Le revenu des salariés qui travailleront 2 jours

Pour que la semaine de 2 jours soit viable et désirable, le pouvoir d’achat des ménages doit sécuriser la satisfaction des besoins physiologiques et l’accès à un minimum de confort matériel. Malgré le fait qu’il existe de nombreux moyens d’augmenter le pouvoir d’achat, les syndicats et les partis de gauche proposent presque toujours la hausse des salaires. En postulant qu’il faut réduire le temps de travail à salaire égal, ils en empêchent la réduction. Tandis qu’un taux horaire du travail trop bas serait insuffisant, un trop élevé risquerait de provoquer une hausse des coûts de production unitaire et donc, des prix. Afin d’éviter une hausse des prix, qui provoquerait une diminution du pouvoir d’achat, il est donc nécessaire d’envisager sa hausse autrement.

La doctrine idéologique ultralibérale, dont les principes de base sont le libre marché, la dérégulation des prix et la privatisation des services publics, a été mise en œuvre à partir de 1983. De 1982 à 2013, la part de la valeur ajoutée redistribuée aux salariés sous la forme d’une rémunération est passé 62 % à 58,4 %. À cause de cette baisse de 4,4 points, la part du Smic allouée à l’alimentation et au logement est passée de 38,7 % à 51,6 %. Les ménages ont donc subi une perte de pouvoir d’achat de 12,9 points.

En 2013, si la durée légale de la semaine de travail était passée à 16 heures, à taux horaire constant, le salaire net mensuel du salarié qui aurait travaillé 2 jours aurait été de 512 €. Le montant des dépenses allouées à l’alimentation et au logement étant de 578 €, la part du Smic allouée à ces dépenses serait passée de 51,6 % à 113 %. À cause de cette hausse de 61,4 points, le pouvoir d’achat d’un salarié qui aurait travaillé 2 jours n’aurait pas été viable et désirable.

En 1982, avant la mise en place de cette doctrine idéologique, la part de ces dépenses était de 38,7 %. Pour que le revenu d’un salarié qui travaillera 2 jours soit viable et désirable, cette part doit donc passer de 113 % à 38,7 %. Pour qu’elle diminue de 74,3 points, je propose d’intervenir sur le taux horaire du travail.

  • Quel sera le montant du revenu des salariés qui travailleront 2 jours ?

En France, le salaire minimum est fixé par le Smic[1], dont le taux horaire était de 9,43 € en 2013. En travaillant 16 heures par semaine, à taux horaire constant, les salariés gagneront 512 €. Pour que la semaine de 2 jours contribue à diminuer la part allouée à l’alimentation et au logement de 74,3 points, le taux horaire du salaire minimum doit augmenter. Les syndicats et les partis de gauche proposent de réduire le temps de travail à salaire égal. Si, en travaillant 16 heures, un salarié au Smic percevait le même salaire qu’en travaillant 35 heures, son taux horaire passerait de 9,43 € à 16,18 €. Tandis qu’un taux horaire trop bas serait insuffisant, une hausse de 71,5 % risquerait de provoquer une hausse des coûts de production unitaire et donc, des prix. Afin d’éviter une hausse des prix, je propose d’envisager autrement la hausse du salaire minimum.

Dans le cadre du modèle économique durable, le Smic sera remplacé par le « Revenu optimal ». Le calcul du taux horaire du revenu optimal, qui repose sur l’équation ci-dessous, prend en compte la valeur ajoutée générée par le PIB objectif, la part des salaires et traitements bruts allouée aux salariés en 1982 et la population active.

– Soit, Pop est la population moyenne : 65 899 406 hab[2].
– « , TPa est le taux population comprise entre 15 et 59 ans : 57,57 %[3].
– « , E est le nombre élèves second cycle et étudiants : 5 317 800[4].
– « , PIBobj est le PIB permettant accéder qualité vie objective : 988 491 090 000 €
– « , Tc est le taux conversion entre PIB en valeur et VA en volume : 13,89 %.
– « ,TSTb1982 est la part salaires et traitements bruts VA en volume : 45,7 %[5]
– « , Μ est le nombre mois par an : 12 mois.
– « , DLMdm est la durée légale temps travail mensuel modèle durable : 69,33 heures.
– « , BROptm est le montant revenu optimal brut mensuel.
– « , ΤHBROptn est le taux horaire revenu optimal brut :

En 2013, comme 57,6 % des 65,8 millions de Français avaient entre 16 à 59 ans, la population active comprenait 37,9 millions de personnes. Composée de 5,3 millions d’élèves et d’étudiants, elle comprenait 32,6 millions d’actifs. Le PIB, qui permettra d’accéder à un niveau de qualité de vie objectif (PIBobj), étant de 988 milliards € et le taux de conversion (Tc) étant de 13,9 %, la valeur ajoutée (VAval) sera de 851 milliards €. La part de la valeur ajoutée allouée aux salaires et traitements bruts de 1982 étant de 45,7 %, la valeur ajoutée allouée à la rémunération des salariés sera donc de 388 milliards. Puisque les 32,6 millions d’actifs se partageront 388 milliards sur 12 mois, le revenu optimal brut mensuel (BROptm) sera environ de 1 000 €. La durée légale du temps de travail mensuel (DLMdm) étant de 66,33 heures, le taux horaire du revenu optimal brut de 2013 (THBROpt) sera de 14,42 €.

Le BROptm et la THBROpt calculés, il est possible de calculer le montant du revenu optimal net mensuel (NROptm). Dans le cadre du modèle économique durable, tous les salariés contribueront au financement des caisses d’assurances maladie et de retraite. Puisqu’il n’y aura plus de chômage, les cotisations aux Assedic seront supprimées. La formule ci-dessous permet de calculer le NROptm.

– Soit, BROptm est le revenu optimal brut mensuel : 1 000 €.
– « , TAMs est le taux assurance maladie salariale : 0,75 %[6].
– « , TAVs est le taux assurance vieillesse salariale : 10,55 %.
– « , MAMs est le montant cotisations assurance maladie salariale.
– « , MAVs est le montant cotisations assurance vieillesse salariale.
– « , MSSs est le montant cotisations sociales salariales.
– « , NROptm est le montant revenu optimal net mensuel.

En 2013, la contribution à l’assurance maladie et à l’assurance vieillesse des salariés était respectivement de 0,75 % et de 10,55 %. Le MAMs et le MAVs étant de 7,5 € et de 105,5 €, le MSSs s’élèvera à 113 € par mois. En soustrayant 113 € au BROptm de 1 000 €, le revenu optimal net mensuel (NROptm,) sera de 887 € par mois.

Le NROptm calculé, avec les formules ci-dessous, il est nécessaire de calculer le montant des cotisations sociales patronales et des charges salariales.

– Soit, BROptm est le montant revenu optimal brut mensuel : 1 000 €.
– « , TAMp est le taux assurance maladie patronale : 12,8 %.
– « , TAVp est le taux assurance vieillesse patronale : 14,1 %.
– « , TAFp est le taux allocations familiales patronales : 5,4 %.
– « , MAMp est le montant cotisations assurance maladie patronales.
– « , MAVp est le montant cotisations assurance vieillesse patronales.
– «  MAFp est le montant cotisations allocation familiales patronales.
– « , MSSp est le montant cotisations sociales patronales.

En 2013, la contribution patronale aux caisses d’assurances maladie, d’assurances vieillesse et d’allocations familiales était de 12,8 %, de 14,1 % et de 5,4 %. Le MAMp, le MAVp et le MAFp étant respectivement de 128 €, de 141 € et de 54 €, les MSSp s’élèveront à 323 € par mois.

– Soit, MSSp est le montant cotisations sociales patronales : 323 €.
– « , MCS est le montant charges salariales.

Comme le BROptm était de 1 000 € et que le MSSp était de 323 €, le MCS s’élèvera à 1 323 € par mois. Le coût global d’un salarié au revenu optimal s’élèvera donc à 1 323 € par mois.

Tandis que le taux horaire brut du revenu optimal sera de 14,40 €, comme les cotisations aux Assedic et à la CSG seront supprimées, le revenu net mensuel d’un salarié qui travaillera 16 heures par semaine sera de 887 €. Comme il sera indexé au taux d’inflation, le taux horaire du revenu optimal augmentera également au rythme de l’indice des prix. Le Smic net mensuel d’un salarié qui travaille 5 jours étant de 1 121 €, celui qui travaillera 2 jours percevra un revenu inférieur de seulement 20,92 %. Le revenu optimal provoquera une hausse du pouvoir d’achat sans augmenter les coûts de production et donc, les prix.

Afin d’assurer la satisfaction des besoins essentiels, il est également nécessaire d’assurer le financement de la sécurité sociale.

  • Comment assurer le financement de la sécurité sociale ?

Au même titre qu’un emploi et un revenu sécurisé et stable, la sécurité sociale contribue à satisfaire les besoins essentiels. Tandis que la caisse d’assurances maladie contribue à la satisfaction des besoins physiologiques, les caisses de retraites et d’allocations familiales contribuent à satisfaire le besoin de sécurité. Indépendamment du niveau de revenu, ces caisses permettent aux salariés et à leurs familles de bénéficier d’un droit à la santé, à la retraite et à une sécurité face aux aléas de la vie (congés maternités, veuvages, allocations logement, etc…). Financée par des cotisations salariales et patronales, la pérennité de ces caisses repose sur un principe de solidarité.

Le montant des cotisations salariales et patronales ayant été calculé, à partir des formules suivantes, il est possible de calculer le montant des cotisations versées aux caisses d’assurances maladie, de retraites et d’allocations familiales par les salariés qui percevront le revenu optimal.

– Soit, MAMs est le montant cotisations assurance maladie salariale : 7,5 €.
– « , MAMp est le montant cotisations assurance maladie patronale : 128 €.
– « , CAMro est le montant collecté caisse assurances maladie revenu optimal.

En 2013, comme le montant des MAMs et des MAMp sera respectivement de 7,5 € et 128 €, le CAMro d’un salarié au revenu optimal sera de 135,5 €.

– Soit, MAVs est le montant cotisations assurance vieillesse salariale : 105,5 €.
– « , MAVp est le montant cotisations assurance vieillesse patronale : 141 €.
– « , CAVro est le montant collecté caisses retraite revenu optimal.

En 2013, le montant des MAVs et des MAVp étant de 105,5 € et 141 €, le CAVro sera de 246,5 €.

– Soit MAFp est le montant cotisations allocations familiales patronal : 54 €.
– « , CAFro est le montant collecté caisse allocations familiales revenu optimal.

Puisque l’employeur sera le seul à cotiser, le montant versé à la CAFro sera de 54 €.

Étant donné que dans le cadre du modèle économique durable tous les membres de la population active occuperont un emploi, ils contribueront tous au financement des caisses de sécurité sociale. Si tous les salariés percevaient le revenu optimal, les formules ci-dessous permettent de calculer le budget annuel attribué aux caisses d’assurances maladie, de retraites et d’allocations familiales.

– Soit, PA est la population active : 32 620 598 actifs.
– « , CAMro est le montant collecté caisse assurances maladie revenu optimal : 135,5 €.
– « , BMAMro est le montant budget minimum annuel caisse assurances maladie.

Si les 32,6 millions d’actifs percevaient le revenu optimal, ils contribueraient au financement de la CAMro à hauteur de 135,5 € par mois. Le BMAMro serait donc de 52,7 milliards € par an.

– Soit, CAVro est le montant collecté caisses retraite revenu optimal : 246,5 €.
– « , BMAVro est le montant budget minimum annuel caisses retraite.

Si les 32,6 millions d’actifs percevaient le revenu optimal, ils contribueraient au financement de la CAVro à hauteur de 246,5 € par mois. Le BMAVro serait donc de 96,4 milliards € par an.

– Soit, CAFro est le montant collecté caisse allocations familiales revenu optimal : 54 €.
– « , BMAFro est le montant budget minimum annuel caisse allocations familiales.

Si tous les employeurs cotisaient à la caisse d’allocations familiales à hauteur de 54 € par salariés, le BMAFro serait donc de 21,1 milliards € par an.

Dans le cadre du modèle économique durable, le budget alloué à la caisse d’assurances maladie sera de 52,7 milliards €. En 2012, comme le budget affecté à cette caisse était de 181 milliards €, les cotisations salariales et patronales ne seront pas suffisantes pour la financer. Pour que ce budget soit viable, il devra être réduit de 70,9 %. La première mesure à prendre pour réduire les dépenses de santé sera de plafonner le salaire des aides-soignantes, des infirmières, des médecins et de tout le personnel hospitalier entre le revenu optimal et maximum. La seconde est de réduire les coûts en optimisant la gestion des hôpitaux. La troisième consiste à réduire les dépenses de santé. Pour réduire ces dépenses, le gouvernement propose d’augmenter les cotisations salariales, de réduire le remboursement et de réformer le système de sécurité sociale. Ces solutions comptables ne sont pas viables à long terme. En effet, l’augmentation des dépenses n’est pas due aux coûts des soins, mais à l’augmentation du nombre de maladies provoquées par notre mode de vie. Pour réduire les dépenses, il apparaît donc plus pertinent d’intervenir sur les causes sociales, alimentaires et environnementales qui sont amont des maladies. En construisant un modèle de santé basé sur la prévention plutôt que sur la réparation, il sera possible de réduire les dépenses et donc, le budget de la caisse d’assurances maladie.

Dans tous les secteurs d’activités, dans toutes les catégories socioprofessionnelles et à tous les niveaux hiérarchiques, des études montrent que le stress lié au travail et à la peur du chômage rend malade. Pour conserver son emploi, le salarié se soumet aux ordres de sa direction, contribue au « sale boulot » et accepte la dégradation de ses conditions de travail. Ce climat de soumission provoque l’activation du système inhibiteur de l’action. En se prolongeant, l’activation du SIA provoque des dérèglements internes et donc, l’augmentation de maladies physiques et psychiques graves (dépression, Alzheimer, diabète, cancer, etc…). De 1996 à 2005, le nombre officiel de maladies professionnelles reconnues a explosé de 288 %. En provoquant une hausse des dépenses de santé, les maladies liées à la souffrance au travail creusent le déficit de la caisse d’assurances maladie au profit de l’industrie pharmaceutique et de la santé. Le chômage et la peur du chômage étant en partie responsables de la hausse des dépenses, sa suppression contribuera à leur réduction.

De nombreuses études mettent en évidence que les hamburgers, le Nutella, les sodas, le Coca-Cola, les chips et de nombreux produits alimentaires transformés provoquent l’obésité. En France, le nombre d’obèses croît en moyenne de 6 % par an. En 2009, il a atteint 6,5 millions de personnes, soit 14 % de la population[7]. L’obésité est responsable de l’augmentation de maladies (diabète, troubles musculo-squelettiques, hypertension, accidents cardiovasculaires, cancer, etc…). En 2005, 16 % du budget de la santé des États-Unis a été consacré à des maladies liées à l’obésité[8]. En 2008, une étude américaine a fait apparaître que les dépenses de santé d’une personne obèse sont supérieures de 36 % à celle d’une personne ayant un poids normal[9]. Pour les réduire, il est nécessaire d’interdire ou de fixer une « taxe santé » sur tous les produits alimentaires transformés qui font grossir et qui sont nuisibles pour la santé. Afin d’encourager de bonnes pratiques alimentaires, il est également nécessaire de réguler les prix et de baisser la TVA sur les aliments qui contribuent à une alimentation saine et équilibrée. En baissant le prix des aliments bons pour la santé et en taxant la « malbouffe », il sera possible de motiver les ménages à changer leurs habitudes alimentaires. La pratique d’un sport ou d’une activité physique est indispensable au bien-être physique et psychique. Associée à une alimentation saine, le sport est un moyen agréable de perdre du poids. Afin de favoriser la prévention, il est donc nécessaire de procurer des plages horaires de temps libre pour favoriser et accompagner la pratique régulière d’une activité sportive.

Pour réduire les dépenses de santé, il est également nécessaire d’intervenir sur les maladies liées à l’environnement. Des nombreuses études montrent que les micro-ondes à basse fréquence utilisée par les antennes-relais, les portables, la Wi-Fi, etc…, ainsi que le bisphénol A, la pollution de l’air, les particules fines, les pesticides, etc., contribuent à l’augmentation de maladies graves (cancers, dépressions, infarctus, asthmes, etc…) et donc, à la hausse des dépenses de santé. Afin de les réduire, il est nécessaire, d’une part, de fixer une « taxe santé » sur les produits qui provoquent des maladies, et, d’autre part, de proposer des solutions bénéfiques pour la santé et l’environnement : baisser la fréquence des antennes relais en dessous de 0,6 volt par mètre, taxer les transports routiers, taxer davantage le diesel que l’essence, financer la recherche, baisser le prix des transports en commun, etc…

Dans le cadre du modèle économique durable, le budget alloué à la caisse de retraite sera de 95,9 milliards €. En 2012, comme le budget affecté à cette caisse était de 202 milliards €, les cotisations salariales et patronales ne seront pas suffisantes pour la financer. Pour que ce budget soit viable, il devra être réduit de 52,5 %. Qu’ils soient cadres ou employés, si les 15 millions de retraités (23,8 % de personnes de plus de 60 ans) percevaient un revenu optimal net de 887 €, il faudrait seulement 166 milliards pour financer les retraites. Dans ce cas, la fourchette des cotisations comprises entre le revenu optimal et maximum sera suffisante pour les financer. Afin d’assurer le financement des retraites, il apparaît également pertinent d’ouvrir le débat sur l’âge du départ à la retraite. En effet, lorsque les salariés travaillaient 5 jours par semaine et que l’activité professionnelle servait à générer des profits, il était juste et légitime qu’ils aient le droit de prendre leur retraite à 60 ans. Comme les salariés travailleront 2 jours par semaine, l’activité professionnelle sera reléguée à sa fonction première : satisfaire les besoins essentiels. Son rôle étant d’assurer la subsistance et un minimum de confort matériel, l’âge du départ à la retraite pourrait être envisagé en fonction du besoin de main-d’œuvre, des gains de productivité et de la capacité physique à assurer un emploi. En aménageant les emplois en fonction de la pénibilité, il sera possible de reculer l’âge du départ à la retraite. Lorsque la norme de la semaine de travail sera de 2 jours, les gains de productivité ne serviront plus à réduire le temps de travail, mais à avancer l’âge du départ à la retraite. Avec toutes ces mesures, la fourchette des cotisations comprises entre le revenu optimal et maximum serait suffisante pour en assurer le financement.

Dans le cadre du modèle économique durable, le budget alloué à la caisse d’allocations familiales sera 21 milliards €. En 2012, comme le budget affecté à cette caisse était de 55 milliards €, les cotisations patronales ne seront donc pas suffisantes pour la financer. Pour que ce budget soit viable, il devra être réduit de 61,8 %. Pour réduire ces dépenses de 61,8 %, il sera nécessaire de supprimer l’aide au logement allouée aux locataires qui subventionnent la hausse du marché de l’immobilier. Au lieu d’aider les personnes qui perçoivent un faible revenu, il apparaît plus pertinent de réguler le prix des loyers. Afin de réduire ces dépenses de 10 milliards € par an, il sera également nécessaire de supprimer le chèque emploi service et les abattements fiscaux dont bénéficient les ménages qui font appel à des entreprises de services aux particuliers. Étant donné que tous les salariés disposeront de 5 jours de temps libre par semaine, ils n’auront plus besoin de faire appel à des aides à domicile pour se charger de leurs enfants et de leurs tâches domestiques.

Les politiques et les économistes ultralibéraux pourraient objecter que, dans le cadre du modèle économique durable, la France ne serait pas suffisamment riche pour assurer une protection sociale à l’ensemble de sa population. De 1949 à 2013, la population française a été multipliée par 1,5 soit une augmentation de 54,6 %. De 1949 à 1989, la valeur ajoutée a été multipliée par 76,2 soit une augmentation de 7 521 %. Si la croissance de la valeur ajoutée de la France avait été inférieure à celle de sa population, il aurait été, en effet, difficile de financer la protection sociale. Comme la croissance de la valeur ajoutée est très largement supérieure, la France dispose des moyens d’assurer le financement d’une protection sociale de qualité. Le discours de celui qui affirmerait que la France n’est pas assez riche relève donc d’une posture idéologique ou de l’ignorance.

Pour qu’un revenu de 887 € soit viable et désirable, il doit sécuriser la satisfaction des besoins physiologiques et d’un minimum de confort matériel.

Jean-Christophe Giuliani

 

Cet article est extrait de l’ouvrage « Satisfaire nos besoins : un choix de société ! ». Ce livre permet d’appréhender que le choix du rapport au temps et des moyens utilisés pour satisfaire nos besoins n’est pas un choix économique, mais un choix de société dont dépend la survie et l’avenir de l’humanité. Vous pouvez le commander sur le site des Éditions du Net sous un format ePub ou Papier.

Pour accéder aux pages suivantes :

Réguler les prix de l’alimentation et du logement

[1] Smic : Le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance. Le Smic fixe un planché minimum au taux horaire de la rémunération de tous les salariés, dont la revalorisation est indexé sur la hausse du taux de l’indice des prix à la consommation et du salaire moyen.

[2] Insee, 1.115 Produit intérieur brut et revenu national brut par habitant, Op.Cit.

[3] Insee, Population par sexe et groupes d’âges depuis 1946, [En ligne], (consulté le février 2017) https://www.ined.fr/fr/tout-savoir-population/chiffres/france/structure-population/population-sexe-ages/

[4] Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, Repères & références statistique, 1.2, Évolution des effectifs d’élèves, d’étudiants et d’apprentis, [En ligne], (consulté le février 2017), https://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2015/90/7/rers_2015_457907.pdf

[5] Insee, 1.107 Partage de la valeur ajoutée brute à prix courants, [En ligne], (consulté le février 2017), https://www.insee.fr/fr/statistiques/2383629?sommaire=2383694

[6] CCI Essonne, Tableau général des charges sociales au 1er janvier 2013, [En ligne] (consulté le 15 janvier 2013),  https://www.synhorcat.com/IMG/pdf/Social_du_11.01.2013.pdf

[7] Le Figaro.fr santé, La progression inquiétante de l’obésité en France, [En ligne] (consulté le 10 octobre 2011), http://sante.lefigaro.fr/actualite/2009/11/10/9879-progression-inquietante-lobesite-france

[8] Wley J, Meyerhoefer C, The Medical care costs of obesity: An instrumental variables approach [archive], NBER Working Paper No. 16467, October 2010

[9] La Tribune, 17 septembre 2008, page 31

1 réflexion sur « Le revenu des salariés qui travailleront 2 jours »

  1. Qui êtes-vous pour avoir eu cette idée de génie et avoir su si bien la détailler et l’expliquer ?
    Merci
    Enfin quelqu’un qui réfléchit.

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