La réduction du temps de travail peut-elle supprimer le chômage ?

« Le temps libre, déclare le premier ministre Pierre Mauroy en 1981, lors d’un voyage dans l’Hérault, c’est tout le temps dont on dispose après le travail. C’est le temps gagné, c’est le temps libéré. Je crois que nous sommes habitués, depuis des temps immémoriaux finalement, à travailler ; on a l’impression que la vie c’est le travail. Je ne propose pas du tout une vie où il n’y aurait pas de travail, loin de là. Mais je crois que nous allons vers des temps où il y aura le temps de travail, qui sera un temps fort, mais un temps plus court, et tout le reste sera du temps libre. » Pierre Mauroy[1].

« […] De partager le peu de travail qu’il restera à faire, entre autant de personnes qu’il est possible. Trois heures par jour, et une semaine de 15 heures constitueront une transition utile pour commencer. Car 3 heures de travail par jour suffiront encore amplement à satisfaire en nous le vieil Adam. » John Maynard Keynes[2]

« En réduisant leur temps de travail il risquait surtout d’échapper à l’emprise de la rationalité économique découvrant que plus ne vaut pas nécessairement plus, que gagner et consommer plus ne signifie pas nécessairement vivre mieux, donc qu’il peut y avoir des revendications plus importantes que les revendications salariales. » André Gorz[3]

La croissance du PIB n’étant plus envisageable, la réduction de la durée légale du temps de travail apparaît comme la seule solution pour en finir avec le chômage. Depuis la loi Aubry sur les 35 heures, la réduction du temps de travail ne fait plus l’objet de débats. Que ce soit au PS ou à l’UMP, s’ils parlent de la durée du travail, c’est pour abroger les 35 heures ou l’augmenter. En ce qui concerne le MEDEF, il considère la réduction du temps de travail comme un frein à la compétitivité des entreprises françaises et donc, la cause du chômage.

Comme lors de la crise de 29, nous sommes à nouveau confrontés au choix entre le New Deal et la loi Black. Le fait que les élites économiques et politiques évitent d’ouvrir ce débat est probablement dû au fait que la réduction de la durée légale du temps de travail n’est pas un choix économique, mais un choix de société. Mais avant d’approfondir les enjeux du temps libre, il apparaît nécessaire de calculer le nombre d’heures qu’il faudrait travailler pour supprimer le chômage.

  • Combien d’heures devrions-nous travailler pour supprimer le chômage ?

La réduction de la durée légale du temps de travail est désormais la seule solution envisageable pour en finir avec le chômage. Afin d’enrayer sa hausse, les écologistes et le Front de gauche proposent de la réduire à 32 heures. Michel Rocard et Pierre Larrouturou proposent la semaine de 4 jours[4]. Étant donné que la durée moyenne du temps de travail était de 39 heures en 1981, ces propositions auraient dû être mises en œuvre dès 1982. La durée moyenne étant désormais de 34 heures, fixer la durée légale à 32 heures ne permettra pas d’enrayer la hausse du chômage. Même si elle permettait de créer 2,8 millions d’emplois[5], il resterait encore une armée de réserve de 4,2 millions d’actifs sans emploi et de salariés à temps partiel subi pour exercer une pression sur les salariés en postes. Pour en finir définitivement avec le chômage et la peur du chômage, il est donc nécessaire de créer 7 millions d’emplois sécurisés et stables.

Pour procurer un emploi sécurisé et stable aux 7 millions d’actifs sans emploi et à temps partiel subi, je propose de partager le volume total d’heures de travail effectué par les salariés qui occupent un emploi à temps plein entre tous les membres de la population active. L’équation ci-dessous permet de calculer la durée du temps de travail hebdomadaire qui supprimera le chômage.

-Soit, Pop est la population totale : 65 899 406 hab en 2013[6].
-« , W est le taux de la population comprise entre 15 et 59 ans : 57,57 %[7].
-« , E est le nombre d’élèves en second cycle et d’étudiants : 5 317 800[8].
-« , VHtb est le volume total d’heures travaillées par branche : 40 271 480 379[9].
-« , S est le nombre de semaines annuelles : 52 semaines.
-« , Cp est le nombre de semaines de congés payés : 5 semaines.
-« , Dh est la durée du temps de travail hebdomadaire qui supprimera le chômage.

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En 2013, étant donné que 57,6 % des 65,8 millions de Français avaient entre 16 à 59 ans, la population en âge de travailler comprenait 37,9 millions de personnes. Étant composée de 5,3 millions d’élèves et d’étudiants, sa population active comprenait 32,6 millions d’actifs. Si les 32,6 millions d’actifs se partageaient les 40,2 milliards d’heures de travail effectué par les salariés à temps plein, ils auraient travaillé 1 235 heures par an. Ayant droit à 5 semaines de congés payés, un salarié travaille 47 semaines par an. Les 1 235 heures de travail étant réparties sur 47 semaines, la Dh est donc de 26,3 heures.

-Soit, JRLh est le nombre de journées légales de repos hebdomadaire : 2 jours.
– « , Jh est le nombre de jours dans une semaine : 7 jours.
– « , Dh est la durée du temps de travail hebdomadaire qui supprimera le chômage : 26,27 heures.
-« , Dq est la durée du temps de travail quotidien qui supprimera le chômage.

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Ayant droit à 2 journées légales de repos hebdomadaire, un salarié travaille 5 jours par semaine. La Dh de 26,3 heures étant réparti sur 5 jours, la Dq est donc de 5,25 heures.

Le fait que la Dq soit de 5 heures par jour invite à réfléchir sur la durée minimum d’une journée de travail. Si un salarié se déplaçait 5 jours par semaine pour travailler 5 heures, son revenu quotidien serait insuffisant pour financer ses frais de transports, de repas, d’entretiens, de réparations et d’essences. D’un point de vue écologique et énergétique, qu’il travaille 8 ou 5 heures, la consommation d’essence, la pollution de l’air et les rejets de CO2 occasionnés par les transports sont identiques. Au lieu de réduire le temps de travail en heures, pour limiter les embouteillages, la pollution, les rejets de CO2, le gaspillage de carburant et les frais liés aux transports, je propose de fixer la DLq à 8 heures et donc, de réduire la durée en jours. L’équation ci-dessous permet de calculer le nombre de jours de travail hebdomadaire qui supprimera le chômage.

-Soit, Dh est la durée du temps de travail hebdomadaire qui supprimera le chômage : 26,3 heures.
-« , DLq est la durée légale du temps de travail quotidien : 8 heures.
-« , JTc est le nombre de journées de travail hebdomadaire qui supprimera le chômage.

Jour travail sup cho

Le Dh étant de 26,3 heures, si la DLq était 8 heures, le JTc serait de 3,3 jours. Un jour de travail étant entier, à partir de la règle de calcul suivante, je propose de calculer le nombre de journées de travail légal hebdomadaire.

-Soit, JTc est le nombre de journées de travail hebdomadaire qui supprimera le chômage : 3,28 jours.
-« , JTLh est le nombre de journées de travail légal hebdomadaire.

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Le JTc étant inférieur à 3,5, le JTLh est de 3 jours.

Le JTLh étant défini, à partir de l’équation ci-dessous, il est possible de calculer la durée légale du temps de travail hebdomadaire et annuel.

-Soit, JTLh est le nombre de jours de travail légal hebdomadaire : 3 jours.
-« , DLh est la durée légale du temps de travail hebdomadaire.

Durée légat hebdomadaire

Le JTLh étant de 3 jours par semaine et la DLq étant de 8 heures, la DLh est de 24 heures.

-Soit, DLh est la durée légale du temps de travail hebdomadaire : 24 heures.
-« , DLa est la durée légale du temps de travail annuel.

Durée légat annuelle

Étant donné que tous les salariés travailleront 24 heures durant 47 semaines, la DLa sera de 1 128 heures. Pour en finir avec le chômage, la peur du chômage et le travail à temps partiel subi, le gouvernement devra donc faire voter deux lois : fixer la durée légale du temps de travail à 8 heures par jour et limiter la durée légale de la semaine de travail à 3 jours pour tous les salariés, qu’ils soient cadres, employés et ouvriers.

Utiliser les gains de productivité pour réduire la durée légale de la semaine de travail à 3 jours n’est pas une utopie ou une idée neuve. Dans « La ferme des animaux », George Orwell proposait déjà d’utiliser la construction d’un moulin et donc, le progrès technique pour travailler 3 jours par semaine[10]. En 2009, pour éviter des licenciements, les dirigeants du Financial Time[11] et d’Aston Martine[12] ont proposé à leurs salariés de partager l’emploi en réduisant la semaine de travail à 3 jours. Le 21 juillet 2014, le multimilliardaire Carlos Slim défendait la semaine de 3 jours : « Avec trois jours de travail par semaine, nous aurions plus de temps pour nous détendre, pour la qualité de vie. Avoir quatre jours de repos serait très important pour générer de nouvelles activités de divertissement et d’autres manières de s’occuper. »[13] La semaine de 3 jours ne concerne pas que la création d’emploi, elle a également un impact sur le bien-être, les capacités intellectuelles et cognitives[14] et la santé psychique des salariés[15], ainsi que sur la performance des entreprises.

Ces dirigeants d’entreprises et ces multimilliardaires ne proposent pas la semaine de 3 jours par générosité ou pour éviter la hausse du chômage. Ils proposent cette solution, car elle est bénéfique aux intérêts des entreprises. En travaillant 3 jours par semaine, le moral des salariés sera meilleur. Le moral étant meilleur, non seulement la productivité augmentera, mais en plus, les coûts liés aux accidents du travail et à l’absentéisme diminueront. En augmentant les gains de productivité et en baissant les coûts de production, ce processus vertueux provoquera la hausse des bénéfices. L’exemple de l’entreprise Kellogg’s permet d’illustrer les intérêts de la réduction du temps de travail. En 1930, pour créer des emplois et se développer, la direction de Kellogg’s a décidé de réduire le temps de travail de ses salariés à 30 heures par semaine[16]. Pour cela, elle a réorganisé ses postes de travail : 4 postes de 6 heures au lieu de 3 de 8 heures et augmenté la rémunération horaire de ses salariés de 12,5 %. En 1935, lors de la publication de ses résultats, la direction de Kellogg’s a déclaré que la semaine de 30 heures avait été bénéfique. Le moral des salariés étant meilleur, la productivité avait augmenté, tandis que les coûts de production et les frais d’assurances avaient diminué. En effet, les coûts généraux ont chuté de 25 %, les coûts du travail se sont réduits de 10 %, les accidents de travail ont diminué de 41 % et les effectifs de Kellogg’s ont augmenté de 39 % par rapport à 1929. Pour toutes ces raisons, la réduction de la durée légale de la semaine de travail à 3 jours sera bénéfique aux intérêts des entreprises, des salariés et de la société dans son ensemble.

La semaine de 3 jours ne concerne pas que la lutte contre le chômage. En effet, elle permet également d’ouvrir le débat autour de l’aménagement du temps de travail.

  • Quels sont les enjeux de l’aménagement du temps de travail ?

La réduction de la durée légale de la semaine de travail à 3 jours nous invite à questionner les enjeux du partage et de l’aménagement du temps de travail. L’aménagement du temps de travail concerne tous les acteurs économiques (salariés, entrepreneurs, dirigeants d’entreprises, professions libérales, agriculteurs, artisans, commerçants, etc.). La semaine de travail de toutes les entreprises sera planifiée sur 6 jours au lieu de 5 actuellement. Les charges fixes annuelles et les amortissements seront donc répartis sur 312 jours au lieu de 260.

Un poste ou une unité de travail sera partagé entre deux salariés ou deux équipes qui se succéderont tous les 3 jours.

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Ne nécessitant pas une expertise particulière, la plupart des emplois sont parfaitement adaptés à la semaine de 3 jours. Par exemple, le personnel d’un hypermarché comprend un directeur, des chefs de secteurs, des responsables de rayons, des conseillers de ventes, des logisticiens, des hôtesses de caisse, ainsi que des employés au service livraison, SAV, sécurité, comptabilité, administrative, etc. Du directeur aux services administratifs, les effectifs du magasin seront multipliés par deux pour constituer deux équipes distinctes. Tandis que les salariés de l’équipe n 1 prendront en charge l’activité du magasin du lundi matin au mercredi soir, ceux de la n 2 s’en chargeront du jeudi matin au samedi soir. Afin d’assurer la qualité du travail, ainsi que la transition et la continuité entre l’équipe n°1 et n°2, des consultants en organisation auront la mission d’aménager le temps de travail en mettant en œuvre des méthodes et des procédures d’organisation. Étant donné qu’ils savent déjà organiser les 3/8 (trois salariés qui travaillent 8 heures par jour sur un même poste), aménager un poste de travail entre deux salariés, qui travailleront successivement 3 jours sur 6, ne devrait pas poser de problèmes.

Il est important de préciser que le fait de multiplier par deux les effectifs ne provoquera pas la multiplication par deux des heures de travail et donc, des charges salariales. En effet, en remplaçant un salarié qui travaille 7 heures sur 5 jours, soit 35 heures par semaine, par deux salariés qui travailleront chacun 24 heures, soit 48 heures, la masse salariale augmentera de 37 %. Ces 37 % correspondent à plus d’une journée de travail et donc, de chiffre d’affaires supplémentaire.

En fonction des impératifs de leurs missions, de leurs niveaux de responsabilité et de leurs projets de vie, tous les salariés auront également la liberté de choisir d’aménager leur emploi du temps en heures ou en jours sur le mois, le trimestre, le semestre ou l’année.

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Qu’elle soit en jours ou en heures, l’aménagement du temps de travail permettra de multiples formes d’organisation. Par exemple, à la fin de l’année n-1, les deux directeurs d’un même magasin de la grande distribution pourraient décider de travailler un semestre par an. Suite à accord signé, l’année n, le directeur de l’équipe n 1 effectuera ses 141 jours le premier semestre et celui de la n°2 les effectuera le second. Suite à une négociation et à un accord signé en fin d’année n-1 entre les deux équipes d’un même magasin, ils pourraient décider de se succéder chaque trimestre. Tous les salariés de l’équipe n°1 effectueront 624 heures le premier trimestre et 624 heures le troisième, tandis que tous ceux de la n°2 les effectueront le second et le quatrième. La rémunération étant annualisée, qu’ils travaillent ou pas, tous les salariés percevront le même salaire chaque mois. Étant donné que les agents de la fonction publique ont déjà le droit au temps partiel annualisé, sa généralisation aux salariés du privé ne relève pas d’une utopie mais d’un choix politique[17].

Certains métiers nécessitent des connaissances et des compétences techniques spécifiques (ingénieur, médecin, chercheur, etc.) et d’autres imposent un suivi du projet (chef de projets, chef de chantiers, consultant, etc.). L’aménagement du temps de travail pourra également être modulé en fonction des missions et des niveaux de responsabilité. Par exemple, un chef de projet qui devra assurer une mission de 6 mois aura la possibilité d’effectuer ses 141 jours de travail durant cette mission. Sa mission terminée, au lieu d’en remplir une nouvelle, il disposera de 6 mois de temps libre consécutif. Sa rémunération étant annualisée, il percevra le même salaire chaque mois.

Sous prétexte de prôner la réalisation de soi, les entreprises exigent de leurs cadres qu’ils s’impliquent sans compter, quitte à sacrifier leur vie de familiale, sociale et personnelle. Ne parvenant pas, faut de temps, à organiser leurs vies de manière équilibrée et épanouissante, ils risquent d’être victime d’un burn-out. L’aménagement du temps de travail permettra aux cadres de s’impliquer à nouveau au service de l’intérêt des entreprises. Si, durant sa mission, le chef de projet n’a pas le temps de se consacrer à ses enfants, à ses amis ou à ses activités personnels, lorsqu’elle sera terminée, il disposera de 6 mois pour rattraper le temps perdu. Étant moins soumis à la culpabilité, aux tiraillements intérieurs et aux pressions familiales, lorsqu’il sera en mission, il aura les moyens de s’impliquer sans compter et donc, de réellement se réaliser dans son travail.

Même si la durée légale de la semaine travail sera de 3 jours, elle n’empêchera pas ceux qui le souhaiteront de travailler davantage. En effet, pour une minorité de salariés, leur métier correspond à une véritable vocation (médecin, chercheur, ingénieur, enseignant, agriculteur, etc.). Comme ils se réalisent en travaillant, il est normal qu’ils aient le droit de s’investir autant qu’ils le souhaitent. Étant donné que ce choix reposera sur un engagement libre et volontaire, ceux qui souhaiteront travailler davantage seront réellement motivés à s’impliquer et à mener à bien leurs missions. En revanche, lorsqu’ils souhaiteront se consacrer à d’autres activités pour décompresser et enrichir leur personnalité, ils auront également le droit de bénéficier de l’aménagement de leur temps de travail.

L’aménagement du temps de travail ne concerne pas que les salariés. En effet, les entrepreneurs, les chefs d’entreprises, les professions libérales (avocat, médecin, etc.), les agriculteurs, les artisans (boulanger, plombier, garagiste, etc.) et les commerçants ont également le droit d’accéder à une meilleure qualité de vie. En effet, bien souvent, pour assurer la survie ou le développement de leur activité, rembourser leurs emprunts ou tout simplement gagner plus, ils sont plus ou moins contraints de sacrifier leur vie familiale, sociale ou personnelle. En consacrant tout leur temps à travailler, ils limitent leur existence à l’activité professionnelle. Ayant une personnalité atrophiée par le travail, ils n’ont plus que de l’argent à partager avec leurs proches. S’ils le souhaitent, ils auront également le droit de s’associer avec un autre membre de leur profession pour aménager leurs emplois du temps sur la semaine, le semestre ou l’année. En s’associant, deux entrepreneurs auront la possibilité de se succéder à la direction d’une même entreprise tous les semestres ou tous les ans. Afin d’accompagner l’aménagement du temps de travail et d’assurer un partage équitable des bénéfices entre les deux associés, l’État mettra à leur disposition des consultants en organisation et des experts comptables. Ainsi, qu’ils travaillent ou pas, ils percevront la même rémunération.

Non seulement l’association de la semaine de 3 jours avec l’aménagement du temps de travail permettra d’en finir avec le chômage, mais en plus, elle permettra d’améliorer considérablement la qualité de vie des dirigeants de PME, des entrepreneurs, des professions libérales, des agriculteurs, des artisans, des commerçants, des cadres et de tous les salariés. Cette nouvelle forme d’organisation du travail étant bénéfique pour tous les acteurs économiques, il est indispensable d’en faire la promotion auprès des responsables du MEDEF, des DRH, des consultants en organisation et en management, des cadres, des politiques et des classes moyennes.

Si, pour en finir avec le chômage, la durée légale du temps de travail hebdomadaire avait été réduite à 35 heures en 1973, à 32 heures en 1982 et à 24 heurs en 1998, à salaire égal, elle aurait provoqué la baisse du pouvoir d’achat. Pour que la semaine de 3 jours soit envisageable, elle ne doit pas provoquer la baisse du pouvoir d’achat des ménages.

Jean-Christophe Giuliani

Pour accéder aux pages suivantes :

– Les enjeux de l’aménagement du temps de travail et du temps choisi

Le temps : un choix de société !

La réduction du temps de travail : un choix de société !

– Comment préserver son pouvoir d’achat en travaillant 3 jours par semaine ?

– Disposer de 4 jours de temps libre : le choix du mode être !

[1] Graffin Laurent, Peut-on maîtriser le temps ?, Paris, Mille et une nuits, 1999, page 30.

[2] Keyns John Maynard, Essais de persuasion, Paris, Gallimard, 1933, page 176.

[3] Gorz André, Métamorphoses du travail : critique de la raison économique, Paris, Galilée, 1988, page 189.

[4] Éditions Législatives, (consulté le 17 octobre 2016), Le débat sur la semaine de 4 jours relancé [En ligne]. Adresse URL : http://www.editions-legislatives.fr/content/le-d%C3%A9bat-sur-la-semaine-de-4-jours-relanc%C3%A9

[5] Insee, enquêtes Emploi 1975-2011, séries longues, Population au chômage (en milliers) et Taux de chômage (en %)

[6] Insee, 1.115 Produit intérieur brut et revenu national brut par habitant, comptes nationaux, base 2010.

[7] Insee, estimations de population : Population par sexe et groupes d’âges quinquennaux au 1er janvier 2015, France.

[8] Depp, Effectifs d’élèves et d’étudiants dans l’enseignement public et privé à la rentrée 2013, France (hors Mayotte avant 2011).

[9] Insee, 6.213 Volume total d’heures travaillées par branche, comptes nationaux, base 2010.

[10] Orwell George, La ferme des animaux, Paris, éditions Champ Libre, 1981, page 58.

[11] L’Express L’Expansion, (page consulté le 24 janvier 2017), Le financial Time propose la semaine de 3 jours, [En ligne]. Adresse URL : http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/le-financial-times-propose-la-semaine-de-3-jours_1423044.html

[12] Le Monde.fr, (page consulté le 23 mars 2015), TRAVAILLER MOINS, Le multimilliardaire Carlos Slim prône la semaine de trois jours de travail, [En ligne]. http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2014/07/21/travailler-moins-le-multimilliardaire-carlos-slim-prone-la-semaine-de-trois-jours-de-travail/

[13] Challanges, (page consulté le 31 janvier 2014), Le milliardaire Carlos Slim pour la semaine de 3 jours, [en ligne]. Adresse URL : http://www.challenges.fr/revue-de-presse/20140721.CHA6297/le-milliardaire-carlos-slim-defend-la-semaine-de-3-jours.html

[14] BFM, (page consulté le 20 octobre 2016), A 40 ans, travailler plus de 25 heures par semaine rend moins intelligent, [en ligne]. Adresse URL : http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/a-40-ans-travailler-plus-de-25-heures-par-semaine-rend-moins-intelligent-1019615.html

[15] Radio Canada, (page consulté le 3 janvier 2017), Les avantages de la semaine de 3 jours, [en ligne]. Adresse URL : http://ici.radio-canada.ca/audio-video/media-7590237/les-avantages-de-la-semaine-de-trois-jours

[16] Riffikin Jeremy, La fin du travail, Paris, La découverte & Syros, 1996, page 51.

[17]Ministère de la fonction publique, (page consulté le 28 décembre 2016), Guide du temps partiel des fonctionnaires et des agents non titulaires des trois fonctions publiques, [en ligne]. Adresse URL : http://www.fonction-publique.gouv.fr/files/files/IMG/Guide_temps_partiel_FPE-2.pdf

2 réflexions au sujet de « La réduction du temps de travail peut-elle supprimer le chômage ? »

  1. Bonjour,

    Tout ceci est bien séduisant, mais il y a une hypothèse très forte qui est loin d’être réaliste : il faudrait que les chômeurs soient aussi qualifiés et compétents que ceux qui travaillent… La substituabilité est loin d’être vérifiée. Demandez aux chefs d’entreprises qui cherchent du personnel.

  2. Bonjour,

    Votre remarque est pertinente : Est-ce qu’il y aura suffisamment de salariés qualifiés pour partager l’emploi ?

    Afin de répondre à la « soi disant » pénurie d’emplois qualifiés consécutive à la réduction du temps de travail, je pense qu’il serait nécessaire de commencer par supprimer tous les emplois bidons qui ne répondent à aucun besoin réel.

    http://www.mouvementpourundeveloppementhumain.fr/le-phenomene-des-emplois-bidons/

    En supprimant ces emplois bidons, il sera possible de libérer des compétences qui pourraient être utilisé de manière plus approprié. Par exemple des docteurs en mathématique ou en physique qui perdent leur temps à produire des algorithmes pour des entreprises de « treading à haute fréquence » pourraient faire de la recherche.

    Tandis que le niveau d’étude d’une part croissante de jeunes et de salariés augmente, de nombreux salariés qualifiés sont sous employés.

    L’ensemble de ces mesures permettront de partager les emplois réellement utiles entre l’ensemble des salariés.

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