Le phénomène des complexes

Les travaux de recherches de Carl Gustav Jung sur les phénomènes d’association ont mis en évidence l’existence de « complexes » [1]. Un complexe est une charge énergétique qui s’est formée suite à une expérience traumatisante. Il se réveille lorsque l’individu est confronté à une expérience ou à un agent plus ou moins similaires à celle qui a provoqué sa formation. Sa fonction est de lui permettre de se souvenir de l’expérience ou de l’agent qui a provoqué ce traumatisme pour éviter de la reproduire ou de le fuir.

La composition d'un complexeUn complexe est constitué d’un élément central et d’éléments constellés qui ont emprisonné une charge énergétique plus ou moins intense. L’élément central se forme lors de l’expérience traumatisante initiale, tandis que les éléments constellés se forment lors d’expériences similaires à celle qui a provoqué la formation de l’élément central. La valeur quantitative de sa charge énergétique dépend, d’une part, de la charge de l’élément central et du nombre d’éléments constellés gravitant autour de lui, et, d’autre part, de la fréquence et de l’intensité des troubles qu’il provoque. L’intensité de la charge énergétique peut être quantifiée en mesurant la pression artérielle et l’accélération du rythme cardiaque et respiratoire. Les symptômes visibles d’un complexe sont des troubles du comportement et des réactions disproportionnées répétitives non désirées et inadaptées à la situation présente. Les réactions disproportionnées peuvent prendre la forme de la fuite, de l’évitement, de la lutte ou de la soumission. Tandis que les troubles du comportement peuvent prendre la forme de trouble du langage, de peur, d’un vide intérieur, d’une douleur psychosomatique, d’une fascination, d’un retrait, de lapsus, d’oublis, de rougissements, etc. Plus l’intensité de la charge énergétique est forte, plus les troubles et les réactions sont importants.

En règle générale, l’élément central de la plupart des complexes se forme durant la prime enfance au contact de l’environnement familial et social proche. Par contre, les éléments constellés sont formés par les expériences traumatisantes que l’individu peut subir à tous les âges de sa vie. Cet exemple permet de comprendre le processus de formation de l’élément central et des éléments constellés.

Un bébé de 9 mois a été laissé seul par sa mère pendant six heures. La peur d’être abandonnée a déclenché une réaction émotive qui a provoqué la formation de l’élément central d’un complexe. En se formant autour de l’élément central, des éléments constellés vont renforcer son emprise et l’intensité de sa force énergétique.

– Le premier élément constellé apparaît durant son enfance : lorsque sa mère était absente, il était angoissé sans raison apparente. Pour fuir cette angoisse, il la suivait partout.

– Le second apparaît à l’adolescence : lorsqu’il se retrouvait seul, il était sujet à des réactions de peur et d’angoisse sans cause réelle. Afin de retrouver son équilibre, il fuyait la solitude.

– Le troisième apparaît à l’âge adulte : seul dans son appartement, il ressent une angoisse profonde. Pour fuir cette situation, il cherche désespérément à fonder une vie de couple. Étant dépendant des autres à cause de son complexe, il est incapable de vivre seul et d’accéder à un comportement libre et autonome.

Lorsqu’il souhaitera se libérer de sa dépendance aux autres et retrouver son autonomie, il devra se faire accompagner par un psychothérapeute. Le travail du thérapeute consistera à aider le patient à prendre conscience de l’origine de ses troubles et de ses réactions afin de l’aider à se libérer des éléments constellés et de l’élément central du complexe. En s’en libérant, le patient se réappropriera la charge énergétique et se libérera des troubles et des réactions qui lui étaient attachées. Ainsi, il retrouvera la liberté de consacrer ses surplus de temps et d’énergie à la réalisation de projets qui répondent aux aspirations de sa structure intérieure.

Pour accéder aux pages suivantes :

– Les enjeux du phénomène d’entropie

 


[1] Jung Carl Gustav, L’énergétique Psychique, Genève, Georg, 1993., page 29.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.