La croissance du PIB contribue-t-elle au bien-être ?

Jean-Christophe Giuliani

Les décideurs économiques et politiques affirment que la croissance du PIB est la condition du progrès social. Selon eux, plus elle augmente, plus les populations accèdent au bien-être et à la liberté. Afin de confirmer ou d’infirmer cette affirmation, je propose d’étudier pourquoi le PIB serait un indicateur aveugle, l’indicateur global de santé sociale et la corrélation entre le PIB par habitant avec la satisfaction de vie.

  • Le PIB serait-il un indicateur aveugle ?

Le calcul du PIB repose sur l’enregistrement comptable des transactions économiques matérialisées par une facture ou un ticket de caisse. Le PIB est un indicateur aveugle, car l’enregistrement comptable d’une facture ne prend pas en compte les causes et conséquences politiques, sociales, éthiques et morales d’une transaction.

Par exemple, durant une émeute urbaine, des jeunes mettent le feu à une voiture. Son propriétaire dépose une plainte au commissariat de police et envoie un constat à son assurance pour être remboursé du préjudice qu’il a subi. 1 – L’assureur édite une facture pour justifier le chèque de remboursement. Le comptable de l’assureur enregistre la facture dans son livre de compte. 2 – Après avoir déposé le chèque à sa banque, le client se rend dans un garage pour acheter une nouvelle voiture. Pour matérialiser la vente, le vendeur édite une facture que le comptable enregistrera. Puisque les comptables de l’assureur et du garage enregistrent uniquement le montant de la facture, les causes politiques et sociales de l’achat n’apparaissent pas dans le calcul du PIB.

Il est important de préciser que ce ne sont pas les accidents, les maladies ou les catastrophes, mais les réparations qui contribuent à la croissance. En effet, comme un tremblement de terre ne facture pas sa prestation, les morts, les blessés et les dégâts qu’il provoque ne font pas l’objet d’un enregistrement comptable. Par contre, les réparations (enterrements, dépenses de santé, frais hospitaliers, reconstruction des infrastructures, consommation, etc…), qui seront matérialisées par des factures, feront l’objet d’un enregistrement comptable.

Comme le faisait remarquer Naomie Klein, non seulement « l’économie du désastre »[1] contribue à la croissance du PIB, mais en plus elle crée des emplois. Même si cela peut paraître choquant et immoral, les guerres, les tremblements de terre, les tsunamis, les ouragans, etc…, qui provoquent des milliers de morts et des milliards € de dégâts, peuvent être interprétés d’un point de vue humain ou économique. D’un point de vue humain, ces catastrophes sont des fléaux qu’il faut éviter. D’un point de vue économique, elles sont des opportunités de croissance et de profits pour les secteurs de la santé, de la construction, de l’industrie et du commerce.

Pour relancer la croissance et créer des emplois, les pays industrialisés maintiennent des activités nuisibles au progrès social. Même si la guerre provoque la mort de soldats et de victimes innocentes, elle contribue de manière significative à la croissance. À l’inverse d’une catastrophe naturelle, la guerre y contribue avant, pendant et après. En effet, pour qu’un pays ait les moyens de guerroyer, il doit commencer par acheter des armes, dont les achats seront matérialisés par des factures. Lors d’un affrontement, l’armée a besoin d’une logistique (cantine, campement, carburants, munitions, etc…), dont les frais seront facturés. La guerre terminée, la reconstruction du pays générera également de l’activité économique et donc, des factures. La paix revenue, par souci de prévention, il sera nécessaire de renouveler les stocks d’armes et d’encourager la R&D à en produire de nouvelles. La Première et la Seconde Guerre mondiale, la guerre du Vietnam, les guerres contre l’Irak de 1991 et de 2003, etc… ont stimulé la croissance et augmenté les profits du « complexe militaro-industriel » Américain, Français, Allemand et Britannique. La disparition de la guerre serait un progrès considérable pour l’humanité, mais une véritable catastrophe pour les profits des industriels, la croissance du PIB et l’emploi.

Le chômage et la peur du chômage contribuent également à la croissance du PIB. La peur contraint les salariés à se soumettre aux ordres, à contribuer au « sale boulot », à accepter la dégradation de leurs conditions de travail, etc… Ce climat de soumission est responsable d’un état de stress qui a des répercussions néfastes sur la santé des salariés. À cause du stress lié au travail, ils sont de plus en plus nombreux à souffrir de fatigues, de maux de tête, de troubles du sommeil, de comportements addictifs, d’angoisse, etc…. En se prolongeant dans le temps, l’exposition au stress provoque des problèmes de santé physique et psychique. Afin de les aider à poursuivre leur travail, les médecins généralistes prescrivent toujours plus d’antidépresseurs. En 2000, 24,5 % de la population française a bénéficié du remboursement d’un médicament psychotrope[2]. Le graphique ci-dessous présente la corrélation entre la consommation d’antidépresseurs et la croissance du PIB.

–  Source : Aurélien Boutaud, Fracture sociale, fracture écologique[3]

Cette étude de l’agence du médicament (DEIPE) montre que de 1991 à 1997, la consommation d’antidépresseurs a augmenté au même rythme que la croissance du PIB. Cette corrélation révèle un malaise social profond qui ne cesse de s’amplifier. L’augmentation des pathologies psychiques et de la consommation de psychotropes, qui représentaient 22,6 milliards, soit 16 % des dépenses de santé en 2011[4], creusent le déficit de la caisse d’assurance maladie. Son déficit étant en partie dû à la hausse du chômage, pour le réduire, il apparaît plus pertinent d’en finir avec ce fléau. La fin du chômage serait un progrès social pour la société, mais une véritable catastrophe pour, d’une part, la croissance et la création d’emploi, et, d’autre part, le développement et les profits de l’industrie pharmaceutique et de la santé.

Sous prétexte de relancer la croissance, de créer des emplois et de répondre aux « besoins » du consommateur, les industriels imposent des technologies nuisibles pour la santé. Un rapport de l’OMS datant de mai 2011 déclarait que les micro-ondes à basse fréquence provoquaient des cancers[5]. Malgré ce rapport alarmant, cette technologie se propage grâce, d’une part, aux smartphones, à la WI-FI, aux téléphones de technologie DETC, aux objets connectés, aux compteurs Linky, etc…, et, d’autre part, à l’augmentation des antennes-relais et à la puissance des réseaux 3G, 4G et 5G. Ayant évalués des risques sanitaires majeurs, les compagnies d’assurances n’assurent pas les entreprises de ce secteur. Face à la prolifération de cette technologie, des associations proposent d’abaisser le seuil légal d’exposition aux champs magnétiques de la bande fréquence des antennes relais à 0.6V/m[6]. En prétextant, comme les industriels du tabac et de l’amiante, qu’aucune étude « sérieuse » ne prouve que cette technologie est dangereuse pour la santé, ceux des télécoms poursuivent son exploitation. Si le gouvernement appliquait le principe de précaution, ce seraient un bienfait pour la santé des usagers, mais une catastrophe pour la croissance, la création d’emploi et les profits des industriels de ce secteur d’activité.

Qu’elle soit générée par des maladies, des catastrophes ou des guerres ou qu’elle en provoque, tant que la croissance du PIB sera présentée comme la seule solution pour créer des emplois, elle sera encouragée par les salariés, les industriels, les syndicats et les politiques de droite et de gauche.

Afin d’approfondir le lien qui unit la croissance du PIB au bien-être, je propose de l’étudier à partir de l’indicateur global de santé sociale.

  • Quel est le constat de l’indicateur global de santé sociale ?

L’indicateur global de santé sociale a été créé par les chercheurs américains Marc et Marque-Luisa Miringoff[7]. Cet indicateur comprend 16 indices regroupés en 5 catégories.

En attribuant une note comprise entre 0 et 100 à chacun de ces indices et en calculant la moyenne de la somme de ces indices, cet indicateur fait apparaître la courbe du bien-être d’un pays. En 1996, le magazine Challenge a publié le graphique ci-dessous qui associe la courbe de la croissance du PIB avec celle de l’indicateur de santé sociale des États-Unis de 1959 à 1996.

–  PIB base 50 en 1959, valeurs de l’ISS comprise par construction entre 0 et 100[8].

Entre 1959 et 1974, la courbe de l’indice de santé sociale faisait apparaître une corrélation entre la croissance du PIB et l’évolution du bien-être. En effet, même si la courbe a stagné à partir de 1970, tandis que le PIB passait de 50 à 95 points, l’indice progressait de 45 à 70 points. En donnant aux Américains les moyens, d’une part, d’acheter un réfrigérateur, un lave-linge, une cuisinière, une voiture, un téléphone, une télévision, un aspirateur, etc…, et, d’autre part, de bénéficier de la retraite, de la sécurité sociale, d’un système de santé, de l’éducation et d’accéder à la culture et aux congés payés, la croissance leur a permis d’accéder à un niveau de confort matériel et de qualité de vie qui étaient auparavant réservés à une petite élite. Il est donc possible d’affirmer que, durant cette période, la croissance du PIB a effectivement été synonyme de progrès social et de bien-être.

La crise pétrolière de 1974 mit fin à cette corrélation. Entre 1974 et 1989, tandis que le PIB atteignait 140 points, l’indice régressait à 40 points, soit 5 points de moins qu’en 1959. Au début des années 80, sous la présidence de Ronald Reagan, afin d’enrayer la crise et de créer des emplois, les États-Unis ont mis en pratique la doctrine ultralibérale de Milton Friedman. D’après cette doctrine, pour sortir de la crise et créer des emplois, tous les secteurs économiques et sociaux devaient être soumis à la loi du marché dit de « l’offre et de la demande ». La mise en œuvre du libre marché a provoqué, d’une part, la dérégulation des prix, des marchés financiers et du système bancaire, la suppression des taxes douanières, la liberté du commerce, les délocalisations d’entreprise, etc…, et, d’autre part, la privatisation du système éducatif, de santé et de retrait et de l’ensemble des services publics. Au lieu de favoriser le progrès social et le bien-être, le libre marché a provoqué l’effondrement de 30 points de l’indice de santé sociale.

Après l’effondrement du bloc soviétique, étant donné qu’il n’y avait plus d’alternative à la doctrine ultralibérale, le processus de libéralisation s’accéléra. Cette accélération provoqua la pollution et la dégradation de l’environnement, l’augmentation des prix du logement, de la mortalité infantile, du suicide des jeunes, de l’usage de drogues, de la xénophobie et du sentiment d’insécurité, ainsi que la baisse du niveau d’éducation, du nombre d’individus couverts par l’assurance maladie et de l’espérance de vie. En 1993, tandis que le PIB atteignait 140 points, l’indice de santé social régressait à 25 points, soit 20 points de moins qu’en 1959. À cause du libre marché, non seulement, la croissance du PIB n’améliore plus la qualité de vie, mais en plus, elle ne contribue plus au progrès social.

Comme il ne respecte pas les droits de l’homme et les libertés individuelles, le libre marché des ultralibéraux n’est pas forcément compatible avec la démocratie. En 1973, lors de l’opération Condor[9], les États-Unis ont aidé le général Pinochet à renverser le gouvernement socialiste de Salvador Aliendé pour installer une dictature militaire qui a mis en pratique la doctrine idéologique ultralibérale. Après 1973, au nom de la liberté et du libre marché, les États-Unis ont soutenu le renversement de régimes démocratiques (Argentine, Bolivie, Brésil, Paraguay, Uruguay, etc…) pour les remplacer par des dictatures militaires à la solde de multinationales américaines. Les 9,5 % de croissance du PIB de la Chine autorisent les ultralibéraux à penser que l’économie de marché est compatible avec un régime autoritaire.

Ayant montré que la croissance du PIB n’est plus synonyme d’amélioration de la qualité de vie, de progrès sociaux et de liberté, je propose d’étudier si elle procure davantage de bien-être.

  • La croissance du PIB par habitant procure-t-elle plus de bien-être ?

Le PIB par habitant est présenté par les économistes comme un indicateur capable de mesurer l’évolution du bien-être de la population d’un pays. Selon eux, la qualité de vie et le bien-être sont censés croître au rythme de sa croissance. Le graphique ci-dessous présente la corrélation entre le PIB par habitant et le sentiment de la satisfaction de vie en 2004.

–  Source : Jean Gadrey, Alternative économique[10].

Ce graphique fait apparaître une corrélation logarithmique (R2 = 0,52) entre le PIB par habitant et la satisfaction de la vie quotidienne. En effet, de 0 à 15 000 $ par an, la satisfaction progresse de manière objective en fonction de la croissance du PIB par habitant. Par contre, à partir de 15 000 $, il n’y a plus de corrélation. Puisque le sentiment de bien-être diffère d’un pays ou d’un individu à l’autre, le niveau de satisfaction n’apparaît plus comme objectif, mais subjectif. En 2004, tandis que le PIB par habitant de la France était de 33 874 $, celui du Japon était 36 441 $[11]. Si le bien-être était proportionnel au PIB par habitant, les Japonais auraient dû être plus heureux que les Français. Or, ce n’est pas le cas. Non seulement le sentiment de bien-être des Français était supérieur à celui des Japonais, mais en plus, celui des Français et des Japonais étaient égaux, voire même inférieurs, à celui de la population du Costa Rica et de pays d’Amérique Centrale dont le PIB par habitant était inférieur à 15 000 $. De 1970 à 2013, le PIB par habitant de la France est passé de 15 197 € à 31 148 €[12]. Si le sentiment de bien-être était proportionnel à la croissance, en 2013 les Français auraient dû être 2 fois plus heureux qu’en 1970. Malgré une hausse de 105 %, les Français sont nostalgiques des trente glorieuses qui étaient une période de plein emploi. Ces exemples mettent en évidence que toujours plus de croissance du PIB par habitant ne s’accompagne pas forcément de toujours plus de bien-être et de qualité de vie. Afin d’appréhender ce phénomène, il est nécessaire de s’intéresser aux besoins que cherche à satisfaire l’offre marchande.

En France et dans l’ensemble des pays industrialisés, à partir du moment où un individu n’est pas sans domicile fixe, il dispose d’un confort matériel sans précédent dans l’histoire de l’humanité. En effet, au minimum, il dispose d’un toit (maison ou appartement), de l’électricité, d’une arrivée d’eau froide et d’eau chaude, d’un système de chauffage, d’une salle de bain, d’un WC, d’un réfrigérateur, d’une cuisinière, d’une table, de chaises et d’un lit. Ce confort matériel, qui nous apparaît comme une évidence, aurait fait envie à de très riches bourgeois du 19e siècle. Au 19e siècle, le summum du luxe pour un aristocrate anglais n’était pas de disposer de toujours plus de bijoux ou de vêtements de marque, mais d’installer de la plomberie dans sa maison. Installer des robinets, un système d’évacuation des eaux usées et une salle de bain procurait un confort matériel dont nous n’avons même plus conscience. À ce niveau de confort, il faut ajouter un canapé, un lave-linge, une voiture, un ordinateur, une télévision, un téléphone portable, etc… Notre perception du bien-être étant davantage subjective qu’objective, malgré tout le confort matériel dont nous disposons déjà, nous en désirons toujours plus. Pourquoi en désirons-nous toujours plus ?

La publicité et les médias n’incitent pas à satisfaire des besoins essentiels et un minimum de confort matériel, mais à consommer toujours plus de biens et de services marchands pour se distinguer et nourrir l’estime de soi. À la fin du 19e siècle, Thorstein Veblen avait déjà constaté ce phénomène psychologique. « Or, il faut entendre cette consommation de marchandises en un sens très éloigné de sa signification naïve, si l’on tient à dire qu’elle procure le stimulant dont l’accumulation procède invariablement. Le motif qui se trouve à la racine de la propriété, c’est la rivalité ; c’est la même qui continue à agir dans cette institution qu’il a fait naître, et dans le déploiement de tous ces traits de la structure sociale qui touchent à l’institution de la propriété. La possession des richesses confère l’honneur : c’est une distinction provocante. »[13] Le but de la consommation ostentatoire n’est pas de répondre aux subsistances, mais de permettre au consommateur d’exprimer son appartenance sociale, d’affirmer sa réussite et de se distinguer des autres pour être aimé, admiré et envié. L’offre étant illimitée, les ménages revendiquent une augmentation illimitée de leur pouvoir d’achat. Afin d’appréhender ce phénomène psychologique, je vous invite à imaginer que nous disposions tous d’un revenu suffisant pour nous payer une Citroën C4. Étant donné qu’une voiture est davantage un moyen de distinction sociale qu’un moyen de transport, si tout le monde pouvait se payer une Citroën C4, nous continuerions à réclamer une augmentation de salaire pour nous payer une Audi A4.

Comme le faisait également remarquer Thorstein Veblen : « En tout état de cause, le désir de richesse ne peut guère être assouvi chez quelque individu que ce soit ; quant à combler le désir moyen, le désir universel de richesse, il n’en saurait être question. On aurait beau distribuer avec largesse, égalité, “justice”, jamais aucun accroissement de la richesse sociale n’approcherait du point de rassasiement tant il est vrai que le désir de tout un chacun est de l’emporter sur tous les autres par l’accumulation des biens. Si comme on l’a parfois soutenu, l’aiguillon de l’accumulation était le besoin de moyen de subsistance ou de confort physique, alors on pourrait concevoir que les progrès de l’industrie satisfassent peu ou prou les besoins économiques collectifs ; mais du fait que la lutte est en réalité une course à l’estime, à la comparaison provocante, il n’est pas d’aboutissement possible. »[14] La comparaison sociale étant l’une des principales motivations de l’activité humaine, l’égalité des conditions matérielles ne parviendra jamais à combler le besoin de se distinguer les uns des autres. Puisque l’offre de biens et de services marchands est illimitée et que le sentiment de bien-être est lié à une logique de comparaison sociale, pour accéder à un niveau de qualité de vie acceptable, l’individu revendiquera une augmentation illimitée de son pouvoir d’achat. Quel que soit son niveau de revenu ou de fortune, il imagine que s’il gagnait plus, il serait plus admiré, plus aimé et plus respecté par autrui et donc, qu’il serait plus heureux. Comme il sera toujours confronté à des personnes qui gagneront plus que lui, celui qui perçoit un revenu de 5 000 €, de 50 000 €, de 200 000 €, voire de 1 million € par mois sera toujours frustré par celui qui aura les moyens de se payer une voiture, une maison, un yacht, etc…, plus puissant, plus grand et plus moderne que le sien. Tant qu’il cherchera à se distinguer par sa consommation, qu’il soit smicard ou millionnaire, le consommateur ne sera jamais satisfait de son sort.

Les études du mode de calcul du PIB, de l’indicateur global de santé sociale et de la corrélation entre le PIB par habitant avec la satisfaction de vie montrent, que non seulement la croissance du PIB n’est plus synonyme de progrès social, mais qu’en plus, elle n’améliore plus la qualité de vie et le bien-être des populations. En effet, depuis la mise en œuvre de la doctrine ultralibérale, le bien-être décroît au rythme de la croissance du PIB. Mais surtout, la hausse de la consommation, dont les finalités sont la rivalité ostentatoire et la comparaison sociale, génère davantage de frustrations que de satisfactions. Par conséquent, même si un taux de croissance du PIB de 5,5 % par an pendant 5 ans permettait d’en finir avec les 7 millions d’actifs sans emploi, il ne contribuerait pas au progrès social et à l’amélioration de la qualité de vie.

Pour qu’un taux de croissance du PIB de 27,5 % soit envisageable, il ne doit pas menacer le développement économique et la survie de l’humanité. Afin de valider la viabilité de cette solution à moyen et long terme, je propose à présent d’étudier l’impact de la croissance sur le climat, les stocks de matières premières, les ressources naturelles et la biodiversité.

Jean-Christophe Giuliani

Pour accéder aux pages suivantes :

[1] Klein Naomi, La stratégie du choc, la montée d’un capitalisme de désastre, Montréal, Leméac éditeur et Actes sud, 2008, page 410

[2] Lecadet J, Vidal P, Baris B, Vallier N, Fender P, Allemand H et le groupe Médipath (2000), Médicaments psychotropes : consommation et pratiques de prescription en France métropolitaine. I. Données nationales, 2000, Op-Cit.

[3] Boutaud Aurélien, Op.Cit.

[4] Irdes.fr, Question d’économie de la santé, La prise en charge de la dépression dans les établissements de santé, n°191 octobre 2013, Op-Cit.

[5] OMS, IARC classifies radiofrequency radiofrequency electromagnetic fields as possibly carcinoge nic to humans, [En ligne] (consulté le 10 octobre 2016), http://www.iarc.fr/en/media-centre/pr/2011/pdfs/pr208_E.pdf

[6] Association Santé Environnement France (ASEF), Les ondes électromagnétiques décryptées : la synthèse de l’ASEF, [En ligne] (consulté le 6 décembre 2018), http://www.asef-asso.fr/production/les-ondes-electromagnetiques-decryptees-la-synthese-de-lasef/

[7] Miringoff Marc et Miringoff Marque-Louisa M-L (1999), rapporté par Gadrey Jean. (2002), De la croissance au développement : à la recherche d’indicateurs alternatifs, Paris, Séminaire DARES du 15 octobre 2002.

[8] Boutaud Aurélien, Fracture sociale, fracture écologique : la Terre est malade…et si on changeait le thermomètre ?, [En ligne]. (consulté le 10 mars 2012), http://www.museum.agropolis.fr/pages/savoirs/empreinte_ecologique/FractureEcologique_Aurelien_Boutaud_2004.pdf

[9] Wikipédia, Opération Condor, [En ligne]. (consulté le 3 décembre 2018), https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Condor

[10] Gadrey Jean, « croissance, bien-être et développement durable », Alternative économique, numéro 266, février 2008, page 68.

[11] Banque mondial, PIB par habitant ($ US courants), [En ligne]. (consulté le 1 novembre 2015), http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NY.GDP.PCAP.CD?page=2

[12] Insee, 1.115 Produit intérieur brut et revenu national brut par habitant, Op.Cit.

[13] Veblen Thorstein, Théorie de la classe de loisir, Paris, Gallimard, 1970, page 19.

[14] Ibid, page 23.

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