Le phénomène des « emplois bidons »

Article de David Graeber initialement publié en anglais sur Strike Magazine.

Dans une société où les poètes se métamorphosent en avocats d’affaires pour assurer les besoins matériels de leur famille et où l’inutilité de la plupart des emplois est criante au point d’être admise par ceux qui les occupent. L’anthropologue David Graeber revient sur les contradictions de la vision actuelle du travail.

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Courir après le temps libre

Jean-Christophe Giuliani

Le temps est au cœur de nos préoccupations quotidiennes. Nous passons notre temps à dire que nous manquons de temps, qu’il nous faut plus de temps, etc. L’individu et le temps étant étroitement liés dans l’action qui se vit au présent, dans l’optique d’une réflexion sur les conditions d’un changement de mode de vie individuel, il apparaît nécessaire de le prendre en considération. Pour cela, je commencerai par quantifier le temps libre dont dispose un individu sur sa durée de vie active, une semaine et une journée. Ensuite, je tenterai de trouver les moyens qu’il a sa disposition pour retrouver du temps libre. Pour finir, en m’appuyant sur des exemples d’emplois du temps professionnel, je tâcherai de démontrer que l’aménagement du temps a un impact direct sur le mode de vie et la qualité de vie d’un individu.

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Mode positionnel ou mode personnel : un choix de société

Jean-Christophe Giuliani

Le maintien des peuples dans un état de « servitude volontaire » ne s’obtient pas exclusivement par l’emploi de la force. En effet, comme l’affirmait Talleyrand « On peut tout faire avec des baïonnettes sauf s’asseoir dessus »[1]. Celui qui emploie la force pour asseoir son autorité ne peut se maintenir qu’en faisant régner un climat de peur et d’insécurité. Dès que la bride se relâche, les frustrations, les amertumes et la haine accumulées conduisent les dominés à se révolter et à remettre en question l’ordre établi. De ce fait, afin de légitimer leur autorité hiérarchique, les dominants utilisent une stratégie beaucoup plus subtile qui consiste à instrumentaliser le mode d’incitation des familles.

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Quelles sont les causes et conséquences du chômage ?

Jean-Christophe Giuliani

Depuis le milieu des années 70, la France et l’ensemble des pays industrialisés sont confrontés à une crise, dont l’une des conséquences est la hausse du chômage. En effet, de 1974 à 2013, le taux de chômage de la France est passé de 3,3 % à 9,8 % de la population active. Depuis 1974, tous les gouvernements, qui se sont succédé au pouvoir, ont tenté d’enrayer la hausse de ce fléau économique, politique et social. Afin d’éviter de proposer des solutions idéologiques ou doctrinaires, il apparaît pertinent d’en étudier les causes et les conséquences. Avant de proposer des solutions pour en finir avec le chômage, je commencerai donc par quantifier le nombre de chômeurs et par étudier les modes de calcul des demandeurs d’emploi. Ensuite, j’aborderai les conséquences économiques, politiques et sociales du chômage. Pour finir, après avoir analysé les liens qui unissent le chômage avec le taux horaire, le Code du travail, l’adéquation entre l’offre et la demande, la croissance du PIB et les gains de productivité, je tenterai d’en déterminer la cause réelle.

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Quelles sont les causes et conséquences des gains de productivité ?

Jean-Christophe Giuliani

Les gains de productivité et le partage de ces gains sont des enjeux économiques, politiques et sociaux majeurs. Afin de mieux appréhender ces enjeux, j’aborderai les causes, les modes de calcul et les conséquences des gains de productivité.

La production de panneaux solaires : Il n’y à pratiquement plus de salariés

« Dans très peu d’années – j’entends au cours de notre propre existence – il nous sera peut-être possible d’accomplir tous les actes que demandent l’agriculture, l’extraction des mines, et la fabrication des objets en ne fournissant que le quart des efforts auxquels nous sommes habitués. Actuellement, l’extrême rapidité avec laquelle se produisent tous ces bouleversements nous blesse, et nous oblige à résoudre de difficiles problèmes. Les pays qui souffrent le plus modérément sont ceux qui ne sont pas à l’avant-garde du progrès. Nous sommes atteints d’un nouveau mal, dont certains lecteurs ne connaissent peut-être pas encore le nom – le chômage technologique. Il désigne le chômage causé par la découverte de procédés nouveaux qui économisent la main-d’œuvre alors que la découverte de nouveaux débouchés pour celle-ci s’avère un peu plus lente. Mais il n’y a là qu’un état temporaire de réadaptation. Tout ceci signifie, en fin de compte, que l’humanité est en train de résoudre le problème économique. » John Maynard Keynes [24]

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Les gains de productivité seraient-ils responsable du chômage ?

Jean-Christophe Giuliani

Pour les hommes politiques et les économistes ultra-libéraux, les 5,9 millions d’actifs sans emploi sont dus au choc pétrolier de 1973, aux charges salariales qui pèsent sur la compétitivité des entreprises et à la faiblesse du taux de croissance du PIB. Ces explications un peu simplistes évoquent rarement le rôle des gains de productivité. Comme l’expliquait John Maynard Keynes en 1933, la croissance des gains de productivités serait responsable de la hausse d’un chômage technologique. Afin de mieux appréhender les liens qui unissent les gains de productivité, la croissance du PIB et le chômage, nous aborderons les causes, les modes de calcul et les conséquences des gains de productivité.

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J’ai besoin d’amour ou j’aime…

Jean-Christophe Giuliani

Étant la source de gratification la plus agréable et la plus profonde, l’amour, qu’il est aussi possible de traduire sous la forme de l’amitié ou d’une relation authentique à l’autre, est indispensable à l’émancipation des facultés de l’individu. Selon Erich Fromm, l’amour peut se vivre, souvent de manière inconsciente, sous la forme d’un manque « l’amour manque », de « l’amour avoir » ou de « l’amour Être ». Comme ils s’éprouvent à travers des pratiques quotidiennes, ces modes relationnels ne sont pas de simples concepts abstraits.

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Le travail aliéné

Karl Marx (1844)
Okonomisch philosophische manuskripte 1844, MEGA ½, p 364-366
Manuscrits économico-philosophiques de 1844, Vrin, p 117-119.
Nous partons d’un fait actuel de l’économie nationale

Le travailleur devient d’autant plus pauvre qu’il produit plus de richesse, que sa production croît en puissance et en volume. Le travailleur devient une marchandise d’autant plus vile qu’il crée davantage de marchandises. La dévalorisation du monde des hommes augmente en raison directe de la valorisation du monde des choses. Le travail ne produit pas seulement des marchandises ; il se produit lui-même, et le travailleur avec lui, en tant que marchandise, et cela dans la mesure même où il produit de façon générale des marchandises.

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Pourquoi le revenu universel menacerait-il la satisfaction des besoins essentiels ?

Jean-Christophe Giuliani

Au premier abord, le revenu universel apparaît comme une solution pertinente aux problèmes du chômage, de la pauvreté et des inégalités. Au lieu de me focaliser sur le montant de ce revenu et les moyens de le financer, je me suis intéressé aux conditions de production des biens et services destinés à satisfaire les besoins essentiels. Cette analyse fait apparaître, qu’au lieu de garantir et de sécuriser la satisfaction des besoins essentiels, ce revenu risque de rendre la satisfaction de ces besoins plus aléatoire.

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Eloge de l’oisiveté

Bertrand Russell

Avant de lire la suite, je vous invite à regarder la pièce de Dominique Rongvaux intitulée « Éloge de l’oisiveté »

 Bertrand Russell : traduit par M. Parmentier

Ainsi que la plupart des gens de ma génération, j’ai été élevé selon le principe que l’oisiveté est mère de tous vices. Comme j’étais un enfant pétris de vertu, je croyais tout ce qu’on me disait, et je me suis ainsi doté d’une conscience qui m’a contraint à peiner au travail toute ma vie. Cependant, si mes actions ont toujours été soumises à ma conscience, mes idées, en revanche, ont subi une révolution. En effet, j’en suis venu à penser que l’on travaille beaucoup trop de par le monde, que de voir dans le travail une vertu cause un tort immense, et qu’il importe à présent de faire valoir dans les pays industrialisés un point de vue qui diffère radicalement des préceptes traditionnels. Tout le monde connaît l’histoire du voyageur qui, à Naples, vit 12 mendiants étendus au soleil (c’était avant Mussolini), et proposa une lire à celui qui se montrerait le plus paresseux. 11 d’entre eux bondirent pour venir la lui réclamer : il la donna donc au 12e. Ce voyageur était sur la bonne piste.

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