La croissance du PIB contribue-t-elle au bien-être ?

La croissance du PIB est présentée par les décideurs économiques et politiques comme la condition du progrès social. Étant donné qu’il existerait une corrélation entre la croissance et le bien-être, plus elle augmente, plus la population a les moyens de se procurer du plaisir, d’éprouver du bonheur et d’exercer sa liberté. La croissance est donc synonyme de bien-être et de progrès social. Afin de confirmer ou d’infirmer cette affirmation, il apparaît pertinent d’étudier le PIB par habitant avec la satisfaction de vie, l’indicateur global de santé sociale et les raisons pour lesquelles le PIB apparaîtrait comme un indicateur aveugle.

  • La croissance du PIB par habitant procure-t-elle plus de bien-être ?

Le PIB par habitant est présenté comme un indicateur capable de mesurer l’évolution du bien-être de la population d’un pays. Selon les économistes, la qualité de vie est censée augmenter proportionnellement à la croissance du PIB par habitant. Plus sa croissance augmente, plus le niveau de bien-être s’élève. Malgré l’évidence de cette affirmation, cela ne va pas de soi. Le graphique ci-dessous présente le lien entre la croissance du PIB par habitant et le sentiment de la satisfaction de vie en 2004.

PIB/hab en parité de pouvoir d’achat et de satisfaction de vie[1]

PIB par hab et qualité de vie

Ce graphique fait apparaître une corrélation logarithmique (R2 = 0,52) entre le PIB par habitant et la satisfaction de la vie au quotidien. En effet, de 0 à 15 000 $ par an, la satisfaction progresse de manière objective en fonction de la croissance du PIB par habitant. Par contre, à partir de 15 000 $, étant donné qu’il n’y a plus de corrélation, le niveau de satisfaction n’apparaît plus comme objectif, mais subjectif. À partir de 15 000 $, le sentiment de bien-être diffère d’un individu à l’autre ou d’un pays à l’autre de manière subjective. En 2004, le PIB par habitant de la France et du Japon étaient respectivement de 33 874 $ et 36 441 $[2]. Si le bien-être était proportionnel au PIB par habitant, les Japonais auraient dû être plus heureux que les Français. Non seulement le sentiment de bien-être des Français était supérieur à celui des Japonais, mais en plus, celui des Français et des Japonais étaient égaux, voire même inférieurs, à celui de la population du Costa Rica et de pays d’Amérique Centrale dont le PIB par habitant était inférieur à 15 000 $. De 1970 à 2013, le PIB par habitant en valeur de la France est passé de 15 197 € à 31 148 €[3]. Si le sentiment de bien-être était proportionnel à la croissance, en 2013 les Français auraient dû être 2 fois plus heureux qu’en 1970. Malgré une hausse de 105 %, les Français sont nostalgiques de la période des trente glorieuses qui était une période de plein emploi. Ces exemples démontrent que toujours plus de croissance du PIB par habitant ne s’accompagne pas forcément de toujours plus de bien-être et de qualité de vie. Afin d’appréhender ce phénomène, il apparaît pertinent de s’intéresser aux besoins que cherche à satisfaire l’offre marchande.

En France et dans l’ensemble des pays industrialisés, à partir du moment où un individu n’est pas sans domicile fixe, il dispose d’un confort matériel sans précédent dans l’histoire de l’humanité. En effet, il a, au minimum, un toit (maison ou appartement), de l’électricité, une arrivée d’eau froide et chaude, un système de chauffage, une salle de bain, un WC, un réfrigérateur, une cuisinière, une table, des chaises et un lit. Ce confort matériel, qui nous apparaît comme une évidence, ferait envie à de très riches aristocrates et bourgeois du 19e siècle. En effet, au 19e siècle, le summum du luxe pour un aristocrate anglais n’était pas de disposer de toujours plus de bijoux ou de vêtements de marque, mais d’installer de la plomberie dans sa maison. Installer des robinets, un système d’évacuation des eaux usées et une salle de bain procurait un confort matériel dont nous n’avons même plus conscience. À ce niveau de confort, il faut ajouter un canapé, un lave-linge, une voiture, un ordinateur, une télévision, un téléphone portable, etc. Étant donné que notre perception du bien-être est davantage subjective qu’objective, malgré tout le confort matériel dont nous disposons déjà, nous en désirons toujours plus. Pourquoi en désirons-nous toujours plus ?

La publicité et les médias n’incitent plus l’individu à satisfaire ses besoins essentiels et un minimum de confort matériels, mais à consommer toujours plus de biens et de services marchands pour affirmer son appartenance sociale et nourrir l’estime de soi. À la fin du 19e siècle, Thorstein Veblen avait déjà constaté ce phénomène psychologique. « Or, il faut entendre cette consommation de marchandises en un sens très éloigné de sa signification naïve, si l’on tient à dire qu’elle procure le stimulant dont l’accumulation procède invariablement. Le motif qui se trouve à la racine de la propriété, c’est la rivalité ; c’est la même qui continue à agir dans cette institution qu’il a fait naître, et dans le déploiement de tous ces traits de la structure sociale qui touchent à l’institution de la propriété. La possession des richesses confère l’honneur : c’est une distinction provocante. »[4]

Le but de la consommation n’est plus de répondre aux subsistances, mais de permettre au consommateur d’exprimer son appartenance sociale, d’affirmer sa réussite et de se distinguer des autres pour être admiré, envié et aimé. L’offre destinée à satisfaire ces besoins étant illimitée, les ménages revendiquent une augmentation illimitée de leur pouvoir d’achat. Afin d’appréhender les conséquences de ce phénomène psychologique, je vous invite à imaginer que nous disposions tous d’un revenu suffisant pour nous payer une Citroën C4. Notre objectif n’étant pas de nous transporter, mais de nous distinguer les uns des autres et d’affirmer notre réussite sociale, posséder une Citroën C4 perdrait toute valeur à nos yeux. En effet, si tout le monde possédait une Citroën C4, nous continuerions à réclamer une augmentation de notre pouvoir d’achat pour nous payer une Audi A4. Comme le faisait également remarquer Thorstein Veblen : « En tout état de cause, le désir de richesse ne peut guère être assouvi chez quelque individu que ce soit ; quant à combler le désir moyen, le désir universel de richesse, il n’en saurait être question. On aurait beau distribuer avec largesse, égalité, « justice », jamais aucun accroissement de la richesse sociale n’approcherait du point de rassasiement tant il est vrai que le désir de tout un chacun est de l’emporter sur tous les autres par l’accumulation des biens. Si comme on l’a parfois soutenu, l’aiguillon de l’accumulation était le besoin de moyen de subsistance ou de confort physique, alors on pourrait concevoir que les progrès de l’industrie satisfassent peu ou prou les besoins économiques collectifs ; mais du fait que la lutte est en réalité une course à l’estime, à la comparaison provocante, il n’est pas d’aboutissement possible. »[5]

La comparaison sociale étant l’une des principales motivations de l’activité humaine, l’égalité des conditions matérielles ne permettra jamais de combler le besoin de se distinguer les uns des autres. Étant donné que l’offre destinée à nourrir l’estime de soi est illimitée et que le sentiment de bien-être est lié à une logique de comparaison sociale, pour accéder à un niveau de qualité de vie acceptable, l’individu revendiquera une augmentation illimitée de son pouvoir d’achat. Quel que soit le montant de son revenu ou de sa fortune, il imagine que s’il gagnait plus, il serait plus admiré, plus aimé et plus respecté par autrui et donc, qu’il serait plus heureux. Étant donné qu’il sera toujours confronté à une personne qui gagnera plus que lui, celui qui perçoit un revenu de 50 000 €, de 200 000 €, voire de 1 000 000 € par mois sera toujours frustré par ceux qui auront les moyens de se payer une voiture, une maison, un yacht, etc., plus puissant, plus grand et plus moderne que le sien. Tant qu’il cherchera à se distinguer par sa consommation, qu’il soit smicard ou millionnaire, l’individu ne sera donc jamais satisfait de son sort.

Afin d’approfondir le lien qui unit la croissance du PIB avec le bien-être, il apparaît pertinent de s’intéresser à l’indicateur global de santé sociale des époux Miringoff.

  • Quel est le constat de l’indicateur global de santé sociale ?

L’indicateur global de santé sociale[6] a été créé en 1996 par deux chercheurs américains (Marc et Marque-Luisa Miringoff). Cet indicateur comprend 16 indices regroupés en 5 catégories.

Les indices de l'indicateur de santé sociale

En attribuant une note comprise entre 0 et 100 à chacun de ces indices et en calculant la moyenne de la somme de ces indices, cet indicateur fait apparaître la courbe du bien-être d’un pays. En 1996, le magazine Challenge a publié le graphique ci-dessous qui associe la courbe de la croissance du PIB avec celle de l’indicateur de santé sociale des États-Unis de 1959 à 1996.

L’indicateur de santé sociale

Indicateur de santé social

–  PIB base 50 en 1959, valeurs de l’ISS comprise par construction entre 0 et 100.

Entre 1959 et 1974, la courbe de l’indice de santé sociale faisait apparaître une corrélation entre la croissance du PIB et l’évolution du bien-être. En effet, même si la courbe a stagné à partir de 1970, tandis que le PIB passait de 50 à 95 points, l’indice progressait de 45 à 70 points. En donnant aux Américains les moyens, d’une part, d’acheter un réfrigérateur, un lave-linge, une cuisinière, une voiture, un téléphone, une télévision, un aspirateur, etc., et d’autre part, de bénéficier de la retraite, de la sécurité sociale, d’un système de santé, de l’éducation, etc., et d’accéder à la culture et aux congés payés, la croissance leur a permis d’accéder à un niveau de conforts matériels qui était auparavant réservé à une petite élite. Il est donc possible d’affirmer que durant cette période, la croissance du PIB a effectivement été synonyme de progrès social et de bien-être.

La crise pétrolière de 1974 a mis fin à la corrélation entre la croissance et le bien-être. Entre 1974 et 1989, tandis que le PIB atteignait 140 points, l’indice régressait à 40 points, soit 5 points de moins que le niveau de 1959. Afin d’enrayer la crise et de créer des emplois, au début des années 80, sous la présidence de Ronald Reagan, les États-Unis ont mis en pratique la doctrine ultralibérale de Milton Friedman. D’après cette doctrine, pour sortir de la crise, créer des emplois et favoriser le progrès social, tous les secteurs économiques et sociaux devaient être soumis à la loi du marché dit de « l’offre et de la demande ». La mise en œuvre du libre marché a provoqué la dérégulation des prix, des marchés financiers et du système bancaire, la suppression des taxes douanières, la liberté du commerce, ainsi que la privatisation du système éducatif, de santé et de retrait et de l’ensemble des services publics. Au lieu de favoriser le progrès social et le bien-être, le libre marché a provoqué l’effondrement de 30 points de l’indice de santé sociale.

À la fin de la guerre froide, étant donné qu’il n’y avait plus d’alternative à la doctrine ultralibérale, le processus de libéralisation s’accéléra. Cette accélération provoqua la pollution et la dégradation de l’environnement, l’augmentation des prix du logement, de la mortalité infantile, du suicide des jeunes, de l’usage de drogues, de la xénophobie et du sentiment d’insécurité, ainsi que la baisse du niveau d’éducation, du nombre d’individus couverts par l’assurance maladie et de l’espérance de vie. En 1993, tandis que le PIB atteignait 140 points, l’indice de santé social régressait à 25 points, soit 20 points de moins qu’en 1959. À cause du libre marché, non seulement, la croissance du PIB ne contribuait plus au bien-être et au progrès social, mais en plus, la qualité de vie avait régressé.

La mise en œuvre de la doctrine ultra-libéral aboutit aux constats du moine et économiste du 18e siècle G Ortès. «  Pour le bonheur des peuples, des systèmes inutiles, je me bornerai à chercher la raison de leur misère… Le bien et le mal économique se font toujours équilibre dans une nation : l’abondance des biens chez les uns est toujours égale au manque de biens chez les autres ; la grande richesse d’un petit nombre est toujours accompagnée de la privation des premières nécessités chez la multitude, la diligence excessive des uns rend forcée la fainéantise des autres ; la richesse d’un pays correspond à sa population et sa misère correspond à sa richesse. » [7]

Étant donné que la démocratie, qui contribue au progrès social, n’est pas forcément compatible avec le libre marché, les ultralibéraux ne se soucient pas du respect des droits de l’homme et des libertés individuelles. Au nom du libre marché, les États-Unis ont aidé le général Pinochet à renverser le gouvernement socialiste de Salvador Aliendé, qui avait été élu démocratiquement, pour installer une dictature ultralibérale. Les 9,5 % de croissance annuelle de la Chine autorisent les ultralibéraux à penser que la croissance du PIB peut s’accommoder d’un régime autoritaire.

L’étude de l’indicateur global de santé social montre qu’à cause de la mise en œuvre de la doctrine ultralibérale, la croissance du PIB n’est plus synonyme de progrès social et de bien-être. Il apparaît à présent pertinent d’appréhender pourquoi, le PIB est un indicateur aveugle ?

  • Pourquoi le PIB serait-il un indicateur aveugle ?

Le calcul du PIB repose sur l’enregistrement comptable des transactions économiques matérialisées par une facture ou un ticket de caisse. Le PIB est un indicateur aveugle, car l’enregistrement des factures ne prend pas en compte les questions éthiques et morales ainsi que les causes et conséquences de ces transactions.

Par exemple, durant une émeute urbaine, des jeunes mettent le feu à une voiture. Son propriétaire dépose une plainte au commissariat de police et envoie un constat à son assurance pour être remboursé du préjudice qu’il a subi. 1 – L’assureur édite une facture pour justifier le chèque de remboursement. Le comptable de l’assureur enregistre la facture dans son livre de compte. 2 – Après avoir déposé le chèque à sa banque, le client se rend dans un garage pour acheter une nouvelle voiture. Pour matérialiser la vente, le vendeur édite une facture que le comptable enregistrera. Étant donné que les comptables de l’assureur et du garage enregistrent uniquement le montant de la facture dans leurs livres de compte, la cause sociale de l’achat n’apparaît pas dans le calcul du PIB.

Comme le fait remarquer Naomie Klein, le PIB étant un indicateur aveugle, même si cela peut paraître immoral, « l’économie du désastre »[8] : les émeutes urbaines, les attentats terroristes, les guerres, les accidents, les tremblements de terre, les tsunamis, les inondations, les ouragans, etc., contribue à la croissance.

Ces catastrophes provoquent des milliers de morts, ainsi que des milliards € de dégâts. Le 30 octobre 2006, le rapport Stern évaluait le coût financier des catastrophes climatiques à venir à plus de 5 500 milliards $. Ces catastrophes peuvent être interprétées d’un point de vue humain ou économique. D’un point de vue humain, se sont des fléaux qu’il faut éviter. D’un point de vue économique, ces catastrophes apparaissent comme des opportunités de croissance pour les secteurs de la construction, de l’industrie et du commerce.

Il est important de préciser que se ne sont pas les accidents, les maladies ou les catastrophes, mais les réparations qui contribuent à la croissance. En effet, étant donné qu’un tremblement de terre ne produit pas de factures pour sa prestation, les morts, les blessés et les dégâts qu’il provoque ne font pas l’objet d’un enregistrement comptable. Par contre, les réparations (enterrements, dépenses de santé, frais hospitaliers, reconstruction des infrastructures, consommation, etc.), qui seront matérialisées par des factures, feront l’objet d’enregistrements. Non seulement les catastrophes contribuent à la croissance, mais en plus elles créent des emplois.

D’un point de vue économique, la guerre est le meilleur contributeur à la croissance. En effet, pour qu’un pays ait les moyens de guerroyer, il doit commencer par acheter des armes. Lors de l’affrontement, l’armée devra disposer d’une logistique (cantine, campement, carburants, munitions, uniformes, etc.), dont les frais seront matérialisés par des factures. La guerre terminée, la reconstruction du pays produira également des factures. La paie revenue, par souci de prévention, il sera nécessaire de renouveler les stocks d’armes et d’encourager la R&D pour en produire de nouvelles. À l’inverse d’une catastrophe naturelle, une guerre contribue donc à la croissance avant, pendant et après.

La guerre en Irak de 2003 a relancé la croissance du PIB des États-Unis au profit du « complexe militaro-industriel ». Pour la financer, le gouvernement de George W Bush a réduit les budgets sociaux et augmenté la dette publique, qui sera financée par les contribuables. Ce qui vaut pour la guerre en Irak vaut également pour la première et la Seconde Guerre mondiale. Afin de relancer la croissance et de créer des emplois, les pays industrialisés maintiennent des activités nuisibles au bien-être collectif. En effet, sa relance provoque la mort de soldats et de milliers de victimes innocentes. Si les conflits armés disparaissaient, ce serait un progrès social considérable pour l’humanité, mais une véritable catastrophe pour l’industrie militaire.

Le chômage et la peur du chômage contribuent également à la croissance du PIB. La peur contraint le salarié à se soumettre aux ordres, à contribuer au « sale boulot », à accepter la dégradation de ses conditions de travail, etc.

Ce climat de soumission est responsable d’un état de stress qui a des répercussions néfastes sur sa santé physique et psychique. Le constat est sans appel : le travail rend malade et tue dans tous les secteurs d’activités, à tous les niveaux hiérarchiques et dans toutes les catégories socioprofessionnelles. De 1996 à 2005, le nombre officiel des maladies professionnelles reconnues a explosé de 288 %. De plus en plus de salariés sont sujets à des états anormaux d’agitation et d’angoisse, accompagnés d’une diminution de la lucidité et d’un rétrécissement de la pensée. En 2000, d’après les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 3 millions de Français, soit 6 % de la population, souffraient de troubles psychiques. Les principaux troubles sont la schizophrénie, la maladie d’Alzheimer et l’addiction (drogue, alcool, consommation, jeux, sexe, travail, etc.). Ces symptômes sont révélateurs d’un malaise social profond qui concerne toutes les couches de la société.

Pour permettre aux salariés de s’adapter au stress généré par la dégradation de leurs conditions de travail, les médecins prescrivent des antidépresseurs. Au cours des années 90, l’agence du médicament (DEIPE) a constaté que la consommation d’antidépresseurs de la France augmentait au même rythme que la croissance du PIB[9].

Consommation d’antidépresseur et croissance du PIB

Corélation PIB et consommation antidépresseurs

L’augmentation des maladies liées à la souffrance au travail entraîne une explosion des dépenses de santé qui est favorable au développement de l’industrie pharmaceutique et de la santé. En 2004, l’organisation internationale du travail (OIT) signalait que le coût des problèmes de santé mentale liés au travail représentait 3 % du PIB. Ce processus contribue à creuser le déficit de la caisse de sécurité sociale. Afin de la réduire, le gouvernement propose d’augmenter les cotisations salariales, de réduire les remboursements et de réformer le système de sécurité sociale. Étant donné que c’est la peur du chômage qui est responsable de la hausse de ces dépenses, il devrait plutôt mettre en place un programme ambitieux capable d’en finir avec ce fléau. La suppression du chômage serait un bienfait pour les salariés, mais une catastrophe pour l’industrie pharmaceutique et de la santé.

Sous prétexte de répondre à des besoins, les industrielles commercialisent des objets techniques nuisibles pour la santé. Un rapport de l’OMS datant de mai 2011 déclarait que les micro-ondes à basse fréquence, utilisées par les antennes relais, les portables, la WI-FI, etc., provoqueraient des cancers[10]. Malgré ce rapport, cette technologie se repend grâce aux portables, à la WI-FI et aux objets connectés. Ayant évalués des risques sanitaires majeurs, les compagnies d’assurances n’assurent pas les entreprises de ce secteur. Cela ne les empêche pas de poursuivre l’exploitation de cette technologie sous le prétexte qu’elle répond aux besoins du consommateur, favorise l’innovation, crée des emplois et qu’aucune étude « sérieuse » ne prouve qu’elle est dangereuse pour la santé ! Malgré des études indépendantes qui prouvaient que fumer tue, l’industrie du tabac tenait les mêmes propos. Étant donné que le PIB est aveugle, qu’elle soit à l’origine de maladies, d’accidents, de catastrophes ou de guerres, tant qu’elle sera présentée comme le seul moyen de créer des emplois, la croissance sera encouragée et valorisée par les industriels et les politiques.

Pour qu’un taux de croissance du PIB de 5,5 % par ans pendant 5 ans soit envisageable, cette solution doit, d’une part, être viable à moyen et long terme sur le plan économique, et, d’autre part, ne pas menacer la qualité de vie et la survie de l’humanité.

Pour accéder aux pages suivantes :

[1] Gadrey Jean, « croissance, bien-être et développement durable », Alternative économique, numéro 266, février 2008, page 68.

[2] Banque mondial, (consulté le 1 novembre 2015), PIB par habitant ($ US courants), [En ligne]. Adresse URL : http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/NY.GDP.PCAP.CD?page=2

[3] Insee, 1.115 Produit intérieur brut et revenu national brut par habitant, comptes nationaux, base 2010.

[4] Veblen Thorstein, Théorie de la classe de loisir, Paris, Gallimard, 1970, page 19

[5]Veblen Thorstein, Théorie de la classe de loisir, Paris, Gallimard, 1970, page 23.

[6] Miringoff Marc et Miringoff Marque-Louisa M-L (1999), rapporté par Gadrey Jean. (2002), De la croissance au développement : à la recherche d’indicateurs alternatifs, Paris, Séminaire DARES du 15 octobre 2002.

[7] Marx Karl, Le Capital Livre I section V à VIII, Paris, Flammarion, 1985, page 112.

[8] Klein Naomi, La stratégie du choc, la montée d’un capitalisme de désastre, Montréal, Leméac éditeur et, Arles, Actes sud, 2008

[9] Boutaud Aurélien, (consulté le 10 mars 2012), Fracture sociale, fracture écologique : la Terre est malade…et si on changeait le thermomètre ?, [En ligne]. Adresse URL : http://www.wwf.fr/pdf/fracturecolo.pdf

[10] OMS, (consulté le 10 octobre 2016), IARC classifies radiofrequency radiofrequency electromagnetic fields as possibly carcinoge nic to humans, [En ligne]. http://www.iarc.fr/en/media-centre/pr/2011/pdfs/pr208_E.pdf

 

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