Historique de la réduction du temps de travail

La réduction du temps de travail, qui c’est arrêté en 1936, a longtemps été le moteur de l’histoire et de la transformation sociale. En m’appuyant sur la dynamique des temps sociaux de Rogers Sue[5], je tenterai à présent de montrer comment les réductions successives du temps de travail ont favorisé l’émergence de nouveaux temps sociaux et donc, les conditions d’une transformation sociale qui est actuellement en cours. Pour démontrer cette thèse, je me servirai de l’historique des lois sur la réduction de la durée légale du temps de travail. Ces lois me serviront de fils conducteurs à un récit historique et me permettront de calculer l’évolution du temps de travail d’un point de vue quantitatif.

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Disposer de 4 jours de temps libre : un choix de société !

Jean-Christophe Giuliani

La réduction de la durée légale de la semaine de travail à 3 jours ne correspond pas à un choix économique, mais à un choix de société. En devenant le temps social dominant, le temps libre individuel provoquera un changement de valeurs, de modes de production et de catégories sociales dominantes. En disposant de 4 jours de temps libre, les salariés, les cadres, les chefs d’entreprises, les entrepreneurs, les professions libérales, les agriculteurs, les artisans et les commerçants auront les moyens de se socialiser, de nourrir l’estime de soi et de s’accomplir autrement que par l’activité professionnelle et la consommation. En intervenant dans la vie quotidienne, l’inversion du rapport à la temporalité favorisera un changement de mode de vie individuel et une transformation radicale de la société. En provoquant l’effondrement du mode « avoir » au profit du mode « être », ce changement modifiera le rapport à soi et aux autres. La somme de ces transformations sociales favorisera la mise en œuvre d’un modèle de société qui permettra de mettre l’économie au service du développement et de l’émancipation de chaque individu.

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Historique de la régulation et de la dérégulation des prix

Jean-Christophe Giuliani

Le contrôle et la régulation des prix des subsistances sont plus anciens que la liberté du commerce. Ayant une origine biblique, la régulation des prix des grains est inscrite dans la loi depuis l’apparition de notre civilisation. Dans son ouvrage « La vie chère et le mouvement social sous la terreur », l’historien Albert Mathiez faisait remarquer que « Nos ancêtres ont vécu pendant des siècles dans la crainte obsédante de la disette. Assurer la subsistance du peuple était alors le premier devoir des gouvernants. »[1] Le premier devoir d’un Roi ou d’un gouvernant était donc de garantir la subsistance du peuple. Le Roi était lié au peuple par un contrat implicite : le peuple obéit tant que le Roi assure les subsistances. S’il ne remplit plus son devoir, le peuple n’est plus tenu de lui obéir. Étant indispensables aux subsistances, les grains n’étaient pas une marchandise comme les autres.

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Les causes de la hausse du budget alloué à l’alimentation et au logement

Jean-Christophe Giuliani

Le passage à l’euro est souvent présenté, à tort ou à raison, comme la principale cause de la hausse du budget alloué à l’alimentation et au logement. Pour comprendre la hausse de ces budgets, je propose de les aborder à partir du revenu d’un salarié au SMIC, des textes de loi, de l’augmentation de l’offre marchande et de l’histoire.

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La réduction du temps de travail : un choix de société !

Jean-christophe Giuliani

Depuis la loi Aubry sur les 35 heures, la réduction du temps de travail ne fait plus l’objet de débats. Que ce soit au PS ou à l’UMP, s’ils parlent de la durée du travail, c’est pour abroger les 35 heures ou l’augmenter. En ce qui concerne le MEDEF, il considère la réduction du temps de travail comme un frein à la compétitivité des entreprises françaises et donc, la cause du chômage. Le fait que les élites économiques et politiques évitent d’ouvrir ce débat est probablement dû au fait que la réduction de la durée légale du temps de travail n’est pas un choix économique, mais un choix de société. Afin de l’ouvrir à nouveau, je commencerai par expliquer pourquoi la réduction du temps de travail est un choix de société.

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Le temps libre : un choix de société !

Jean-Christophe Giuliani

La croissance du PIB n’étant plus envisageable, la réduction de la durée légale du temps de travail apparaît comme la seule solution pour en finir avec le chômage. Depuis la loi Aubry sur les 35 heures, la réduction du temps de travail ne fait plus l’objet de débats. Que ce soit au PS ou à l’UMP, s’ils parlent de la durée du travail, c’est pour abroger les 35 heures ou l’augmenter. En ce qui concerne le MEDEF, il considère la réduction du temps de travail comme un frein à la compétitivité des entreprises françaises et donc, la cause du chômage. Le fait que les élites économiques et politiques évitent d’ouvrir ce débat est probablement dû au fait que la réduction de la durée légale du temps de travail n’est pas un choix économique, mais un choix de société. Afin de l’ouvrir à nouveau, je commencerai par expliquer pourquoi la réduction du temps de travail est un choix de société.

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Anatomie des processus révolutionnaires

Crane Brinton à réaliser une anatomie de la révolution, à partir de l’analyse de la révolution anglaise, française, américaine et soviétique, qui met en évidence « quelques généralisations provisoires » des processus révolutionnaires[1].

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Pourquoi le travail contribue-t-il à notre servitude volontaire ?

Jean-Christophe Giuliani

En France et dans l’ensemble des pays industrialisés, la légitimité de l’autorité et du pouvoir de l’élite économique repose sur le « mode avoir ». En exerçant des fonctions prestigieuses, en accumulant toujours plus de richesses financières et de biens matériels et en exhibant sa consommation ostentatoire, l’élite se démarque de la masse, affirme sa réussite et nourrit l’estime qu’elle a d’elle-même. Pour se maintenir au sommet de la hiérarchie, elle a besoin de la complicité d’une chaîne ininterrompue d’hommes et de femmes à son service. Étant donné que l’autorité de cette soi-disant élite repose sur l’adhésion active ou passive des cadres et des classes moyennes, il suffirait qu’ils renoncent à soutenir l’édifice social en place pour que celui-ci s’écroule.

                 

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La servitude douce et paisible du peuple

Extrait de : De la Démocratie en Amérique, vol II (Quatrième Partie : Chapitre VI) (1840) de Alexis de Tocqueville

Lorsque je songe aux petites passions des hommes de nos jours, à la mollesse de leurs mœurs, à l’étendue de leurs lumières, à la pureté de leur religion, à la douceur de leur morale, à leurs habitudes laborieuses et rangées, à la retenue qu’ils conservent presque tous dans le vice comme dans la vertu, je ne crains pas qu’ils rencontrent dans leurs chefs des tyrans, mais plutôt des tuteurs. Je pense donc que l’espèce d’oppression dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera à rien de ce qui l’a précédée dans le monde; nos contemporains ne sauraient en trouver l’image dans leurs souvenirs. Je cherche en vain moi-même une expression qui reproduise exactement l’idée que je m’en forme et la renferme; les anciens mots de despotisme et de tyrannie ne conviennent point. La chose est nouvelle, il faut donc tacher de la définir, puisque je ne peux la nommer.

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