Quelles sont les causes et conséquences des gains de productivité ?

Jean-Christophe Giuliani

Les gains de productivité et le partage de ces gains sont des enjeux économiques, politiques et sociaux majeurs. Afin de mieux appréhender ces enjeux, j’aborderai les causes, les modes de calcul et les conséquences des gains de productivité.

La production de panneaux solaires : Il n’y à pratiquement plus de salariés

« Dans très peu d’années – j’entends au cours de notre propre existence – il nous sera peut-être possible d’accomplir tous les actes que demandent l’agriculture, l’extraction des mines, et la fabrication des objets en ne fournissant que le quart des efforts auxquels nous sommes habitués. Actuellement, l’extrême rapidité avec laquelle se produisent tous ces bouleversements nous blesse, et nous oblige à résoudre de difficiles problèmes. Les pays qui souffrent le plus modérément sont ceux qui ne sont pas à l’avant-garde du progrès. Nous sommes atteints d’un nouveau mal, dont certains lecteurs ne connaissent peut-être pas encore le nom – le chômage technologique. Il désigne le chômage causé par la découverte de procédés nouveaux qui économisent la main-d’œuvre alors que la découverte de nouveaux débouchés pour celle-ci s’avère un peu plus lente. Mais il n’y a là qu’un état temporaire de réadaptation. Tout ceci signifie, en fin de compte, que l’humanité est en train de résoudre le problème économique. » John Maynard Keynes [24]

Comme l’expliquait déjà John Maynard Keynes en 1933, « Nous sommes atteints d’un nouveau mal, dont certains lecteurs ne connaissent peut-être pas encore le nom – le chômage technologique. Il désigne le chômage causé par la découverte de procédés nouveaux qui économisent la main-d’œuvre alors que la découverte de nouveaux débouchés pour celle-ci s’avère un peu plus lente. »[25] Afin de mieux appréhender les liens qui unissent la réduction de la durée moyenne du temps de travail, la croissance du PIB et le chômage, j’aborderai les causes, les modes de calcul et les conséquences de la productivité horaire, ainsi que les enjeux de la redistribution des bénéfices générés par ces gains.

Quelles sont les causes des gains de productivité ?

Les gains de productivité sont générés par le progrès technique et l’organisation du travail. Ces innovations provoquent une transformation des moyens et des méthodes de production, de l’organisation du travail, des produits, des marchés et des structures de l’économie.

Le premier secteur d’activité qui a bénéficié des gains de productivité est celui de l’agriculture. Le progrès des outils de production agricole (tracteurs, charrues, moissonneuses batteuses, etc.) a permis de réduire la durée moyenne du temps de travail et le nombre d’ouvriers agricoles. De 1950 à 2013, tandis que la productivité horaire du travail de l’agriculture progressait de 3 024 %[26], ses effectifs diminuaient de 86 %. Les gains de productivité générée dans l’agriculture ont permis de libérer la main-d’œuvre indispensable à l’essor de l’industrie et des services marchands.

Permettant de produire plus avec moins de temps et de main-d’œuvre, le progrès des outils de production industrielle (usines numériques, robots, etc.) a permis de générer d’importants gains de productivité. Ayant été remplacés par des robots, les ouvriers qui travaillent dans les usines modernes ne sont plus chargés de la production, mais de la maintenance et de l’entretien. De 1950 à 2013, tandis que la productivité horaire du travail de l’industrie progressait de 1 482 %, ses effectifs diminuaient de 38 %[27].

 

L’évolution des technologies de l’information et de la communication (TIC) : les ordinateurs, les téléphones mobiles, la visioconférence, les logiciels de traitement de l’information (ERP, CAO, FAO, CGDT, etc.) et les réseaux de circulations de l’information (semi-conducteurs, puces RFID, Internet, etc.) ont permis d’accélérer la circulation, la collecte et le traitement de l’information. Le progrès des moyens de transport (voiture, train, avion, cargo, tanker, etc.) et des infrastructures (autoroute, port, aéroport, ligne à grande vitesse, gazoduc, etc.) ont permis d’accélérer la circulation des voyageurs, des salariés, des matières premières et des marchandises au niveau local, national et mondial. En réduisant la durée et le coût des transports, les moyens de transport modernes facilitent les échanges internationaux. La réduction des coûts de transports, les TIC et la suppression des droits de douane ont rendu plus rentables les délocalisations en Chine, en Turquie, au Bangladesh, en Inde, etc.

Les gains de productivités sont également dus aux multiples méthodes d’organisation du travail (Taylorisme, Fordisme, Toyotisme, Lean Six Sigma[28], KAIZEN, méthode projet, etc.). Ces méthodes d’organisation donnent aux consultants en organisation les moyens de restructurer la production et les services. Le Toyotisme, qui consiste à produire à flux tendu et à limiter les stocks à zéro, nécessite l’intégration et la synchronisation des outils de production, des systèmes de suivis et de traitement de l’information et de la logistique. En se combinant, le progrès technique et les restructurations permettent de réduire le gaspillage d’énergie, de matière première et de temps de travail et donc, d’augmenter les gains de productivité.

  • Comment calculer les gains de productivité ?

La productivité mesure le rapport entre une production et la quantité de facteurs (capital, effectifs et heures de travail) mis en œuvre pour la réaliser. Elle peut mesurer la productivité physique du travail, la productivité du capital, la productivité du travail et la productivité horaire du travail.

– La productivité physique du travail mesure la quantité de production réalisée par une unité du facteur.

Productivité physique du travail

Par exemple, il est possible de calculer le rendement d’un salarié (nombre de pièces réalisées par un salarié pendant une heure de travail) ou d’une machine (nombre de pièces réalisées par une machine pendant une heure). Si 100 salariés produisent 10 000 pièces, la productivité du travail sera de 10 000/100 = 100 pièces par salarié. Chaque salarié produit en moyenne 100 pièces.

– La productivité du facteur capital mesure la valeur ajoutée générée par un euro de capital investi.

Productivité du capital

Par exemple, si un capital 10 000 € génère une valeur ajoutée de 100 000 €, la productivité du capital sera de 100 000/10 000 = 10 € par euro investi. Chaque euro investi génère en moyenne 10 € de valeur ajoutée.

– La productivité du travail mesure la valeur ajoutée produite par un salarié.

Productivité du travail

Par exemple, si 100 salariés génèrent 100 000 € de valeur ajoutée, la productivité du travail sera de 100 000/100 = 1 000 € par salarié. Chaque salarié génère en moyenne 1 000 € de valeur ajoutée.

– La productivité horaire du travail mesure la valeur ajoutée générée par le nombre d’heures de travail.

Productivité horaire du travail 1 ou

Productivité horaire 1

Par exemple, si 5 000 heures de travail génèrent 100 000 €, la productivité horaire du travail sera de 100 000/5 000 = 20 € par heure de travail. Chaque heure de travail génère en moyenne 20 € de valeur ajoutée.

Pour calculer la productivité horaire du travail, l’INSEE prend en compte le nombre d’heures de travail qui est égal à la durée individuelle moyenne du travail multiplié par les effectifs.

Productivité horaire du travail 2

Par exemple, si 100 salariés, qui travaillent en moyenne 50 heures, génèrent une valeur ajoutée de 100 000 €, la productivité horaire du travail sera de 100 000/(100 x 50) = 20 € par heure de travail. Chaque heure de travail d’un salarié génère en moyenne 20 € de valeur ajoutée.

Étant donné qu’elle permet de mesurer le dynamisme économique d’un salarié, d’un atelier, d’une entreprise ou d’un pays, la productivité horaire du travail ou la valeur ajoutée générée par 1 heure de travail est un indicateur important de l’économie. Le graphique ci-dessous présente l’évolution de la productivité horaire du travail (valeur ajoutée moyenne générée par 1 heure de travail) et du taux de productivité horaire du travail de la France de 1950 à 2013.

Évolution de la productivité horaire du travail de la France de 1950 à 2013

productivite-et-taux-croissance

-Source : Insee, moyennes heures de travail par branche, Comptes nationaux, Base 2010. (d).
-Source : Insee, 6.209 Emploi intérieur total par branche en nombre d’équivalents temps plein, comptes nationaux, base 2010 (e).
-Source : Insee, 6.202 Valeur ajoutée brute par branche en volume aux prix de l’année précédente chaînés, Comptes nationaux, Base 2010 (VA).
-Source : Insee, 6.215 Productivité horaire du travail par branche, Comptes nationaux, Base 2010.

L’analyse de ce graphique fait apparaître que la valeur ajoutée générée par 1 heure de travail a toujours été relativement soutenue. De 1950 à 2013, tandis que la productivité horaire ne cessait de croître, son taux de croissance décroissait. En effet, en passant de 5,9 € à 46,1 € de l’heure de travail[29], la productivité horaire a progressé de 681 %. En 2013, 1 heure de travail produisait 7,8 fois plus de valeur ajoutée qu’en 1950. Pourtant, sur la même période, son taux de croissance passait de 9,1 % à 0,5 %. Même si le taux de croissance de la productivité horaire d’une heure de travail de 2012 à 2013 était inférieur à celui de 1949 à 1950, la valeur ajoutée générée par ce taux était supérieure. En effet, tandis que de 1949 à 1950, la valeur ajoutée créée par un taux de productivité horaire de 9,1 % était de 0,5 € de l’heure, de 2012 à 2013, la valeur générée par un taux de 0,5 % était de 0,2 €. À taux de croissance équivalente, tandis qu’en 1951, 1 % de croissance générait 0,06 € de l’heure, en 2013, il génère 0,5 €, soit 8,3 fois plus de valeur ajoutée. Étant donné qu’en 2013 un salarié génère en moyen 7,8 fois plus de valeur qu’en 1950, ces surplus de valeur ajoutée ont un impact sur les effectifs des entreprises, les salaires, les prix, le développement économique, le chômage et la création d’emploi.

Après avoir présenté les causes, les modes de calcul et l’évolution de la productivité horaire du travail et de son taux de croissance, il apparaît pertinent d’étudier ces liens avec l’emploi.

  • Existe-t-il un lien entre les gains de productivité horaire et l’emploi ?

Grâce aux gains de productivité, il faut moins de temps de travail et donc de salarié pour produire autant voire plus. Il existe donc un lien étroit entre le taux de croissance du PIB en volume et celui de la productivité horaire du travail avec la création ou la destruction d’emplois.

croissance-ph-et-pib-avec-chomage

Le graphique ci-dessous présente le lien entre le taux de croissance du PIB en volume et celui de la productivité horaire du travail avec l’évolution des effectifs des entreprises de 1950 à 2013.

Taux croissance du PIB, productivité horaire et évolution effectifs de 1950 à 2013

Corrélation PIB productivité chômage

–  Source : Insee, 6.215 Productivités horaires du travail par branche, comptes nationaux, base 2010.
–  Source : Insee, 6.209 Emploi intérieur total par branche en nombre d’équivalents temps plein, comptes nationaux, base 2010.
–  Source : Insee, 1.102 Le produit intérieur brut et ses composantes en volume aux prix de l’année précédente chaînés, comptes nationaux, base 2010.

Ce graphique illustre parfaitement la corrélation entre le taux de croissance du PIB en volume et celui de la productivité horaire avec les effectifs des entreprises. Lorsque le taux de croissance du PIB en volume est supérieur à celui de la productivité horaire, les effectifs des entreprises augmentent, ce qui se traduit par des créations d’emplois et donc, une baisse du chômage. De 1963 à 1966, tandis que l’écart entre le taux de croissance du PIB et celui de la productivité horaire était de 2,5 points, les effectifs des entreprises ont augmenté de 368 mille personne. De 1986 à 1991, tandis que l’écart était de 5,8 points, les effectifs ont augmenté de 1,1 million, soit une baisse du taux de chômage de 0,2 point. De 1994 à 2002, l’écart étant de 1,9 point, les effectifs ont augmenté de 2,4 millions, soit une baisse du taux de chômage de 2,7 points. L’écart étant relativement faible sur 8 ans, la hausse des effectifs est en grande partie due à la loi sur les 35 heures. Ce n’est donc pas la croissance du PIB, mais la réduction de la durée légale du temps de travail qui a permis les créations d’emplois et donc, la baisse du chômage. De 2004 à 2008, l’écart étant de 3,2 points, les effectifs ont augmenté de 908 mille salariés, soit une baisse du taux de chômage de 1,3 point. De 1949 à 1968, tandis que la croissance du PIB en volume progressait de 164 %, celle de la productivité horaire du travail progressait de 165 %. L’écart étant de 1 point, la durée moyenne du temps de travail hebdomadaire est seulement passée de 47 à 45 heures. Les heures de travail supplémentaires générées par la croissance du PIB ont permis de compenser la réduction des heures provoquée par les gains de productivité. L’écart étant de 5 heures en faveur de la durée moyenne, le taux de chômage de 1968 était seulement de 2,5 %.

À l’inverse, lorsque le taux de croissance du PIB est inférieur à celui de la productivité horaire, le surplus d’activité ne parvient pas à compenser les destructions d’emplois provoquées par les gains de productivité. Le surplus d’activité étant insuffisant, les effectifs des entreprises diminuent, ce qui se traduit par une hausse du taux de chômage. De 1957 à 1959, tandis que l’écart entre le taux de croissance du PIB et celui de la productivité horaire était de -1,5 %, les effectifs des entreprises ont diminué de 156 mille salariés. De 1982 à 1985, tandis que l’écart était de -4,7 %, les effectifs ont diminué de 198 mille salariés, soit une hausse du taux de chômage de 1,9 point. De 1991 à 1993, l’écart étant de -2,9 %, les effectifs ont diminué de 395 milles personne, soit une hausse du taux de chômage de 1,8 point. La dernière plus forte baisse d’effectifs est consécutive à la crise de 2008. De 2008 à 2009, l’écart étant de -3,3 %, les effectifs ont diminué de 309 milles personne, soit une hausse du taux de chômage de 1,6 point. À chaque fois, la baisse des effectifs a provoqué une forte hausse du chômage. De 1969 à 2013, tandis que la croissance du PIB progressait de 176 %, celle de la productivité progressait de 195 %. L’écart étant de 19 points, la durée moyenne du temps de travail est passée de 45 à 34 heures. La croissance du PIB étant insuffisante pour compenser la réduction des heures de travail et donc, des effectifs provoquée par les gains de productivité, le chômage a augmenté. De 1969 à 1997, tandis que la durée moyenne passait de 45 à 36 heures, la durée légale passait de 40 à 39 heures. L’écart étant de 3 heures en faveur de la durée légale, le taux de chômage de 1997 était de 11,8 %. En permettant d’augmenter les effectifs sans générer d’activité supplémentaire, les 35 heures ont ramené le taux de chômage de 2013 à 9,9 %.

Étant donné que les effectifs des entreprises diminuent lorsque le taux de croissance de la productivité horaire est supérieur à celui du PIB, cette analyse désigne les gains de productivité comme le principal responsable de la hausse du chômage.

  • Comment absorber les destructions d’emplois générées par les gains de productivité ?

Les gains de productivité étant désignés comme la principale cause de la hausse du chômage, pour créer des emplois, il est nécessaire d’absorber les destructions générées par ces gains. Pour les absorber, le surplus d’activité et donc, le taux de croissance du PIB doit être supérieurs à celui des gains de productivité. Il apparaît donc légitime de se poser ces questions : comment absorber ces destructions d’emploi ? Comment obtenir et financer ces surplus d’activité ?

L’exemple de l’usine de production Alpha permet de réfléchir aux moyens d’absorber les destructions d’emploi et de financer ces surplus d’activité à court, moyen et long terme. En 1950, l’usine Alpha produisait 10 voitures (5 A et 5 B) avec 40 salariés et 100 heures de travail.

Gain prod uzine A 2007

En 2013, les dirigeants de l’usine Alpha ont décidé d’investir dans l’outil de production (robots et machines numériques) et de faire appel à des consultants en organisation pour restructurer l’entreprise. Suite aux investissements et à la restructuration, l’usine Alpha produisait 100 voitures (50 A et 50 B) avec 20 salariés et 50 heures de travail.

Gain productivité uzine A

Le progrès technique et l’organisation du travail ont permis de produire 10 fois plus de voitures avec 2 fois moins de temps et de salariés.

Ayant besoin de moins de temps de travail pour produire plus, à court terme l’usine Alpha baisse ses coûts de production et se retrouve avec un surplus d’heures de travail. Étant donné qu’un salarié vend son temps en échange d’une rémunération, avoir un surplus d’heures de travail équivaut à avoir un surplus de salariés et donc, un surplus de charges salariales. Même si l’entreprise a besoin de moins d’heures de travail et donc, de salariés, elle doit quand même rémunérer ce surplus d’heures. Afin de diminuer ses charges salariales, à court terme, les dirigeants de l’usine Alpha ont le choix entre deux solutions : réduire les effectifs ou réduire le temps de travail. Le schéma ci-dessous présente les enjeux du partage des surplus d’heures de travail générés par la hausse des gains de productivité.

Le partage des surplus d’heures de travail générés par les gains de productivité

Les dirigeants de l’usine Alpha choisissent de réduire le temps de travail. Pour que la réduction du temps de travail absorbe les destructions d’emploi, elle doit permettre de partager ou de répartir les surplus d’heures de travail et de charges salariales entre tous les salariés. En répartissant les charges, l’usine Alpha augmente ses bénéfices bruts d’exploitation sans licencier. Comme les salariés travaillent moins, à taux horaire constant, ils gagnent moins. Afin de compenser la perte de revenu consécutive à la réduction du temps de travail, les dirigeants de l’usine Alpha peuvent décider d’augmenter le taux horaire des rémunérations en partageant une partie des bénéfices générés par les gains de productivité. En conservant ses effectifs, elle ne contribue pas à la hausse du chômage. Ne nécessitant pas un surplus d’activité, ce choix évite d’augmenter les rejets de CO2 ainsi que le gaspillage des matières premières, des ressources énergétiques et des ressources naturelles.

Les dirigeants de l’usine Alpha choisissent de réduire les effectifs et donc, de licencier le surplus de salariés. Étant donné qu’ils contribuent à réduire les surplus d’heures, les licenciements apparaissent comme une forme déguisée de réduction du temps de travail. À court terme, même s’ils provoquent la hausse du chômage, les licenciements contribuent à la baisse des charges salariales. La baisse des charges provoque une diminution des coûts de production qui contribue à l’augmentation des bénéfices bruts d’exploitation ou de l’excédent brut d’exploitation (EBE). C’est à ce moment qu’intervient l’enjeu de la redistribution de ces bénéfices.

Quels sont les enjeux de la redistribution des bénéfices ?

La redistribution des bénéfices bruts d’exploitation générés par les gains de productivité et les licenciements apparaît comme un enjeu économique, politique et social majeur à moyen et long terme. En effet, ces bénéfices peuvent être redistribués sous la forme d’une baisse des prix, d’une hausse des impôts, de la hausse des salaires ou des dividendes, de la hausse des investissements ou des placements sur les marchés financiers. En fonction du mode de redistribution, ces bénéfices provoqueront la hausse du chômage ou permettront un surplus d’activité qui stimulera la croissance du PIB et donc, la création d’emplois.

  • Les bénéfices peuvent être redistribués aux ménages sous la forme d’une baisse des prix.

En baissant ses prix, l’entreprise obtient un double avantage. En augmentant le pouvoir d’achat des ménages, elle provoque une hausse de la consommation. En obtenant un avantage compétitif sur ses concurrents, elle augmente ses parts de marchés et ses exportations. À moyen terme, comme elle provoque un surplus d’activité, la baisse des prix provoque la hausse de la production et donc, la création d’emplois.

  • Les bénéfices peuvent être redistribués à l’État sous la forme d’impôts.

En 2013, les dépenses des administrations publiques représentaient 24,1 % du PIB[30]. En payant ses impôts, l’entreprise finance l’éducation, la santé, la construction d’infrastructures (route, ligne TGV, etc.), l’armement, etc. À moyen terme, les dépenses et les investissements publics de l’État contribuent à provoquer un surplus d’activité. En stimulant la croissance du PIB, ces surplus d’activité créent des emplois. Il est important de préciser, que les impôts qui contribuent à rembourser les intérêts de la dette publique ne génèrent pas de surplus d’activité et donc, la création d’emplois.

  • Les bénéfices peuvent être redistribués en faveur des salariés ou des actionnaires.

Il est important de préciser que la finalité d’une entreprise n’est pas de créer des emplois et d’améliorer les conditions de vie des salariés, mais de pérenniser son activité et de générer des profits pour ses dirigeants ou ses actionnaires. Les bénéfices peuvent être redistribués aux actionnaires (fonds de pension, banques et investisseurs privés) sous la forme de dividendes ou aux salariés sous la forme d’une hausse de salaires ou des avantages sociaux (retraite, assurance maladie et allocation familiale, congés payés, etc.). Le graphique ci-dessous présente le partage de la valeur ajoutée des sociétés non financières de 1950 à 2013.

Le partage de la valeur ajoutée des sociétés non financières de 1950 à 2013

Partage valeure ajouté

–  Source : Insee, 7.101 Compte des sociétés non financières (S11), comptes nationaux, base 2010.

De 1949 à 1982, en passant de 68,1 % à 73,3 %, la part de la valeur ajoutée versée aux salariés (salaires bruts + cotisations sociales patronales) a augmenté de 5,2 points. Sur la même période, en passant de 1,3 % à 4,9 %, la part versée aux actionnaires a augmenté de 3,6 points. À partir du milieu des années 80, les actionnaires ont exigé un taux de rentabilité de 15 %. Cette exigence a eu des répercussions importantes sur le partage des bénéfices. De 1983 à 2013, tandis que la part de la valeur ajoutée versée aux salariés diminuait de 6,7 points, celle versée aux actionnaires augmentait de 13,2 points. En 2007, avant la crise des SUBPRIMES, tandis que la part versée aux actionnaires était de 27 %, celle versée aux salariés était de 63,1 %.

Étant donné qu’une grande partie des dividendes versés aux actionnaires sont à nouveau placés sur les marchés financiers, ils ne contribuent pas à relancer la consommation, à générer un surplus d’activité, à stimuler la croissance du PIB et donc, à créer des emplois. Les produits dérivés (CDO, titrisation, etc.) étant de plus en plus spéculatifs et virtuels, les placements croissants des sociétés non financières sur les marchés financiers constituent une menace pour la stabilité de l’économie réelle et de la société. Lorsqu’un krach boursier se produit (1987, 2001, 2008, etc.), les bénéfices générés par les gains de productivité, les restructurations, les licenciements et les baisses de charges salariales sont absorbés par l’effondrement du cours des actions et des titres. Le krach boursier de 2008 a fait disparaître une partie de la valeur ajoutée générée par l’activité économique réelle.

De 1950 à 1982, la redistribution des bénéfices en faveur des salariés a permis de soutenir un taux de croissance élevé de la consommation et du PIB. Le surplus d’activité étant plus important que les gains de productivité, le taux de chômage était relativement faible. À partir de 1983, la redistribution au profit des actionnaires a provoqué une baisse du taux de croissance de la consommation et du PIB. La baisse de la consommation des ménages a provoqué un ralentissement de l’activité économique et donc, la hausse du chômage. Si les bénéfices avaient été redistribués aux salariés, l’augmentation des salaires aurait provoqué la hausse de la consommation qui aurait généré un surplus d’activité et donc, la création d’emplois.

  • Les bénéfices peuvent être investis ou placés sur les marchés financiers.

Les bénéfices peuvent être investis dans la recherche et le développement (R&D), l’outil de production ou placé sur les marchés financiers. Le graphique ci-dessous présente la part des investissements et des profits financiers des sociétés non financières, c’est-à-dire toutes les entreprises dont l’activité principale n’est pas la finance, de 1949 à 2013.

Part des investissements et des profits financiers des sociétés non financières.

Investissement et profits financier

–  Source : Insee, 7.101 Compte des sociétés non financières (S11), comptes nationaux, base 2010.
–  Source : Insee, 4.101 Principaux ratios des comptes des sociétés non financières (S11) et des entreprises individuelles non financières (S14AA), comptes nationaux, base 2010.

L’analyse de ces courbes montre que les sociétés non financières placent de plus en plus leurs bénéfices et leurs surplus de trésoreries sur les marchés financiers au détriment de l’investissement dans la R&D et l’outil de production. De 1949 à 2013, tandis que la part des revenus financiers (D4 revenus de la propriété) est passée de 1,3 % à 18,4 %, celle des investissements est passée de 28,9 % à 22,5 %. Étant donné que la part de la valeur ajoutée générée par les profits financiers a augmenté de 17,1 points, les placements financiers sont devenus une activité importante des sociétés non financières. De 1980 à 2007, juste avant la crise des SUBPRIMES, cette part est passée de 4,4 % à 27 % soit une hausse de 22,6 points. Concernant les investissements, la part de la valeur ajoutée qui leur était consacrée a diminué de 6,4 points. En 1995, elle est même descendue jusqu’à 19,7 %. La baisse des investissements au profit des placements financiers à des répercussions sur la création d’emploi à moyen et long terme.

La question qu’il apparaît légitime de se poser est celle-ci : pourquoi les entreprises favoriseraient-elles les placements financiers au détriment de l’investissement ? Dans un système de marché concurrentiel, pour pérenniser son activité, une entreprise doit être toujours plus compétitive et innovante que ses concurrentes. Le rôle de la R&D est de générer des innovations et des brevets dont la finalité est de créer de nouveaux produits ou d’introduire de nouvelles méthodes de production. En commercialisant un nouveau produit, l’entreprise s’octroie un monopole temporaire et un avantage compétitif qui lui permettent de conquérir des parts de marché en augmentant ses prix, sa marge bénéficiaire et donc, ses bénéfices. En prenant le risque de développer et de commercialiser l’iPhone, Appel a bénéficié d’un avantage compétitif qui lui a permis de vendre ses téléphones avec une marge relativement élevée. Les profits générés par l’iPhone lui ont permis d’investir dans la R&D et de distribuer des dividendes à ses actionnaires.

L’offre de biens et de services marchands étant saturée, le choix d’un investissement est une prise de décision de plus en plus risquée qui engage l’avenir d’une entreprise. Une innovation génère des bénéfices si elle se vend et permet de créer un nouveau marché. Si elle ne se vend pas, l’investissement représente un coût et donc, une perte pour l’entreprise. Chaque année, 90 % des 20 000 nouveaux produits proposés aux consommateurs européens sont des échecs commerciaux[31]. Étant donné que seuls 2 000 produits permettront, de faire des bénéfices, malgré le coût élevé d’un investissement, le retour sur investissement n’est jamais garanti. Le succès de l’iPhone masque l’échec de milliers de nouveaux produits, tel que Google Glass, dont la conception et la commercialisation ont nécessité un investissement très important.

Le taux d’échec des innovations étant relativement élevé, les investissements apparaissent donc plus risqués que les placements financiers. Étant donné que depuis le milieu des années 80, les actionnaires exigent un taux de rentabilité de 15 %, les profits générés par les placements financiers peuvent être plus élevés que ceux de l’activité réelle de l’entreprise. Si un placement de 100 € rapporte 15 € et qu’un investissement de 100 € rapporte 5 €, d’un point de vue purement financier, il apparaît plus rentable et « moins risqué » d’investir sur les marchés financiers. Lorsqu’un krach boursier se produit, les bénéfices générés par les gains de productivité, les restructurations, les licenciements et la baisse des charges salariales sont absorbés par l’effondrement des marchés financiers. Le krach boursier de 2008 a englouti la trésorerie d’entreprises qui aurait pu être investie dans la recherche et l’outil de production. N’ayant plus de trésorerie pour investir, les entreprises n’innovent plus, ne développent pas de nouveaux produits et donc, ne sont plus compétitives. N’étant plus compétitives, elles perdent des parts de marchés, ce qui se traduit par une baisse de l’activité et des bénéfices. Pour compenser ses pertes et rétablir sa trésorerie, l’entreprise est obligée de licencier du personnel et de fermer des sites de production. Ce qui se traduit par une hausse du chômage. Étant donné que l’investissement est l’une des conditions de la création d’emplois à moyen et long terme, les entreprises qui placent leurs bénéfices sur les marchés financiers contribuent à la hausse du chômage. En favorisant l’investissement, les entreprises peuvent contribuer à l’émergence de nouvelles branches ou secteurs d’activités et donc, à la création de nouveaux gisements d’emploi.

Cette analyse fait apparaître que la hausse du chômage n’est pas due au fait que le taux de croissance du PIB soit inférieur à celui de la productivité horaire. Même si les gains de productivité apparaissent comme les principaux responsables, il ne faut pas oublier que ce sont les dirigeants des entreprises ou les assemblées générales des actionnaires qui prennent la décision de réduire les effectifs ou le temps de travail. S’ils choisissent l’option de licencier le surplus de salariés, le choix de la redistribution des bénéfices générés par les gains de productivité et la baisse des charges salariales a également un impact sur la création d’emploi. En effet, s’ils décident de les redistribuer sous la forme d’une baisse des prix ou d’une hausse des impôts, des salaires ou des investissements, ils contribueront à générer un surplus d’activité qui permettra de créer des emplois. Par contre, s’ils décident d’augmenter les dividendes ou les placements sur les marchés financiers, ils risquent de provoquer une stagnation de l’activité et donc, de favoriser la hausse du chômage.

  • Favoriser l’émergence de nouvelles branches d’activités.

Le progrès technique, l’organisation du travail et les délocalisations ont provoqué la baisse des effectifs de certaines branches au profit d’autres. Les graphiques ci-dessous présentent le taux de croissance de la productivité horaire du travail par branche et le taux de croissance des effectifs par branches de 1950 à 2012.

 Taux de croissance de la productivité                   Taux de croissance des effectifs

croissance-prod-et-effectif

-Source : Insee, 6.209 Emploi intérieur total par branche en nombre d’équivalents temps plein, Comptes nationaux, Base 2010.
-Source : Insee, 6.213 Volume total d’heures travaillées par branche, Comptes nationaux, Base 2010.
-Source : Insee, 6.202 Valeur ajoutée brute par branche en volume aux prix de l’année précédente chaînés, Comptes nationaux, Base 2010.

Ces graphiques font apparaître une corrélation entre le taux de croissances de la productivité horaire d’une branche d’activité avec l’évolution de ses effectifs. Plus le taux de croissance est élevé, plus les effectifs diminuent. En effet, de 1950 à 2012, tandis que la productivité horaire de l’agriculture passait de 0,6 à 19,3 € de l’heure et celle de l’industrie de 3,5 à 54,3 €, les effectifs de ces secteurs ont respectivement diminué de 5 487 à 760 milles et de 4 780 à 3 068 milles personnes. Alors que le taux de croissance de la productivité de l’agriculture et de l’industrie progressait de 3 131 % et de 1 469 %, les effectifs diminuaient de 86 % et de 35,8 %. Si les destructions d’emploi de l’agriculture sont dues aux gains de productivité, celles de l’industrie sont, pour une part, dues aux délocalisations des activités à faible valeur ajoutée (textile, équipement électrique, etc.) dans des pays où le taux horaire et la protection sociale de la main-d’œuvre peu qualifiée sont moins élevés qu’en France, tels que la Chine, la Turquie, le Bangladesh, etc. Ces délocalisations sont favorisées par les TIC, la suppression des taxes douanières, la réduction de la durée des trajets et la baisse des coûts de transport.

À l’inverse, plus le taux de croissance de la productivité est faible, plus la branche crée d’emplois. En effet, sur la même période, tandis que la productivité horaire de la construction passait de 10,5 à 33,5 € de l’heure, celle des services marchands de 9,6 à 51,8 € et celle des services non marchands de 17 à 38,6 €, les effectifs augmentaient respectivement de 1 068 à 1 851 milles, de 5 126 à 13 511 milles et de 3 087 à 7 900 milles personnes. Alors que le taux de croissance de la productivité de la construction, des services marchands et des services non marchands progressait respectivement de 212 %, 471 % et 133 %, les effectifs augmentaient de 80,6 %, 163,9 % et 161,6 %. Ce processus explique la tertiarisation progressive de l’activité économique.

Les emplois à faible valeur ajoutée détruits dans l’agriculture et l’industrie ont été déversés dans les secteurs d’activités marchands et non marchands à plus forte valeur ajoutée (commerce, réparation automobile, hôtellerie et restauration, logistique, santé, éducation, informatique, juridique, etc.). Le graphique ci-dessous présente le déversement de la main-d’œuvre des secteurs primaires et secondaires vers le secteur tertiaire[32] sur les périodes de 1950 et de 2010.

Le processus de déversement de la main-d’œuvre de 1950 et 2010

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–  Source : Insee, 6.209 Emploi intérieur total par branche en nombre d’équivalents temps plein, comptes nationaux, base 2010.

De 1950 à 2010, les effectifs du secteur primaire sont passés de 28 % à 3 %, ceux du secteur secondaire de 29 % à 19 % et ceux du secteur tertiaire de 42 % à 78 %. En 2010, le secteur tertiaire était le premier secteur d’activité de la France. Étant donné que les emplois d’infirmières, d’aides-soignantes, d’aides ménagères, de serveurs, de cuisiniers, de plongeurs, de mécaniciens, d’éboueurs, d’agents de sécurité, etc., ne sont pas délocalisables, se sont les nouvelles méthodes de management (Lean Six Sigma) qui permettront d’optimiser la productivité horaire de ces secteurs et donc, à terme, d’en réduire les effectifs. En permettant la vente à distance, l’automatisation des tâches et le payement en ligne, le e-commerce supprimera à terme des emplois de vendeurs, d’employés libre-service et de caissières qui seront remplacés par des préparateurs de commandes. La création et la gestion d’un site commercial pouvant se faire à l’étranger, le développement du e-commerce risque également de provoquer la délocalisation des emplois d’informaticiens et de développeurs dans des pays où le coût de la main-d’œuvre qualifiée est moins cher qu’en France, tel que l’Inde.

Le progrès technique, Internet, les nouvelles méthodes d’organisation du travail et les restructurations d’entreprises ne cessent de générer toujours plus de gains de productivité, de transformer les métiers et de favoriser la délocalisation d’emplois qualifiés. Par exemple, l’informatisation des services de comptabilité a permis de remplacer les secrétaires comptables par un comptable qui fournit plus de travail en moins de temps. Ces emplois peu qualifiés et à faible valeur ajoutée ont été, en partie, remplacés par des emplois très qualifiés et à haute valeur ajoutée d’ingénieur en informatique qui développent des logiciels de comptabilité.

Les progrès dans le domaine de l’automatisation, qui comprend les robots, l’intelligence artificielle et les algorithmes, permettront à terme d’automatiser 50 % des métiers qualifiés et très qualifiés à faible et à haute valeur ajoutée. Les métiers qui nécessitent un niveau moyen de qualification (employés de banque, comptables, conducteurs de trains, chauffeur de camion, etc.) ne seront pas les seuls à être menacés. En effet, à moyen terme, des métiers très qualifiés (experts comptables, traders, journalistes, médecins, avocats, etc.) seront également concernés par l’automatisation. Aujourd’hui, des traders sont progressivement remplacés par des algorithmes qui prennent des décisions à la nanoseconde. En réduisant le nombre d’heures de travail nécessaire pour effectuer une mission, l’automatisation va détruire des millions d’emplois qualifiés d’avocats. Là où il fallait mobiliser une trentaine d’avocats et de nombreuses heures de travail pour analyser un dossier, rechercher de la documentation et les jurisprudences, avec l’aide de bandes de données et d’algorithmes, il n’en faudra plus que trois. Comme il faudra toujours plaider, le métier d’avocat ne disparaîtra pas, mais il en faudra moins. Étant donné que, pour le moment, les ordinateurs et les robots ne sont pas capables d’imaginations et d’émotions et donc, de créativité, seuls les métiers innovants et créatifs de chercheurs, de concepteurs d’algorithmes, d’artistes, d’acteurs de théâtre, de maître artisan, de sportifs de haut niveau, etc., ne disparaîtront pas.

Étant donné que les entreprises auront besoin de moins de temps de travail et donc, de salariés pour produire autant, voir plus de biens et de services, les gains de productivité apparaissent à la fois comme une menace pour l’emploi et l’opportunité d’un changement de mode de vie et de société. Afin d’éviter qu’une part croissante de la population se retrouve sans emploi, sans raison d’être et sans utilité sociale, il apparaît nécessaire de favoriser l’émergence d’une nouvelle branche d’activités dont la finalité serait le développement et l’émancipation de chaque individu. En absorbant les destructions d’emplois du secteur tertiaire, cette nouvelle branche permettrait d’éviter la hausse du chômage générer par le progrès technique, l’organisation du travail et les délocalisations.

Pour en finir définitivement avec le chômage, le gouvernement dispose de deux solutions : relancer la croissance du PIB ou réduire la durée légale du temps de travail. Le choix entre l’une ou l’autre de ces solutions n’est pas un choix économique, mais un choix de société.

Jean-Christophe Giuliani

 

Pour aborder les solutions qui permettront d’en finir avec le chômage, je vous invite soit :

– à acheter le livre : « En finir avec le chômage : un choix de société ! », sous un format Kindle ou papier,  en cliquant sur le lien « En finir avec le chômage« .

– à consulter les pages suivantes en cliquant sur les liens qui vous sont proposés ci-dessous.

Pour accéder aux pages suivantes :

– La croissance du PIB peut-elle supprimer le chômage ?

– La réduction du temps de travail peut-elle supprimer le chômage ?

Combien d’heures devrions-nous travailler pour supprimer le chômage ?

La réduction du temps de travail : un choix de société !


[24] Keynes John Maynard, Essais de persuasion, Paris, Gallimard, 1933

[25] Ibid

[26] Insee, 6.209 Emploi intérieur total par branche en nombre d’équivalents temps plein,  6.202 Valeur ajoutée brute par branche en volume aux prix de l’année précédente chaînés, Comptes nationaux, Base 2010. (Valeur Ajoutée / Volume d’heures travaillées)

[27] Ibid

[28] Le Lean Six Sigma est une méthodologie de management qui s’applique aux processus. Son but est d’améliorer la satisfaction des clients et la performance financière de l’entreprise pour répondre aux objectifs stratégiques définis par la Direction Générale. Le Lean Six Sigma est la fusion de deux méthodes : le Lean et le Six Sigma. Le Lean vise à l’élimination des pertes et des tâches sans valeur ajoutée, ainsi qu’à la simplification des processus en vue d’augmenter la fluidité, la flexibilité et l’agilité de l’entreprise. Son objectif est d’accroître la valeur client et d’améliorer la performance de l’entreprise. Le Six Sigma vise à normaliser et à standardiser les processus afin de les rendre plus fiables, stables et prévisibles et de s’assurer de la reproductibilité « parfaite » du processus pour tendre vers le zéro défaut et la satisfaction des clients.

[29] Insee, 6.208 Emploi intérieur total par branche en nombre de personnes, 6.202 Valeur ajoutée brute par branche en volume aux prix de l’année précédente chaînés, Comptes nationaux, Base 2010

[30] Insee, 1.101 Le produit intérieur brut et ses composantes à prix courants, comptes nationaux, base 2010.

[31] Lipovetsky Gilles, le bonheur paradoxal, Paris, Gallimard, 2006, page 95.

[32] Le secteur primaire correspond aux activités liées à l’extraction des ressources naturelles (agriculture, pêche, exploitation forestière et exploitation minière.) Le secteur secondaire correspond aux activités liées à la transformation des matières premières, qui sont issues du secteur primaire (l’industrie du bois, du textile, aéronautique, automobile, pharmaceutique, électronique, le raffinage du pétrole, la construction, etc.) Le secteur tertiaire regroupe pour l’essentiel des services (conseil, banque, assurance, grande distribution, communication, informatique, médias, tourisme, immobiliers, services aux particuliers, santé, éducation, servies sociaux, etc.)

6 réflexions au sujet de « Quelles sont les causes et conséquences des gains de productivité ? »

  1. Merci pour cet excellent article et pour le travail que cela a nécessité. Comme quoi, le travail peut être très enrichissant 🙂
    Je mets un lien sur mon blog car je crois que nous défendons une vision similaire de la place de l’Homme dans ce monde.

  2. Ping : Sauver l'état providence en votant | Au commencement était le Verbe...

  3. Merci pour cet article très instructif. Est ce que vous avez l’intention de mettre à jour graphiques et analyses avec des chiffres plus récent?

  4. Je viens de mettre à jour certains graphiques et certaines analyses.

    En ce qui concerne les données, je me suis limité à 2013 pour être certain de disposer de l’ensemble des données concernant une année.

    Si vous souhaitez avoir des données plus récentes pour calculer le nombre de chômeurs, la durée du temps de travail ou le montant du PIB qui permettra d’en finir avec le chômage pour 2015, je vous invite à vous rendre sur le site de l’Insee ou de saisir sur Google les sources de chacune des données

    En vous appuyant sur les équations qui vous sont proposées, vous pouvez effectuer vous-mêmes l’ensemble des calculs pour 2015.

    J’espère que cette réponse, un peu tardive, aura répondu à vos attentes.

  5. Ping : Le temps d’être citoyen – Porteurs de Liens

  6. Étant donné que nous partageons le même objectif : contribuer à la transformation sociale et accompagner un changement de mode de vie individuel et collectif, je pense qu’il serait pertinent que nous partagions nos liens en créant des liens entre nos blogues respectifs.

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