissance du PIB sur ces ressources.

La croissance du PIB épuiserait-elle les ressources naturelles ?

Les ressources naturelles (eau, air et sol) étant les supports de la vie et de la reproduction des ressources biologiques, ils sont indispensables à la survie de l’espèce humaine. Pour que la croissance du PIB soit envisageable, elle ne doit pas épuiser les stocks de ressources naturelles de la planète. Contrairement aux matières premières, ce ne sont pas les stocks qui sont menacés, mais leurs qualités qui se dégradent à cause de la pollution, des rejets et des déchets.

  • Quelles sont les conséquences de la pollution de l’air ?

La survie et le développement des espèces vivantes et donc, de l’Homme dépendent de la respiration d’un air chargé en oxygène. L’air que nous respirons au quotidien est composé d’oxygène et d’autres particules plus ou moins nocives pour la santé. L’activité industrielle, les transports, l’agriculture et le chauffage résidentiel rejettent du monoxyde de carbone (CO), de l’oxyde de soufre (SO2), de l’oxyde d’azote (NO2) et d’autres particules fines (PM2,5, PM1,0 et carbone suie). Ces rejets, qui contribuent à détériorer la qualité de l’air, ont un point en commun, ils sont dangereux pour la santé. L’augmentation des affections bénignes (fatigue, nausées, irritation des yeux et de la peau) et des maladies graves (asthme, allergies, cancers, maladies cardio-vasculaires, etc.) dues à la pollution de l’air sont les signes de sa dégradation. Un rapport de l’OMS datant de l’année 2000 montrait que l’exposition permanente aux particules fines provoquait chaque année environ 350 mille décès prématurés en Europe, dont 42 mille en France[12].

De 1973 à 2013, les rejets de CO de la France ont diminué de 71 %, ceux de SO2 de 94 % et ceux de NO2 de 45,4 %. En ce qui concerne les particules fines, de 1991 à 2013, les rejets de PM2,5 ont diminué de 59,5 %, ceux de PM1,0 de 64,9 % et ceux de carbone suie de 50,6 %[13]. Même si ces rejets ont diminué sur l’ensemble du territoire national, ils sont toujours élevés à proximité des zones de circulation routière. Le parc automobile français de 2013 étant composé à 63,8 % de véhicules diesels, plus de 80 % du carbone suie mesuré à proximité du boulevard périphérique parisien provient, pour l’essentiel, de la combustion de ces véhicules (camions et voitures)[14].

Même si les réglementations et les mesures prises (favoriser le vélo en ville, limiter la circulation, réduire la vitesse, filtres pour les usines et les véhicules diesels, etc.) ont permis de réduire ces rejets sur l’ensemble du territoire, ils sont toujours élevés et la pollution de l’air est l’une des principales préoccupations des grandes agglomérations urbaines.

Le graphique ci-dessous présente la qualité de l’air en nombre de jours de la région parisienne en fonction des zones de fort ou de faible trafic routier en 2012.

Qualité de l’air en région parisienne dans les zones à fort ou à faible trafic routier

Qualité de l'air

-Source : Airparif, qualité de l’air en Ile de France en 2012, mars 2013.

Ce graphique, qui concerne la région parisienne, met en évidence que la qualité de l’air dépend de la zone d’habitation : zone à fort ou à faible trafic routier. En 2012, les populations situées dans les zones de faible trafic (zone rurale, forêt de Fontainebleau et de Rambouillet, Fréminville, Bois-Herpin, etc.) bénéficiaient d’un air de bonne qualité 236 jours, de qualité moyenne 108 jours et de mauvaise qualité 21 jours par an. En revanche, celles situées dans les zones à fort trafic routier (boulevard périphérique, autoroute A1 au niveau de St Denis, RN2 Pantin, Avenue des champs Élysée, Paris Centre, RN6 Melun, etc.) étaient exposées à un air de qualité moyenne 211 jours et de mauvaise, voir de très mauvaise qualité 150 jours par an.


Bilan 2015 airparif par les-crises

Tandis que les limites à ne pas dépasser pour préserver sa santé sont de 40 μg/m3 annuelles et de 18 fois 200 μg/m3 journalières, le rapport de Airparif de 2013[15] montrait que plus de 3 millions de Franciliens sont régulièrement exposés à des valeurs de NO2 qui atteignaient 40 μg/m3. À cause des particules fines rejetaient par les véhicules diesels, 11,7 millions de Parisiens[16] sont confrontés à des teneurs en particules fines PM2,5 de 30 μg/m3, voire parfois de 50 μg/m3. Ces teneurs sont largement supérieures à la limite annuelle à ne pas dépasser pour préserver sa santé qui est de 27 μg/m3. Ce qui est vrai pour les zones à fort trafic routier de la région parisienne l’est également pour les grandes agglomérations françaises (Lyon, Marseille, Lille, Nantes, Nice, etc.) et étrangères.

Étant donné que les rejets augmentent au rythme du développement économique, si ce processus se poursuit, l’oxygène de l’air, qui répond à un besoin vital, sera progressivement remplacé par des particules nocives pour la santé. La pollution de l’air étant étroitement liée à l’activité économique et donc, à la croissance du PIB, pour préserver la santé et la qualité de vie, sa relance ne semble pas une solution pertinente et envisageable.

  • Quelles sont les conséquences de la pollution des sols ?

Épaisse de 30 cm en moyenne, la couche de terre qui recouvre les sols abrite d’intenses échanges biologiques et physico-chimiques. Elle fournit les éléments indispensables à la croissance des végétaux, filtre l’eau, contrôle l’alimentation des nappes phréatiques, régule le cycle du carbone et de l’azote et constitue l’habitat de près de 80 % de la biomasse. L’agriculture, dont l’homme dépend pour son alimentation, nécessite l’exploitation de terres arables, c’est-à-dire de terres pouvant être labourées et cultivées. Dans un rapport de décembre 2015, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) affirmait qu’un tiers des terres arables de la planète étaient menacées de disparaître[17]. La disparition de la biodiversité, de mauvaises pratiques agricoles, l’urbanisation et le réchauffement climatique provoquent l’appauvrissement, l’érosion, le tassement, l’acidification, la pollution et la salinisation des sols. À cause de l’épuisement des sols, 33 millions d’hectares de terres sont détruits chaque année au niveau mondial. Ce rythme est désormais supérieur à celui de la pédogenèse, c’est-à-dire celui de la régénération et de la formation des sols.

L’exploitation intensive des sols, la monoculture (blé, soja, betterave, maïs, colza, etc.), qui est pour l’essentiel destinée à nourrir le bétail, les cultures inadaptées aux écosystèmes et aux climats locaux et l’usage intensif d’engrais chimique azoté et de pesticides accélèrent l’épuisement et la dégradation des terres. En perturbant la vie souterraine et les échanges biochimiques, les labours profonds réduisent la fertilité des sols. En appauvrissant la teneur en nutriment, en humus et en matières organiques, qui constituent l’engrais naturel des plantes, la surexploitation agricole les appauvrit et les épuise également. À cause de la surexploitation, 40 % des surfaces agricoles françaises présentent des risques d’épuisement irréversibles. La baisse des rendements provoquée par l’épuisement des sols nécessite un usage croissant d’engrais chimique. Le graphique ci-dessous présente l’évolution des quantités d’azote vendues ramenées à la surface fertilisable[18].

Évolution des quantités d’azote vendues par surface fertilisable.

Consommation d'engrais de 1973 à 2012

De 1974 à 2013, à cause de la baisse des rendements agricoles provoquée par l’exploitation intensive, la quantité d’azote vendu par hectare a augmenté de 45 %. Malgré l’usage intensif d’engrais chimique, la baisse de la productivité des sols ne s’inverse pas. À l’échelle mondiale, les rendements agricoles ont augmenté de 3 % de 1950 à 1984 et de 1 % de 1984 à 1995. Depuis, ils ont stagné ou se sont réduits. Dans certaines régions du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, le rendement des zones d’exploitation intensives est passé de 5 à 0,5 tonne à l’hectare. La chute des rendements provoquera à terme la hausse des prix des produits alimentaires ainsi que des famines.

Actuellement, 70 % des terres agricoles produisent du colza, du soja, du blé, du maïs, de l’avoine, etc., destinés à nourrir du bétail[19]. Ces matières premières agricoles étant cotées en bourse, ce marché très spéculatif contribue à générer des profits. Pour que la sécurité alimentaire ne soit pas compromise par l’élevage intensif et la spéculation, il est nécessaire de changer les habitudes alimentaires et de favoriser un modèle vivrier. En encourageant la consommation de protéines végétales (lentille, haricot, quinoa, spiruline, etc.), il sera possible de réduire la taille des troupeaux et donc, la surface des terres destinées à nourrir le bétail. En favorisant l’agriculture biologique et maraîchère, ainsi que la culture de plantes légumineuses et en réhabilitant les semis directs, les haies, l’assolement, la rotation des cultures et les jachères, il sera possible d’assurer la sécurité alimentaire en respectant l’activité biologique et microbienne des sols. Avec les récoltes issues de l’agriculture biologique et maraîchère, la terre retrouvera sa fonction nourricière.

  • Quelles sont les conséquences de la pollution de l’eau ?

Les stocks d’eau de la planète sont estimés à 1,39 milliard de km3 (1 km3 = 1 milliard de m3). Tandis que 97,6 % des stocks sont situés dans les océans, 2,4 % sont situés dans les calottes glaciaires, les eaux souterraines, l’eau douce superficielle et la vapeur d’eau atmosphérique. Pour se développer, les espèces vivantes, l’Homme, l’agriculture et l’industrie ont besoin d’une eau douce et potable, c’est à dire, qui ne soit pas salée et polluée. Étant donné que les eaux souterraines abritent 0,54 % des stocks, 98 % des eaux utiles à l’irrigation des terres agricoles, à l’usage industriel et à la consommation domestique ne représentent que 7,5 millions de km3.

Un rapport du Sénat datant de juin 2016 « Eau : Urgence déclarée » fait apparaître que les stocks d’eau souterraine de la France[20] sont estimés à 2 000 km3, soit 2 000 milliards de m3. Les stocks d’eau utiles étant limités, il est nécessaire de les préserver. Avant de proposer des solutions pour les préserver, je propose d’identifier ceux qui en consomment le plus. Chaque année la France prélève entre 32 et 35 milliards de m3 d’eau pour assurer ses activités économiques et domestiques. Le graphique ci-dessous présente les consommations d’eau par secteur d’activité en 2015.

Consommation d’eau par secteur d’activité en 2015.

Prélévement d'eau par secteur d'activité

-Source : Sénat, (consulté le 24 novembre 2016), Eau : Urgence déclarée, rapport d’information n 616, déposé le 19 mai 2016, [En ligne]. Adresse URL : http://www.senat.fr/rap/r15-616/r15-616_mono.html.

Tandis que les usages domestiques représentent 24 % de la consommation d’eau, les usages à caractère économiques destinés à l’agriculture (48 %), à l’industrie (6 %) et au refroidissement des centrales nucléaires (22 %) consomment 76 % des 32 milliards de m3 d’eau utilisés par an. Étant utilisée à tous les stades de la production de métaux, de plastiques, du raffinage du pétrole, de la fabrication de papier, etc., l’eau est l’une des principales matières premières de l’industrie. En effet, la production d’un kilo d’acier nécessite entre 300 et 600 litres d’eau et celle d’un kilo de papier 500 litres. Les eaux rejetaient par l’industrie étant polluées, elles ne peuvent plus être utilisées pour l’agriculture, l’usage domestique et encore moins la consommation d’eau du robinet.

Étant donné que les plantes ont besoin d’eau pour se développer, l’agriculture en est le principal consommateur. La surexploitation de certaines régions agricoles, telle que l’Andalousie, menace les réserves d’eau qui y sont déjà limitées. Dans d’autres régions, ce n’est pas la quantité, mais la qualité qui est menacée. Étant donné que l’agriculture intensive utilise toujours plus d’engrais chimiques et de pesticides, elle pollue et détériore la qualité des nappes phréatiques. En Bretagne, à cause de l’agriculture et de l’élevage de porc intensif, l’eau du robinet n’est plus potable. Étant indispensable à l’agriculture, l’eau est une ressource stratégique dont le contrôle peut être une cause de tensions politiques et de conflits. Le territoire d’Israël étant en grande partie aride, l’eau est une ressource stratégique majeure. Le contrôle de la vallée du Jourdain et donc, de l’eau est l’une des causes du conflit qui oppose les Israéliens aux Palestiniens. La surexploitation, la sécheresse et la pollution des stocks utiles risquent de provoquer à terme une pénurie d’eau, dont les conséquences seront une hausse des prix de l’eau, une baisse des rendements agricoles et donc, une augmentation des famines, des émeutes et des guerres. Afin de limiter son gaspillage, le ministère de l’Écologie finance des campagnes à destination des ménages. Étant donné que c’est l’agriculture qui en consomme le plus, c’est à ce secteur que l’État devrait s’adresser.

L’agriculture étant le plus gros consommateur d’eau, avant de proposer des solutions pour la réduire, il est nécessaire d’identifier les secteurs agricoles qui en consomment le plus. Le graphique ci-dessous présente le nombre de litres d’eau nécessaire pour produire un kilogramme de nourriture.

Litre d’eau nécessaire pour produire un kilogramme de nourriture

Consommation d'eau pour 1 kg de nourriture

– Source : Sénat, (consulté le 24 novembre 2016), Eau : Urgence déclarée, rapport d’information n 616, déposé le 19 mai 2016, [En ligne]. Adresse URL : http://www.senat.fr/rap/r15-616/r15-616_mono.html

– Source : FAO, (consulté le 24 novembre 2016), Chapitre trois – L’utilisation de l’eau en agriculture, [En ligne]. Adresse URL : http://www.fao.org/docrep/007/y4683f/y4683f07.htm

Ce graphique montre que la production d’un kilogramme de viande de bœuf, d’agneau et de volaille nécessite entre 6 000 et 13 500 litres d’eau, que celle d’un kilogramme de blé, de légumineuse (haricot, lentille, soja, poids, etc.), de pomme de terre et de maïs nécessite entre 500 et 1 000 litres et que celle d’un kilogramme de salades et de tomates nécessite entre 20 et 100 litres. Étant donné que c’est la production d’un kilogramme de viande qui consomme le plus d’eau, si les Occidentaux assuraient leurs apports quotidiens de protéines avec des protéines végétales issues d’une alimentation à base d’haricot, de lentille, de soja et de quinoa, il serait possible de réduire considérablement la consommation d’eau. La baisse de la consommation de viande provoquera la réduction de la taille des exploitations et donc, du nombre de bêtes. Étant donné qu’il y aura moins de bêtes à nourrir, il sera possible, d’une part, de réduire les surfaces agricoles, d’en finir avec la surexploitation des sols et la destruction des forêts, et, d’autre part, de réduire la consommation d’eau et les rejets de méthane (gaz à effet de serre) provoqués par la flatulence des animaux. En préservant les sols et les stocks d’eaux utiles, l’agriculture biologique et maraîchère assurera une qualité de vie à l’ensemble de la population à moyen et long terme.

En revanche, au nom du profit et de la croissance à court terme, l’agriculture et l’élevage intensifs qui sont étroitement liés à l’industrie agroalimentaire et qui nécessitent de grandes exploitations, l’usage intensif d’eau, de pesticides et d’engrais chimiques, menacent les conditions de la vie. N’étant pas viable à moyen et long terme, la relance de la croissance du PIB ne peut donc pas être la solution pour créer des emplois.

  • Quelles sont les conséquences de la pollution et des déchets ?

Chaque jour, les ménages et les entreprises rejettent des milliers de tonnes de déchets domestiques et industriels. En 2012, tandis qu’un ménage français rejetait en moyenne 521 kg/hab de déchets domestiques, un ménage américain en rejetait 725 kg/hab, soit 39 % de plus[21]. Le graphique ci-dessous présente la croissance des déchets domestiques par types et en kilogramme par habitant à Paris de 1940 à 2004.

Croissance des déchets domestiques à Paris de 1940 à 2004 par types et en kg/hab

Déchets domestiques

-Source : Preisser Pierre et Haddag Lyes, (consulté le 30 novembre 2016), Expliquer la production de déchets ménagers parisiens sur la période 1949-2004, [En ligne]. Adresse URL : http://www.memoireonline.com/05/07/449/production-dechets-menagers-parisiens-1949-2004.html

Ce graphique montre que de 1940 à 2004, le kilogramme de déchets par habitant de la ville de Paris est passé de 239 à 566 kg/hab, soit une hausse de 137 %. Cette augmentation est en grande partie due à la hausse de la part de certains déchets qui ont suivi le rythme de l’ère du jetable et du gaspillage de la société de consommation. En effet, de 1950 à 2004, la part du papier, du carton, du verre, du plastique et du métal est passée de moins de 15 % à plus de 60 % des déchets. La multiplication des déchets domestiques est due à l’usage croissant de conserves et de canettes métalliques, ainsi que de bouteilles et de canettes en verre, à la généralisation de cartons et de papiers d’emballage, à l’augmentation de l’offre de produits alimentaires transformés, au conditionnement du lait et de l’eau dans des packs et des bouteilles en plastique et à la distribution croissante de prospectus dans les boites aux lettres. L’essor de la grande distribution, qui a favorisé l’usage de produits associés à des marques identifiables au détriment de produits en vrac, a également contribué à la croissance des emballages cartonnés.

Afin de réduire la production de déchets, le gouvernement met en place des politiques incitatives et des campagnes de sensibilisation destinées aux ménages. Au lieu de remettre en question la croissance du PIB et la société de consommation, il fait la promotion du tri sélectif et du recyclage. Même si les produits et les emballages sont censés être recyclés, seule une partie infime de ces déchets le sont réellement. Les meilleurs déchets étant ceux qui ne sont pas produits, pour en réduire l’accumulation il est donc nécessaire d’encourager un changement des habitudes de consommation. Par exemple, acheter des produits en vracs sans emballage, favoriser les circuits courts et la production locale et manger des produits frais plutôt que des produits transformés par l’industrie agroalimentaire. Étant donné que le gaspillage et la hausse des déchets domestiques sont favorables à la croissance du PIB et donc, à la création d’emplois, le gouvernement ne fait pas la promotion de ce modèle de consommation plus sobre et respectueux de l’environnement.

Il n’y a pas que les ménages qui rejettent des déchets. En 2012, l’ensemble de l’activité économique de la France rejetait 338 millions de tonnes de déchets, soit 5 161 kg/hab par habitant[22]. Le graphique ci-dessous présente la part de la production de déchets par secteur d’activité.

Part de la production de déchets par secteurs d’activités en France en 2012

Production de déchets par secteur d'activité

Ce graphique montre que ce ne sont pas les ménages (4 %), mais l’industrie (14 %), la construction et le BTP (33 %), ainsi que l’agriculture et l’élevage (49 %) qui rejettent 96 % des déchets. Les déchets de l’industrie sont composés d’une grande variété de produits chimiques, de substances toxiques et de métaux lourds (mercure, cadmium, etc.) qui polluent l’air, les sols, les fleuves, les cotes et les mers. Les forages pétroliers, le dégazage des bateaux et l’enfouissement de déchets toxiques, chimiques et radioactifs contribuent à détériorer l’état des océans. Les déchets liés à la construction et aux BTP sont composés à 72 % de déchets inertes (pavés, gravats, béton, carrelage, faïence, etc.), à 26 % de déchets non dangereux (métaux, bois non traités, papiers, cartons, isolants, etc.) et à 2 % de déchets dangereux pour l’environnement et la santé (peintures, goudrons, amiante, hydrocarbures, emballages souillés, terres polluées, etc.)[23]. Étant donné que 98 % de ces déchets sont recyclables, ils feront peut-être l’objet de revalorisation. En ce qui concerne les déchets dangereux, même si les entreprises qui les ont produits doivent les emballer et les étiqueter pour qu’ils ne nuisent pas à la santé et à l’environnement, au nom des profits et de la création d’emplois, ces déchets seront stockés à moindres frais. L’exemple des boues rouges de l’usine Alteo de Gardanne en est une parfaite illustration[24]. Depuis 1967, au nom de la préservation de l’emploi, les élus locaux et la préfecture de la région Provence-Alpe-Côte d’Azure (PACA) autorisent cette usine à rejeter des métaux lourds (arsenic, fer, mercure, silice, titane, etc.) dans la méditerranée, à quelques kilomètres des Calanques de Cassis, au détriment de la préservation de l’environnement écologique et des risques sanitaires pour la population.

Les déchets agricoles sont composés pour l’essentiel de biodéchets, ainsi que de cadavres d’animaux, de films plastiques usagés, d’emballages vides de produits phytosanitaires et de produits phytosanitaires non utilisés. Les biodéchets, qui correspondent aux déchets organiques issus des récoltes et aux déjections des animaux (fumiers, lisiers, etc.), dégradent et polluent l’état des sols, des nappes phréatiques et des cotes. En Bretagne, l’épandage de lisier issu de l’élevage intensif de porcs provoque l’augmentation des nitrates. Ces nitrates contribuent à la pollution des nappes phréatiques, à la prolifération d’algues toxiques et de végétaux aquatiques qui épuisent l’oxygène des mers. Tous ces rejets, qui dépassent les capacités d’absorption des sols, des fleuves et des océans, contribuent à l’épuisement et donc, de la disparition de la biodiversité.

La dégradation de la qualité de l’air, de l’eau et des sols est due aux rejets de déchets domestiques et industriels. Étant donné que ces rejets progressent au rythme de la croissance du PIB, la croissance a des conséquences néfastes pour la santé et la qualité de vie à court, moyen et long terme. Une fois de plus, la volonté de soutenir un taux de croissance du PIB de 5,5 % pendant 5 ans n’apparaît donc pas comme une solution envisageable pour en finir avec le chômage.

Non seulement la qualité de l’eau, de l’air et des sols est indispensable à la survie de l’espèce humaine, mais en plus, elle est nécessaire au renouvellement des ressources biologiques.

La croissance du PIB épuiserait-elle les ressources biologiques ?

Les ressources biologiques comprennent l’ensemble des espèces vivantes de la planète. Étant donné qu’elles peuvent se reproduire sur une ou plusieurs générations, à l’inverse des matières premières, les ressources biologiques sont renouvelables sous certaines conditions.

  • Quelles sont les conséquences de la déforestation ?

Les forêts, qui sont les principaux contributeurs à la biodiversité, ont de multiples fonctions qui contribuent à la qualité de vie et à la survie de l’humanité. En effet, elles permettent l’exploitation du bois, d’absorber le CO2 et de préserver la biodiversité. Le graphique ci-dessous présente l’évolution de la superficie des forêts mondiales de 2005 à 2010[25].

Évolution de la superficie des forêts mondiales de 2005 à 2010 en ha/an

Déforestation et reforestation de 2005 à 2010

Ce graphique présente l’état de la déforestation et de la reforestation au niveau mondial. En 2010, tandis que les surfaces forestières de l’hémisphère Sud se réduisaient, celles de l’hémisphère Nord augmentaient. Les principales régions et pays de l’hémisphère Sud concernés par une déforestation supérieure à 50 000 ha/an sont l’Amérique latine (Brésil, Venezuela, Bolivie, etc.) et l’Afrique (Nigeria, RD du Congo, Tanzanie, Zimbabwe, etc.), ainsi que l’Indonésie et l’Australie. Étant donné qu’elles abritent plus de 50 % des espèces végétales et animales, la surexploitation des forêts tropicales et primaires d’Afrique et d’Amérique latine accélère la disparition de la biodiversité. La déforestation est due à l’augmentation des incendies accidentels et criminels, à la surexploitation des bois tropicaux, à la production de papier et d’emballage en carton, ainsi qu’à la culture du soja pour nourrir le bétail et de colza pour produire des biocarburants. La déforestation de l’Indonésie est en partie due à des incendies criminels, dont le but est de provoquer le défrichement de zone pour planter des palmiers qui produiront de l’huile de palme.

En provoquant l’érosion des sols, des inondations et la désertification, la déforestation de l’hémisphère Sud entretient le cercle vicieux de la pauvreté et de la famine. Au rythme de la déforestation actuelle, en moins de 50 ans, un tiers de la surface forestière mondiale aura disparu. Comme les forêts absorbent le CO2, la déforestation et la disparition des forêts primaires provoqueront l’accélération de l’effet de serre et donc, du réchauffement climatique. En ce qui concerne les surfaces forestières de l’hémisphère nord, elles stagnent ou ne cessent d’augmenter dans certaines régions. Dans les pays industrialisés, ce n’est pas la surexploitation, mais l’augmentation des pluies acides provoquées par la pollution de l’air qui les menaces. La Chine, qui est le pays qui rejette le plus de CO2 et de produit toxique dans l’air, a mis en œuvre une politique de reforestation à partir de 1998 qui lui a permis de dépasser 500 000 ha/an en 2010. Ce n’est pas le respect de l’environnement qui a motivé la Chine à reboiser, mais de graves problèmes d’érosion des sols, d’inondations et de désertification. Qu’elle soit manufacturière ou agroalimentaire, la croissance de l’industrie nécessite toujours plus de bois, d’huile de palme, de soja, de colza, etc. Étant donné que la croissance du PIB accélère le processus de déforestation et ses conséquences sur le climat et l’environnement, elle ne peut pas être la solution pour créer des emplois.

Étant donné que les forêts abritent plus de 50 % des espèces végétales et animales, la déforestation provoque la disparition de la biodiversité.

  • Quelles sont les conséquences de la disparition de la biodiversité ?

La biodiversité est assurée par des millions d’espèces de plantes, de mammifères, de reptiles, d’oiseaux, de poissons, d’amphibiens, de mollusques, d’insectes et de crustacés. Étant donné que ces différentes espèces peuvent se reproduire sur une ou plusieurs générations, leurs stocks sont renouvelables. Ils sont renouvelables sous certaines conditions : si les stocks ne sont pas surexploités, si la diversité des espèces est favorisée, si le climat ne change pas brutalement, si la qualité des ressources naturelles n’est pas trop détériorée par la pollution et si les habitats naturels ne sont pas détruits. Le tableau ci-dessous présente l’estimation du nombre d’espèces menacées d’extinction au niveau mondial[26].

Estimation du nombre d’espèces menacées d’extinction au niveau mondial

Disparition des espèces

-Source : union internationale pour la conservation de la nature (UICN) Liste rouge de l’UICN des espèces menacées

Ce graphique, dont les données proviennent de la liste rouge de l’UICN de 2016, montre que 85 espèces de mammifères, 161 espèces d’oiseaux, 29 espèces de reptiles, 35 espèces d’amphibiens, 70 espèces de poissons, 397 espèces d’invertébrés (mollusques, crustacés et insectes) et 151 espèces de plantes inventoriées ont disparu au niveau mondial. L’accélération du rythme des extinctions n’est pas provoquée par des phénomènes naturels, mais par l’activité humaine. En effet, avant l’apparition de l’homme, le rythme était d’une espèce par million et par an. Depuis son apparition, ce rythme ne cesse de s’accélérer pour atteindre plus de cent, voire mille espèces par million et par an. Si rien n’est fait, des dizaines de milliers d’espèces risquent de disparaître d’ici 25 ans.

L’accélération de l’extinction des espèces est due à la surpopulation, à la surexploitation économique des forêts et des mers, au réchauffement du climat et à la pollution des ressources naturelles générée par la croissance du PIB. Étant donné qu’une grande partie de la biodiversité se développe sous les arbres, la déforestation massive apparaît comme l’une des principales causes de l’extinction des espèces. La surexploitation de la pêche et la pollution des côtes provoquent le ralentissement, voire l’arrêt de la reproduction et donc, la disparition de plus de 50% des espèces connues de poissons qui se reproduisent le long des cotes. À terme, si ce processus se poursuit, les réserves de poissons, dont dépend l’alimentation de millions d’être humain, risquent tout simplement de disparaître. En sélectionnant les espèces destinées à l’élevage et les plantes cultivées, l’industrie agroalimentaire contribue également à la disparition des espèces. En se limitant à 12 sortes de plantes et à 5 espèces d’animaux, l’agriculture et l’élevage intensif contribuent à la disparition de la biodiversité et à l’appauvrissement de notre alimentation. En 1999, la FAO a estimé que 75 % des espèces cultivées avaient disparu en un siècle.

Vouloir préserver l’environnement et la biodiversité ne relève pas de la lubie d’écologistes et d’amoureux de la nature. En effet, en polluant les ressources naturelles et en provoquant la disparition de la biodiversité, l’Homme contribue à sa propre extinction. Même si l’état des recherches actuelles ne permet pas d’en évaluer les conséquences, la disparition de la biodiversité aura des effets incalculables et irréversibles sur nos conditions de vie. Étant donné que la nature peut se passer de la présence de l’Homme, si à court et moyen terme, la surexploitation économique provoquait la disparition de l’espèce humaine, à long terme, la vie reprendra le dessus. Ce n’est donc pas la nature qui est concernée par la préservation de la biodiversité, mais l’espèce humaine. Au nom de sa qualité de vie et de sa survie, l’homme doit donc veiller à préserver son environnement naturel et à protéger la biodiversité.

  • La croissance du PIB menacerait-elle la biocapacité de la planète ?

La vie sera possible tant que la biocapacité de la planète ne sera pas épuisée. C’est à dire, tant que la nature sera capable d’absorber les conséquences de son exploitation. Étant donné que la consommation ostentatoire des ménages, l’industrialisation et l’agriculture intensive provoquent la désertification des sols, la rareté de l’eau, la disparition de la biodiversité, l’asphyxie de la planète et le réchauffement du climat, la croissance du PIB sera viable tant qu’elle ne dépassera pas les capacités d’absorption de la nature.

Trois indicateurs permettent de calculer l’impact de l’activité humaine sur l’environnement. La biocapacité mesure la capacité de l’écosystème à supporter durablement notre mode de vie. L’empreinte écologique mesure le nombre de planètes nécessaires pour assurer le mode de vie d’un individu, d’un pays et de la population mondiale. L’indicateur d’équivalent carbone permet de calculer la capacité d’absorption de carbone sans menacer la biocapacité de la planète. En combinant ces trois indicateurs, il est possible de matérialiser l’impact du développement économique et de notre mode de vie. Le graphique ci-dessous montre l’empreinte écologique et la biocapacité mondiale par région en 2008[27].

Empreinte écologique et biocapacité par région, en 2008

Empreinte écologique 2012

-Source : Rapport Planète Vivante 2012 de WWF

De 1961 à 2008, la biocapacité mondiale disponible par personne est passée de 3,2 à 1,8 hectare par habitant (hag/hab) et l’empreinte écologique de 0,6 à 2,7 hag/hab. Sur 47 ans, tandis que la biocapacité diminuait de 1,4 hag/hab, l’empreinte augmentait de 2,1 hag/hab. Désormais, chaque être humain ne dispose plus que de 1,8 hectare pour assurer sa survie. Si en 1961, il fallait 0,6 planète pour assurer la survie de l’humanité, en 2008 il en faut désormais 2,7. Le problème, c’est que nous n’en avons qu’une seule. Afin de la réduire, il apparaît nécessaire de commencer par identifier les régions du monde qui ont l’empreinte la plus élevée. En 2008, celles qui avaient la plus élevée étaient l’Amérique du Nord (7,1 hag/hab) et l’Union européenne (4,7 hag/hab). Avec 14,7 hag/hab, le Luxembourg, dont les principales activités économiques sont la finance et l’optimisation fiscale (LuxLeaks), détient l’empreinte la plus élevée au monde. Ces régions, qui comprennent 12,4 % de la population mondiale, ont donc déjà très largement dépassé les capacités d’absorption de leurs territoires. Si tous les habitants de la planète souhaitaient vivre comme un Européen ou un Américain du Nord, il faudrait plus de quatre, voire sept planètes pour assurer ce mode de vie matérialiste. S’ils souhaitaient tous vivre comme un Luxembourgeois, il en faudrait quatorze. Il apparaît donc évident que pour éviter une catastrophe écologique et climatique annoncée, ce sont les populations de ces régions du monde qui ont le devoir et la responsabilité de commencer par réduire considérablement leur empreinte écologique.

L’empreinte écologique de l’Asie Pacifique (Inde, Chine, Indonésie, etc.) et de l’Afrique, qui représentent à eux deux 69,8 % de la population mondiale, était de 1,6 et de 1,45 hag/hab. Si les deux régions les plus peuplées atteignaient la biocapacité de leur territoire, l’empreinte mondiale risquerait d’atteindre plus de trois planètes. En ce qui concerne les autres pays européens, l’Amérique Latine, le moyen Orient et l’Asie Centrale, qui comprennent 17,9 % de la population mondiale, ils ont désormais un déficit compris entre 0,7 et 2,2 hag/hab. Tandis qu’en 2003, ces régions du monde n’avaient pas encore dépassé leur biocapacité, en 2008, à cause de la surpopulation et du développement économique, elles les ont épuisées. Avec une empreinte écologique de 11,7 hag/hab, le pays du moyen Orient qui se distingue une fois de plus est le Qatar. Étant donné qu’il y a un lien étroit entre le développement économique et l’empreinte écologique, la croissance du PIB est responsable du dépassement de la biocapacité. Les capacités d’absorption de la planète étant limitées, la croissance illimitée du PIB accélère le réchauffement du climat et l’épuisement des ressources naturelles et biologiques. Pour le dire plus simplement, une croissance illimitée dans un monde limité n’est pas viable à moyen et long terme.

Le GIEC a calculé que la capacité d’absorption de l’écosystème de la planète était de 3 000 milliards de tonnes d’équivalents carbone par an. En fonction de la population mondiale, cet indice permet de calculer le nombre de kilogrammes de carbone qu’un individu peut consommer par an sans aggraver son impact sur l’environnement. Afin d’éviter les catastrophes climatiques et environnementales annoncées, il existe donc deux options : limiter la consommation d’équivalent carbone ou limiter la population mondiale. La première option consiste à limiter la consommation d’équivalent carbone de chaque habitant de la planète. Étant donné qu’en 2013, la population mondiale comprenait 7,1 milliards de personnes, pour ne pas dépasser 3 000 milliards de tonnes par an, le nombre de kilogrammes de carbone par habitant devra être limité à 420 kg. L’empreinte carbone des pays industrialisés étant comprise entre 2 000 et 4 400 kg, c’est aux populations de ces pays que reviendra le devoir et la responsabilité de tendre volontairement, et dans un délai très cours, vers un mode de vie plus sobre, tel que la simplicité volontaire ou la sobriété heureuse.

La seconde option consiste à limiter la population mondiale. Si le mode de vie matérialiste des pays occidentaux n’est toujours pas négociable et que la population mondiale souhaite consommer comme un Français, soit 2 000 kg/hab, il faudrait la limiter à 1,5 milliard d’habitants. Si, elle souhaitait consommer comme un Américain, soit 4 500 kg/hab, il faudrait la limiter à 666 millions. En fonction de ce choix, il sera nécessaire de commencer par supprimer très rapidement et d’un coup brutal un surplus compris entre 5,6 ou 6,5 milliards de personnes. Étant donné qu’aucun chef d’État ou être humain sain d’esprit n’aurait l’idée et la volonté d’exterminer plus de 5,5 milliards d’individus, cette option relève de la science-fiction ou de la théorie du complot. La disparition de plus de 5 milliards d’habitants, voire l’extinction de l’espèce humaine à moyen et long terme, ne proviendra donc pas d’une extermination brutale, mais d’une dégradation lente, progressive et douloureuse des conditions de vie et de la qualité de vie des générations présentes et à venir de l’ensemble de la planète. La détérioration progressive et continue concernera d’abord les populations les plus pauvres des pays émergents, pour s’étendre ensuite aux classes populaires et moyennes des pays industrialisés et en développement. Ce processus, qui est déjà en marche, ne fera que s’amplifier au rythme de la détérioration de la qualité de l’air, des sols et de l’eau et de l’amplification des phénomènes météorologiques extrêmes. Les guerres, pour le contrôle des matières premières, de l’eau, de terres arables encore cultivables et de zones géographiques viables d’un point de vue climatique, ne feront qu’accélérer ce processus.

Au terme de cette analyse, si le choix de soutenir un taux de croissance du PIB de 5,5 % par an pendant 5 ans était tout de même retenu pour créer des emplois, à court terme, il contribuera à gaspiller et à polluer les ressources naturelles dont dépend le développement économique et donc, la croissance à moyen et long terme. Étant donné que la croissance est responsable du réchauffement climatique, de l’épuisement des matières premières, de la dégradation des ressources naturelles et de la disparition de la biodiversité, ce choix, qui va à l’encontre de toutes les lois de la physique, de l’économie, de la raison et de la nature, n’a d’intérêt que pour quelques fanatiques et irresponsables économiques et politiques qui ne s’intéressent qu’à leur petit profit et pouvoir à court terme. Au lieu d’utiliser les gains de productivité pour innover et développer de nouveaux secteurs d’activités destinés à relancer l’activité économique et donc, la croissance, il est préférable de créer des emplois en réduisant le temps de travail. La réduction du temps de travail apparaît donc comme la seule solution envisageable pour, non seulement, en finir avec le chômage, mais en plus, favoriser un mode de vie plus sobre, désirable et respectueux de l’environnement qui permettra de préserver la qualité de vie et la survie des générations présente et à venir. Ce choix n’apparaît donc pas comme un choix économique, mais comme un choix de société dont dépend la survie de l’humanité.

Jean-Christophe Giuliani

Pour aborder les solutions qui permettront d’en finir avec le chômage, je vous invite à lire « En finir avec le chômage : un choix de société ! », sous un format Kindle ou papier, en cliquant sur le lien « En finir avec le chômage« .

Pour accéder aux pages suivantes :

– La croissance du PIB banaliserait-elle le mal ?

– La réduction du temps de travail peut-elle supprimer le chômage ?

 


[1] De 1000 à 1880, P.D. Jones & M.E. Mann (2004): « Climate over past millenia« . Reviews of Geophysics, 42, article number RG2002. De 1880 à 2005, P.D. Jones, D.E. Parker, T.J. Osborn & K.R. Briffa (2005), Trends : A Compendium of Data on Global Change, Carbon Dioxide Information Analysis Center, Oak Ridge National Laboratory, U.S. Department of Energy, Oak Ridge, Tenn., U.S.A.

[2] Jancovici Jean-Marc (consulté le 6 février 2011), Quels sont les gaz à effet de serre, [En ligne]. Adresse URL : http://www.manicore.com/documentation/serre/gaz.html

[3]Assemblée national (consulté le 25 octobre 2016), Rapport d’information n°2124, Préparation conférence de Copenhague, [En ligne]. Adresse URL : http://www.assemblee-nationale.fr/13/europe/rap-info/i2124.asp

[4] Banque mondiale (consulté le 21 octobre 2016), Indicateurs du développement dans le monde, [En ligne]. Adresse URL : http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/EN.ATM.CO2E.PC

[5] OCDE, (consulté le 21 octobre 2016) IEA CO2 Emissions from Fuel Combustion Statistics, [En ligne]. Adresse URL : http://www.oecd-ilibrary.org/energy/data/iea-co2-emissions-from-fuel-combustion-statistics_co2-data-en

[6] Klein Naomi, La stratégie du choc, la montée d’un capitalisme de désastre, Montréal, Leméac éditeur et, Arles, Actes sud, 2008.

[7] Energie et développement (consulté le 21 octobre 2016), Combien d’années de pétrole ? Et autres questions sur les stocks de ressources non-renouvelables, [En ligne]. Adresse URL : http://energie-developpement.blogspot.fr/2015/02/ressources-energie-mineral-annes-reserve.html

[8] BP, (consulté le 29 octobre 2016), BP statistical Review of World Energy june 2016, [En ligne]. Adresse URL : http://www.bp.com/content/dam/bp/pdf/energy-economics/statistical-review-2016/bp-statistical-review-of-world-energy-2016-full-report.pdf

[9] Wikipédia (consulté le 8 novembre 2016), Opération Ajax, [En ligne]. Adresse URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Ajax

[10] La Vie (consulté le 8 novembre 2016), 3 minutes pour comprendre : les enjeux énergétiques de la guerre en Syrie, [En ligne]. Adresse URL : http://www.lavie.fr/medias/webreportages/3-minutes-pour-comprendre-les-enjeux-energetiques-de-la-guerre-en-syrie-05-09-2013-43762_455.php

[11] Energie et développement (consulté le 21 octobre 2016), Combien d’années de pétrole ? Et autres questions sur les stocks de ressources non-renouvelables, [En ligne]. Adresse URL : http://energie-developpement.blogspot.fr/2015/02/ressources-energie-mineral-annes-reserve.html

[12] CITEPA, (consulté le 21 octobre 2016), Polluants atmosphériques et gaz à effet de serre, [En ligne]. Adresse URL http://www.citepa.org/fr/air-et-climat/polluants/poussieres-en-suspension.

[13] Ibid

[14] Airparif, (consulté le 9 novembre 2016), Le carbone suie : enjeu présent et futur, [En ligne]. Adresse URL http://www.airparif.asso.fr/actualite/detail/id/127

[15] Ibid

[16] Ibid

[17] FAO, (consulté le 10 novembre 2016), Les sols sont en danger, mais la dégradation n’est pas irréversible, [En ligne]. Adresse URL : http://www.fao.org/news/story/fr/item/357221/icode/

[18] Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, (consulté le 10 novembre 2016), L’utilisation des engrais azotés en France, [En ligne]. Adresse URL : http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lessentiel/ar/2396/0/lutilisation-engrais-azotes-france.html

[19] Viande.info, (consulté le 29 décembre 2016), Elevage et sous-alimentation, [En ligne]. Adresse URL : https://www.viande.info/elevage-viande-sous-alimentation

[20] Sénat, (consulté le 24 novembre 2016), Eau : Urgence déclarée, rapport d’information n 616, déposé le 19 mai 2016, [En ligne]. Adresse URL : http://www.senat.fr/rap/r15-616/r15-616_mono.html

[21] OCDE (consulté le 30 novembre 2016), Déchets municipaux Total, Milliers de tonnes, 1975 – 2014, [En ligne]. Adresse URL : https://data.oecd.org/fr/waste/dechets-municipaux.htm

[22] OCDE (consulté le 30 novembre 2016), Production de déchets par secteur, Milliers de tonnes, 1990 – 2012, [En ligne]. Adresse URL : http://www.oecd-ilibrary.org/environment/data/statistiques-de-l-ocde-sur-l-environnement/dechets-primaires-par-secteur_data-00674-fr

[23] FFB.com (consulté le 30 décembre 2016), Déchets de chantier, les réponses aux questions que vous vous posez, [En ligne]. Adresse URL : http://www.dechets-chantier.ffbatiment.fr/res/dechets_chantier/PDF/Dechets_QR_231014_V5protege.pdf

[24] Le Monde.fr (consulté le 30 décembre 2016), Boues rouges de Gardanne : quand l’Etat accorde des permis de polluer, [En ligne]. Adresse URL : http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/02/01/permis-de-polluer_4856881_3244.html

[25] WWF, (consulté le 29 décembre 2016), Zero déforestation, [En ligne]. Adresse URL : http://www.wwf.fr/_core/general.cfc?method=getOriginalImage&uImgID=%24%2A%22%5C%2D%22%40%20%20%0A

[26] UICN, (consulté le 30 décembre 2016), La Liste rouge mondiale des espèces menacées, [En ligne]. Adresse URL : http://cmsdocs.s3.amazonaws.com/summarystats/2016-3_Summary_Stats_Page_Documents/2016_3_RL_Stats_Table_3a.pdf

[27] WWF, (consulté le 30 décembre 2016), Rapport planète vivante 2012, [En ligne]. Adresse URL : http://www.wwf.fr/vous_informer/rapports_pdf_a_telecharger/planete_vivante/?1383/Rapport-Plante-Vivante-2012

2 réflexions au sujet de « La croissance du PIB menacerait-elle la survie de l’humanité ? »

  1. Les évaluations des disponibilités des stocks de pétrole et de minerais en nombre d’années ne sont pas fiables car ce sont des projections a progrés tecnique constant
    or il est probable que les progrés tecniques futurs permettront de découvrir de nouveaux gisements; On vient de le voir pour le pétrole dont le cours vient de s’effondrer de 60% alors que tous les experts prévoyaient une hausse continue du prix du baril du fait de l’accroissement de la demande. Personne n’avait prévu l’accroissement de l’offre due à la découverte de nouveaux gisements.

  2. En effet, ces projections se basent sur un progrès technique constant, mais aussi, et surtout, une croissance du PIB illimitée.

    En ce qui concerne la découverte de nouveau gisements de pétrole, il est important de distinguer les gisements qui sont faciles à exploiter de ceux qui nécessitent des coûts d’investissements importantes.

    Pour approfondir cette question, je vous invite à regarder le documentaire « Sans lendemain »

    https://www.youtube.com/watch?v=a0J2gj80EVI

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