Inciter les salariés à travailler toujours plus en limitant l’offre d’emploi

Auteur : Jean-Christophe Giuliani

La satisfaction des besoins physiologiques et de sécurité est indispensable au maintien de l’équilibre biologique interne de l’individu.

Quelle que soit sa catégorie socioprofessionnelle, le premier objectif d’un salarié est de sécuriser sa situation professionnelle pour satisfaire ses besoins physiologiques et ceux de sa famille. En exerçant une activité professionnelle, l’individu perçoit un salaire qui lui permet de payer son loyer, son alimentation, ses factures d’eau, d’électricité et de téléphone, les traites de sa maison, etc.

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L’activité professionnelle peut-elle satisfaire tous nos besoins ?

Auteur : Jean-Christophe Giuliani

Au début des années 70, pour faire face aux revendications des tenants de la critique sociale et de la critique artiste, les agences de conseils en management ont couplé les besoins et les circuits du plaisir et de la souffrance avec le temps et la peur du chômage. Ce couplage a permis de développer des stratégies différenciées en fonction des besoins et du public pour contraindre, inciter ou motiver les ouvriers, les employés, les cadres et les classes moyennes à travailler toujours plus.

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Satisfaire nos besoins en travaillant 5 jours : le choix de la catastrophe

Auteur : Jean-Christophe Giuliani

« Dès le moment de la parution de la première machine, il fut évident, pour tous les gens qui réfléchissaient, que la nécessité du travail de l’homme et, en conséquence, dans une grande mesure, de l’inégalité humaine, avait disparu. Si la machine était délibérément employée dans ce but, la faim, le surmenage, la malpropreté, l’ignorance et la maladie pourraient être éliminées après quelques générations. En effet, alors qu’elle n’était pas employée dans cette intention, la machine, en produisant des richesses qu’il était parfois impossible de distribuer, éleva réellement de beaucoup, par une sorte de processus automatique, le niveau moyen de vie des humains, pendant une période d’environ cinquante ans, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Mais il était aussi évident qu’un accroissement général de la richesse menaçait d’amener la destruction, était vraiment, en un sens, la destruction, d’une société hiérarchisée. Dans un monde dans lequel le nombre d’heures de travail serait court, où chacun aurait suffisamment de nourriture, vivrait dans une maison munie d’une salle de bains et d’un réfrigérateur, posséderait une automobile ou même un aéroplane, la plus évidente, et peut-être la plus importante forme d’inégalité aurait déjà disparu. Devenue générale, la richesse ne conférerait plus aucune distinction. […] Si tous, en effet, jouissaient de la même façon de loisirs et de sécurité, la grande masse d’êtres humains qui est normalement abrutie par la pauvreté pourrait s’instruire et apprendre à réfléchir par elle-même, elle s’apercevrait alors tôt ou tard que la minorité privilégiée n’a aucune raison d’être, et la balaierait. En résumé, une société hiérarchisée n’était possible que sur la base de la pauvreté et de l’ignorance. »  George Orwell[1]

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Gains de productivité

Jean-Christophe Giuliani

Les gains de productivité sont générés par le progrès technique et l’organisation du travail. Ces innovations provoquent une transformation des moyens et des méthodes de production, des produits, des marchés et des structures de l’économie.

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Réguler les prix de l’alimentation et du logement

Auteur : Jean-Christophe Giuliani

Le revenu optimal net de 887 € par mois sera viable et désirable, s’il est en mesure de sécuriser la satisfaction des besoins physiologiques. En 2013, tandis que les dépenses allouées à l’alimentation et au logement étaient de 578 €, la part du Smic net mensuel allouée à ces dépenses était de 51,6 %. Avec un revenu de 887 €, la part allouée à ces dépenses serait de 65,2 %. Pour qu’il soit viable, la part du revenu optimal allouée à ces dépenses doit donc revenir à celle de 1982, c’est-à-dire à 38,7 %. Pour que ces dépenses passent de 578 € à 343 €, je propose de les réduire de 40,6 % en intervenant sur les dépenses allouées à l’alimentation et au logement.

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Combien d’heures devrions-nous travailler ?

Le chômage et la peur du chômage étant un frein à la satisfaction des besoins essentiels, pour que le modèle économique durable soit viable et désirable, il doit procurer un emploi stable à tous les membres de la population active. Dans le cadre de ce modèle économique, ils auront tous le droit et le devoir de contribuer à la production et à la distribution des biens et services destinés à satisfaire les besoins essentiels et un minimum de confort matériel. Pour éviter que la décroissance du PIB de 53,2 % provoque la hausse du chômage, les gains de productivités devront donc contribuer à la réduction de la durée légale du temps de travail.

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Comment limiter l’offre marchande ?

Si le gouvernement souhaitait créer les conditions d’un modèle économique durable, il devrait commencer par réduire la consommation des ménages de 52 %. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de limiter l’offre de biens et de services marchands (produits alimentaires transformés, habillement, automobile, ameublement, communication, loisirs marchands, etc.), de limiter la largeur et la profondeur de l’offre, d’interdire l’obsolescence programmée et de ralentir l’accélération du rythme de destruction/création des innovations techniques et de la mode vestimentaire.

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Le montant du PIB dans le cadre d’un modèle économique durable

Auteur : Jean-Christophe Giuliani

Un modèle économique peut être durable, et donc, viable à long terme, si la croissance du PIB est stationnaire. Pour qu’un « état stationnaire » soit désirable, il doit sécuriser la satisfaction des besoins essentiels et procurer un niveau de qualité de vie et de bien-être objectif. Afin de modéliser ce modèle économique durable, il est donc nécessaire de commencer par déterminer le montant du PIB par habitant qui permettra de calculer le montant d’un « état stationnaire » du PIB.

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Satisfaire nos besoins essentiels dans le cadre d’un modèle économique durable

Comme le faisait déjà remarquer Karl Marx au milieu du 19e siècle, « […] la première condition de toute existence humaine, donc de toute histoire, c’est que les hommes doivent être en mesure de vivre pour être capables de « faire l’histoire ». Or, pour vivre, il faut avant tout manger et boire, se loger, se vêtir et maintes choses encore. Le premier acte historique, c’est donc la création des moyens pour satisfaire ces besoins, la production de la vie matérielle elle-même. En vérité, c’est là un acte historique, une condition fondamentale de toute histoire que l’on doit, aujourd’hui tout comme il y a des milliers d’années, remplir jour par jour, heure par heure, rien que pour maintenir les hommes en vie. »

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Satisfarie nos besoins en travaillant 2 jours : un choix de société

« Grâce à la technique moderne, il serait possible de répartir le loisir de façon équitable sans porter préjudice à la civilisation. La technique moderne a permis de diminuer considérablement la somme de travail requise pour procurer à chacun les choses indispensables à la vie. La preuve en fut faite durant la guerre. Au cours de celle-ci, tous les hommes mobilisés sous les drapeaux, tous les hommes et toutes les femmes affectés soit à la production de munitions, soit encore à l’espionnage, à la propagande ou à un service administratif relié à la guerre, furent retirés des emplois productifs. Malgré cela, le niveau de bien-être matériel de l’ensemble des travailleurs nonspécialisés côté des Alliés était plus élevé qu’il ne l’était auparavant ou qu’il ne l’a été depuis. La portée de ce fait fut occultée par des considérations financières : les emprunts donnèrent l’impression que le futur nourrissait le présent. Bien sûr, c’était là chose impossible : personne ne peut manger un pain qui n’existe pas encore. La guerre a démontré de façon concluante que l’organisation scientifique de la production permet de subvenir aux besoins des populations modernes en n’exploitant qu’une part minime de la capacité de travail du monde actuel. Si, à la fin de la guerre, cette organisation scientifique (laquelle avait été mise au point pour dégager un bon nombre d’hommes afin qu’ils puissent être affectés au combat ou au service des munitions) avait été préservée, et si on avait pu réduire à quatre le nombre d’heures de travail, tout aurait été pour le mieux. Au lieu de quoi, on en est revenu au vieux système chaotique où ceux dont le travail était en demande devaient faire de longues journées tandis qu’on n’abandonnait le reste au chômage et à la faim. Pourquoi ? Parce que le travail est un devoir et que le salaire d’un individu ne doit pas être proportionné à ce qu’il produit, mais proportionné à sa vertu, laquelle se mesure à son industrie. » Bertrand Russel[1]

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