Besoins physiologiques

La satisfaction des besoins physiologiques est indispensable au maintien de l’équilibre biologique interne d’un individu[1].

Les moyens destinés à satisfaire les besoins physiologiques, c’est-à-dire à maintenir l’équilibre biologique interne d’un individu, sont relativement limités et universels. En effet, indépendamment de sa culture, de sa nationalité et de son origine sociale, pour assurer sa survie un individu a besoin de se nourrir, de boire, de se loger, de respirer, de dormir, de se vêtir et de se reproduire. L’insatisfaction de ces besoins étant nuisible à sa santé physique et psychique, des carences prolongées et durables peuvent provoquer des comportements régressifs, des maladies et la mort.

Depuis l’apparition de la vie sur terre, la satisfaction des besoins physiologiques est la principale préoccupation des espèces vivantes. Poussée par la nécessité d’assurer sa subsistance, l’homo sapiens a inventé de nombreux moyens de les satisfaire. À l’aube de l’humanité, il a consacré une partie de son temps à la chasse, à la pêche et à la cueillette. Au néolithique, il a utilisé son intelligence et sa créativité pour inventer l’agriculture et l’élevage. Au 21ème siècle, pour les satisfaire, le salarié vend son temps à une entreprise en échange d’un revenu.

Sous l’ancien régime, puisque l’ouvrier avait droit entre 160 et 200 jours chômés (fêtes religieuses et des corporations), il travaillait entre 205 et 165 jours par an pour assurer la satisfaction de ses besoins physiologiques. Au 19ème siècle, comme l’ouvrier avait juste droit à 8 jours chômés, il travaillait 357 jours par an pour assurer sa survivre. En 2017, comme le salarié a droit à 140 jours de repos, il travaille 224 jours par an. En fonction de son niveau de revenu et de son statut hiérarchique, son activité professionnelle et la consommation lui permettent plus ou moins de sécuriser la satisfaction de ses besoins physiologiques, ainsi que ses besoins d’appartenance, d’estime et de réalisation.

L’alimentation est à l’origine de l’équilibre et de la santé physique et psychique d’un individu. Pour se nourrir, il a le choix entre deux types d’aliments : des produits frais et non transformés et des produits industriels transformés. Une alimentation saine et équilibrée, favorable au bon fonctionnement de l’organisme, nécessite de boire 1,5 litre d’eau par jour et de manger au quotidien 5 portions de 120 g de fruits et de légumes, 3 portions de 75 g de riz complet, de quinoas, de maïs, de patates douces ou de légumineux (lentilles, haricots, pois chiches, etc…), 30 g d’oléagineux (noix, amandes, etc…), 2 à 3 œufs, 30 g de fromage, de 2 à 3 cuillères de 30 g d’huile d’olive, ainsi que 1 à 2 parts de poisson par semaine (sardine, maquereau, saumon, etc…).

Pour vivre plus longtemps et en bonne santé, il est conseillé d’éviter de manger trop de viande, de charcuterie et d’aliments glucidiques (pâtes blanches, pain et riz blanc, etc…) et de limiter considérablement, voire de supprimer les alcools forts et les boissons sucrées (sodas, jus de fruits, etc…), ainsi que les aliments sucrés (bonbons, pâtisseries, glaces, etc…) et transformés (snacks, produits frits, plats préparés, etc…) qui contiennent trop de sel, de sucres, de matières grasses et d’additifs alimentaires (colorant, conservateur, antioxydant, etc…).

Bien que les aliments favorables à une alimentation saine et équilibrée soient relativement limités, l’offre de produits alimentaires transformés ne cesse d’augmenter. En se rendant dans les rayons alimentaires d’un hypermarché, le consommateur est confronté à une augmentation constante de la largeur et de la profondeur de l’offre. De 1999 à 2009, le nombre de références de plats préparés est passé de 91 à 174, soit une hausse de 91 %[4]. L’industrie agroalimentaire n’élargit pas l’offre pour nourrir la population, mais pour augmenter ses profits. En l’élargissant, elle tente de conquérir des niches de consommateurs toujours plus étroites disposées à acheter des produits qui se distinguent par leurs prix et leurs qualités, ainsi que pour leurs fonctions nutritives et leurs bienfaits pour la santé plus ou moins avérée. Afin de se maintenir en bonne santé, il apparaît donc nécessaire de se nourrir autrement, en remplaçant les aliments transformés par des aliments frais et non transformés.

Le progrès technique et l’organisation du travail permettent d’assurer la satisfaction des besoins physiologiques en réduisant les effectifs et le temps de travail. Tandis qu’en 1968, un agriculteur français pouvait nourrir 15 personnes, en 2008, il en nourrissait 60. Malgré l’abondance de la production agricole, la malnutrition demeure la principale cause de décès au monde. Selon un rapport de l’OMS[5] datant de 2008, 850 millions de personnes sont concernés par la malnutrition, 1,5 milliard par le surpoids et 500 millions par l’obésité. Chaque année, tandis que 2,6 millions de personnes meurent de surpoids dans les pays riches, 6 millions meurent de faim dans les pays pauvres.

La satisfaction des besoins physiologiques nécessite de boire de l’eau potable, de respirer un air chargé en oxygène et de cultiver des terres arables. En polluant l’eau, l’air et les sols, la croissance du PIB, la surproduction industrielle et agroalimentaire risquent à terme de menacer la satisfaction de ces besoins et, donc, la survie de l’espèce humaine. Afin de sécuriser la satisfaction des besoins physiologiques, il est donc nécessaire de changer nos habitudes alimentaires en moins de 10 ans.

Lorsque les besoins physiologiques sont satisfaits, l’individu cherche à sécuriser leur satisfaction.

Jean-Christophe Giuliani

 

Cet article est extrait de l’ouvrage « Satisfaire nos besoins : un choix de société ! ». Ce livre permet d’appréhender que le choix du rapport au temps et des moyens utilisés pour satisfaire nos besoins n’est pas un choix économique, mais un choix de société dont dépend la survie et l’avenir de l’humanité.

Vous pouvez le commander au Furet du Nord, à la FNAC et dans toutes les librairies, ainsi que sur les sites du Furet du Nord, de la FNAC et d’autres librairies en ligne sous un format ePub ou Papier.

 

 

Pour accéder aux pages suivantes :

– Besoin de sécurité

– Besoin d’appartenance

– Besoin d’estime de soi

– Besoin de réalisation de soi

Étudier les besoins en lien avec l’activité professionnelle

 – Inciter les salariés à travailler toujours plus en limitant l’offre d’emploi.

Étudier les besoins en lien avec la consommation

 – Inciter les salariés à travailler toujours plus en augmentant l’offre et les prix.

 

[1] Maslow Abraham H, Vers une psychologie de l’être : L’expérience psychique, Paris, Arthème Fayard, 1972, page 228.

[2] Le journal du net, 4e les plats préparés frais : +83 références en dix ans, [En ligne] (consulté le 10 octobre 2011), http://www.journaldunet.com/economie/distribution/les-references-en-hypermarche/plats-cuisines-frais.shtml

[3] Organisation mondiale de la santé, (consulté le 10 octobre 2011), Malnutrition: les défis, [En ligne]. Adresse URL : http://www.who.int/nutrition/challenges/fr/